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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 22:43

Le référendum du 27 avril 1969 rejeté par 52,41% de ‘non’, Charles de Gaulle démissionne de la présidence de la République, le gouvernement reste en place durant l'intérim d'Alain Poher du 28 avril au 20 juin 1969.

Maurice Couve de Murville présente la démission de son gouvernement après l'élection présidentielle de Georges Pompidou en juin 1969.

Portrait officiel de Georges Pompidou

2ème Président de la Vème République. Il succède au Général de Gaulle le 19 juin 1969. Il décéde en cours de mandat le 2 avril 1974.

Georges Pompidou est né le 5 juillet 1911 à Montboudif village d'Auvergne de parents instituteurs.

Le futur Président fit ses études à Albi jusqu'au baccalauréat, obtenant un premier prix au concours général de version grecque. Il restera très attaché au pays d'origine de sa famille et se référera constamment aux valeurs de l'école républicaine : "droiture et travail ; respect du mérite et des vertus de l'esprit".

Il vint ensuite préparer l'École Normale Supérieure au Lycée Louis-le-Grand à Paris et réussit le concours en 1931. Premier à l'agrégation des lettres en 1934 et diplômé de l'École libre des Sciences Politiques, il enseignera trois ans à Marseille puis à Paris.

Georges Pompidou a été pendant près de vingt-cinq ans un collaborateur très proche du Général de Gaulle. Il est entré dans l'histoire de France en devenant son Premier ministre durant plus de six ans et en lui succédant à la présidence de la République pendant cinq ans.

En avril 1969 le projet de régionalisation et de réforme du Sénat rejeté par le peuple français, une nouvelle élection présidentielle s'ouvrit le 15 juin 1969.

Georges Pompidou fut élu au deuxième tour avec plus de 11 millions de voix (58,2 % des suffrages exprimés) contre moins de 8 millions à Alain Poher (Président du Sénat, ayant assuré l’intérim après le départ du général de Gaulle).

Après cette élection la Constitution resta appliquée : la prééminence du Président de la République fut confirmée. Une majorité présidentielle se dessine, marquant un nouveau mode de coopération entre le Gouvernement et le Parlement.

La politique internationale a toujours été la première des responsabilités des chefs d'État de la Ve République.

L'Europe étant en crise elle ne progresse plus ; le Marché commun agricole risquait de régresser faute de financement.

Georges Pompidou' convaincu que la prospérité de notre pays et la possibilité pour la France de continuer à jouer un rôle dans le monde dépendaient de la réussite de l'Europe. Il renoue la négociation avec le Premier ministre britannique Edward Heath fervent européen lui aussi.

En décembre 1969 il suscite, le sommet européen de La Haye qui rétablit la concorde entre les six membres fondateurs de la Communauté Européenne.

Il définit les conditions de la négociation avec la Grande-Bretagne, amorce l'Union Économique et Monétaire et ébauche une coopération politique destinée à déboucher sur l'Union Politique inscrite par les négociateurs dans leurs conclusions.

A Paris, les 20 et 21 mai 1971, Georges Pompidou et Edward Heath t annoncent leur accord sur les conditions de l'élargissement (confirmé par la signature du Traité le 22 janvier 1972 et le référendum du 23 avril 1972).

L'Europe peut ainsi repartir de l'avant et l'entente franco-allemande restant un fondement essentiel de notre politique extérieure et la base irremplaçable de la coopération européenne.

La réussite de l'Europe élargie nécessitant une bonne entente avec les dirigeants des États-Unis et de l'U.R.S.S., le Président de la République réserva aux États-Unis son premier voyage officiel à l'étranger en février-mars 1970.

La France n'a pas pour autant renoncé à son indépendance vis-à-vis des États-Unis, il rencontra à trois reprises le Président Richard Nixon, notamment en décembre 1971 aux Açores où ils fixèrent ensemble les grandes lignes d'une réorganisation monétaire mondiale (sans résultat durable).

Avec l'U. R.S.S. alors dirigée par Leonid Brejnev ainsi qu'avec les autres pays de l'Est des relations d’étroites s'établirent. Cinq rencontres eurent lieu, en cinq ans, entre Leonid Brejnev et Georges Pompidou.

La conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe à laquelle s'attacha Georges Pompidou dès septembre 1969, permit de commencer à sortir de l'emprise des deux grands blocs pour déboucher après la mort du Président Pompidou sur l'émancipation des États à leur égard.

Sous son mandat la France poursuivit sa coopération politique et économique avec tous les pays indépendants et en priorité avec ceux d'Afrique francophone.

Pour mener cette politique active avec des chances de succès Georges Pompidou privilégia la croissance dans la préparation du VIe Plan.

En cinq ans de 1968 à 1973, le volume de biens et services mis à la disposition des Français s'accrut de plus de 40 %, et l'industrie fournit chaque année près de 100 000 emplois supplémentaires.

Le nombre des très grandes entreprises et celui des établissements de taille moyenne restant cependant insuffisants comparés à ceux de nos principaux concurrents, il engage une politique pragmatique de regroupement et de restructuration ayant pour objet d'y remédier :

  • Quatre-cents kilomètres d'autoroutes supplémentaires furent mises en chantier
  • Chaque année le retard de notre réseau téléphonique commença à se résorber
  •  La décision de construire le premier T.G.V. Paris-Lyon fut prise et à la suite de la crise pétrolière'
  • Un vaste programme de construction de centrales électro-nucléaires fut lancé ce qui donna à la France une indépendance énergétique sensiblement supérieure à celle de ses voisins.

Cet effort d'équipement s'élargit à une grande partie de l'Europe.

A l'initiative de la France' un programme européen de lanceurs et satellites fut adopté en 1973 qui permet' aujourd'hui encore à l'Europe d'être la première sur le marché mondial.

 

Les fruits de la croissance permirent aussi d'améliorer le cadre de vie et d'offrir à chacun des chances accrues d'épanouissement personnel :

  • La crise du logement fut résorbée avec la construction chaque année de quelque 500.000 logements.
  • Le budget de l'Éducation nationale dépassa désormais celui de la Défense.
  • Un nouveau ministère celui de l'Environnement fut créé pour donner aux villes et aux campagnes de France un visage plus accueillant.
  • L'agriculture grâce aux débouchés du Marché commun et à une politique différenciée selon les régions maintint en vie la plus grande partie de la France rurale.
  • Et une politique ambitieuse de la Culture fut conduite symbolisée par le Centre qui porte aujourd'hui son nom.

En matière sociale un effort sans précédent fut mené pour diminuer les inégalités et réduire les injustices par la loi et la politique contractuelle de :

  • Mensualisation des ouvriers (nouvelle loi sur le salaire minimum)
  • Actionnariat des salariés, extension de la formation professionnelle accroissement et aménagement des retraites
  • Renouveau de la politique familiale et des aides personnelles au logement préparation d'une loi sur les handicapés.

Tout n'avait pas encore abouti à la fin d'un mandat présidentiel qui s'interrompit brutalement le 2 avril 1974 après quatre ans et neuf mois seulement.

Le bilan est néanmoins considérable et la France a été conduite jusqu'au dernier jour ‘avec fermeté et lucidité’ comme en ont témoigné ceux qui assistaient au dernier Conseil des ministres présidé par Georges Pompidou moins d'une semaine avant son décès.

Sources : Association Georges Pompidou, Archives nationales,

INA. Suite : Jacques Chaban-Delmas.

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