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Ce n’est pas une blague, le 30 février à bien existé… Une seule fois: en Suède.
Retour sur le calendrier julien et grégorien.
En 46 av. JC, Jules César décide de modifier le calendrier Romain (calendrier lunaire), pour le calendrier solaire, afin d’être plus en conformité avec les saisons. Malgré les travaux d’Hipparque, le plus grand astronome de l’antiquité, qui avait reconnue que l’année est inférieure à 365 jours 25, Sosigène, (l’astronome de Jules César) fixa la valeur moyenne de l’année julienne à 365 jours 6 h.
L’année civile, par commodité doit comporter un nombre entier de jours. César décide donc que l’année commune comporte 365 jours, donc trop courte d’un quart de jour. Pour combler ce déficit, César, décide de mettre un jour additionnel tous les quatre ans une année de 366 jours, fondant ainsi les années bissextiles.
Sage précaution, car sans cette remise à l’heure l’écart attendrait 30 jours en 120 ans et l’accumulation séculaires des jours manquant ferait dévier l’année au fil des saisons, l’équinoxe de printemps quittant mars pour avril, puis mai, etc. (Les égyptiens ont connu et accepté cette incommodité pendant 4000 ans environ).
Passons sur la mise en place de ce jour supplémentaire qui ne se fit pas sans mal.
Il fut décidé également que l’équinoxe de printemps coïnciderait avec le 25 mars et dans la foulée, César ramena le début de l’année au 1er janvier, date à laquelle les consuls entraient en charge.
Le calendrier julien entra en vigueur aux calendes de janvier de l’an 709 (708, pour certains auteurs), ab Urbe condita (1erjanvier -45).
Tout est en ordre, début d’année au 1er janvier, l’année julienne comporte 365,25 jours… oui, mais pas de chance, l’année tropique a 365,2422 jours soit 0,0078 jours de moins que l’année des saisons. Cet écart de de 11 minutes 14 secondes est négligeable à la durée de vie humaine. Un retard de 3/4 de jours pour 100 années juliennes, c’est peu, mais transporté à échelle longue, le calendrier julien fausse compagnie aux rendez-vous annuels du soleil. Le système César ne rempli donc pas exactement les conditions nécessaires à une fixité définitive. La preuve, en 325, l’équinoxe de printemps tombe le 21 mars, alors que Sosigène avaient prétendu fixer cet équinoxe au 25. Il fallait donc adapter dans la durée la longueur de l’année à l’année tropique. Rien ne fut fait et l’année julienne continua naturellement à dériver par rapport à l’équinoxe, qui s’écarta peu à peu du 21 mars.
Les pères de l’Église, se sont ému de ce fait, (ils avaient pas mal de problèmes : date de Pâques à fixer. Pour cela une réforme du bréviaire était nécessaire ce qui imposait donc une réforme du calendrier civil). Pour faire simple, il faut modifier le système des jours bissextiles tous les 4 ans.
C’est le pape Grégoire XIII, qui s’attela à cette tâche, d’où la réforme grégorienne, donnant naissance en 1582 au calendrier actuel.
La réforme grégorienne :
Sous Jules César, toute année divisible par 4, est bissextile, ce qui introduit une erreur de 1 jour tous les 128 ans.
La réforme grégorienne fut calibrée pour que le jour de l’équinoxe de printemps tombe le 21 mars (parce c'est ce jour qu'eut lieu l'équinoxe de printemps de l'année AD 325, année du concile de Nicée).
Du coup, 1582 équinoxes de printemps furent déplacés par la formule : (1582-325) /128 jours = approximativement 10 jours avant. En conséquence de quoi, 10 jours furent enlevés au calendrier Julien.
Ainsi Le calendrier Grégorien possède 97 années bissextiles tous les 400 ans. Toute année divisible par 4 est bissextile. Par contre, toute année divisible par 100 n'est pas bissextile à l'exception des années divisibles par 4.
Ainsi, 1700, 1800, 1900, 2100, et 2200 ne sont pas bissextiles, mais 1600, 2000, et 2400 sont bissextiles.
2024 est donc une année bissextile, elle comporte donc 1 jour de plus en février, soit 29. A priori, avec la réforme grégorienne, il n’y aura jamais de 30 février, et pourtant…
Si, au temps de César, il fut assez simple d’imposer le calendrier julien, la mise en usage du calendrier ne se fit pas heurt.
A Rome et dans certains pays catholiques, le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 fut le vendredi 15. Dans les pays protestants, ce fut la révolte. L’Angleterre adopta la réforme quand en 1752, avec de nombreuses manifestations.
Le 30 février suédois et ses soubresauts.
Le roi de Suède, Charles IX, éclairé par les évènements d’Angleterre, décida l’omission des jours bissextils de 1696 à 1744. De part cette manière douce, le peuple adopta sans s’en apercevoir la réforme romaine.
Ainsi, l’année 1700, qui aurait dû être une année bissextile, ne l’a pas été.
Changement de plan, le pays a décidé d’ajouter les jours intercalaires. Les années 1704 et 1708 deviennent bissextiles, avec un 29 février.
Mais, en 1711, nouveau rebondissement : l’Empire suédois décide de revenir au calendrier julien. À ce stade, le calendrier Suédois (calendrier grégorien) a un jour d’avance sur le calendrier julien.
Pour se recaler sur le comptage julien, troisième rebondissement, les Suédois ajoutent un jour intercalaire supplémentaire en 1712. Durant cette année-là, il y a donc un 29 février, mais aussi un 30 février. Ce 30 février était alors l’équivalent du 29 février dans le calendrier julien, d’où la « logique » de ce second jour intercalaire (en calendrier grégorien, nous étions le 11 mars).
Il faut attendre 1953 pour que la Suède passe définitivement au calendrier grégorien. Cette année-là, le calendrier du pays passe purement et simplement du 17 février au 1er mars.
Et voilà la Suède est enfin calée sur les autres pays d’un point de vue calendaire.
Pour aller plus loin sur les années bissextiles.
1). L’astronome John Herschel (1792-1871), suggéra que la meilleure approximation de la taille d’une année tropique devait être de 365 969/4000 jours = 365,24225 jours. Cela implique 969 années bissextiles tous les 4000 ans à mettre en rapport avec les 970 du calendrier grégorien. Cela abouti à retirer une année bissextile au calendrier grégorien tous les 4000 ans et à considérer que les années divisibles par 4000 ne sont pas bissextiles. Cette règle n’a, cependant pas été officiellement adoptée.
2). Lorsque en 1920, l’église Orthodoxe Grecque est passée au calendrier grégorien, elle a essayé de modifier les règles du calendrier grégorien en remplaçant la règle de division par 400 par la suivante : Toute année divisible par 900 dont le reste est 200 ou 600 est une année bissextile.
