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31 décembre 2025 3 31 /12 /décembre /2025 11:58
Henri Mosson (photographie: Le Bien Publique)

Le 30 décembre, à 101 ans s’est éteint à Dijon le doyen des survivants du camp de Natzwiller- Struthof.

Respect et reconnaissance à Henri MOSSON, et à toutes ces femmes et hommes qui ont permis par leur courage et leurs sacrifices de vaincre les nazis et recouvrer notre liberté.

 

La Résistance

Engagé dans la Résistance avec des amis dès ses 17 ans, Henri Mosson est arrêté dans un maquis près de Dijon (Côte d'Or). Torturé par la gestapo rue docteur Chaussier à Dijon il est condamné à mort pour actes de résistance, le 29 juin 1943. Jeté en prison, où il fait « connaissance avec la rigueur » nazie : ses tortionnaires le pendent par les mains des journées durant. « Le matin, mes pieds touchaient à peine le sol. Le soir, ils touchaient bien. », raconte-t ’il au cours de ses conférences. Sur les murs de sa geôle il écrit « La liberté n’est chère qu’a ceux qui l’ont perdu ».

Henri échappe au peloton d’exécution. Il est envoyé à « la réserve des otages » au fort de Romainville (Seine-Saint-Denis), où les nazis puisent pour leurs exécutions en représailles d’assassinats de soldats allemands. Là aussi, il échappe à la mort.

 

La déportation

Le 26 novembre 1943 a 19 ans, Henri arrive au camp de concentration du Struthof, le seul camp de concentration sur le territoire français, situé à l’extérieur du village de Natzwiller (Alsace).

Le commandant du camp accueille les prisonniers par ces paroles : « Vous êtes des voyous. Vous êtes entrés ici par la grande porte et vous ressortirez par la cheminée. »

La durée de vie était en moyenne de 90 jours. Certains mouraient en trois jours, explique l’ancien détenu classé « Nacht und Nebel » (nuit et brouillard), comme tous les opposants politiques voués à disparaître sans laisser de traces.

 

WARUM…

Warum » le mot qui l’a sauvé. Je dois coudre sur ses vêtements mon numéro de prisonnier : « 6290 ». Je le cout de travers ce qui me vaut la plus grande claque de ma vie, lors du rassemblement. A ce moment je lance au SS « Warum » ? (Pourquoi). La connaissance de la langue m’a sauvé d’une mort certaine.

Le SS comprend que je parle allemand. Il me fait affecter à la désinfection » des vêtements avec lesquels les détenus arrivaient… « C’était un peu une planque. »

Pour les autres prisonniers, ceux qui ne parlaient pas allemand, chaque jour ils ramassent les morts qui, eux aussi, doivent être présents aux appels tenus sur la place du camp. Ils « ramènent les cadavres sur le dos », se souvient Henri Mosson, « On devient absolument insensible ».

 

La libération

Fin août 1944, à l’approche des Alliés, les nazis évacuent le Struthof. Nous sommes transférés vers d’autres camps, pour finir à celui de Munich-Allach où je porte le matricule 157414. « Un jour, on s’est réveillé et il n’y avait plus de gardiens ».

 mon retour en France, ce n’est « pas la liesse » qui m’attend. « Les gens me prenne pour une bête curieuse », je pèse 38 kg à mon retour en Bourgogne : « On n’avait à manger que du bouillon de choux-raves. A la fin, on n’avait plus que des orties en bouillon. »

 

Ma nouvelle vie

Je me reconstruis doucement, comme tous mes camarades de captivité. Féru de sport mécanique, je deviens contrôleur technique des Formule 1, rencontre les plus grands comme Alain Prost et Ayrton Senna. « J’ai fait trois fois le tour du monde », dit-il fièrement, lors d’une conférence dans une école.

Toute sa vie, Henri Mosson s’est fait passeur de mémoire, à ses quatre enfants, six petits-enfants et dix arrière-petits-enfants, mais aussi aux quelque « 200 écoles » où il est intervenu. « Même en Allemagne ». « Il faut informer les jeunes. On ne sait pas ce qui peut arriver », dit-il encore, à l’occasion des 80 ans de la Libération de Strasbourg.

Le 5 janvier 2025, l’éternel résistant qui réside à Dijon (Côte d’Or) a fêté ses 101 ans (comme ma maman).

En mars de cette année il a publié un livre autobiographique : « Ma déportation ».

Officier de la légion d’honneur, titulaire de la médaille militaire et commandeur des palmes académiques, Henri Mosson , laissera l’exemple d’un engagement au service de la liberté et du devoir de mémoire.

 

Source : Article du journal local ‘Le bien Public’, remis par ma mère, divers articles parus ce jour de sa disparition.

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