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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 16:49

 

Un ami, m’a fait parvenir le texte de l’article d’Olivier Babeau : ‘Retrouver le sens du travail’ paru dans les échos en décembre 2019.

Au moment où dans l’hémicyclique nos députés croulent sous une pluie d’amendements, voici un texte à partager et diffuser sans modération.

Bonne lecture.

 

Le débat sur le financement des retraites part d’un postulat considéré comme une évidence : nous cherchons tous à minimiser notre temps de d’activité.

La résistance opposée à l’allongement de la durée des carrières pose un problème plus profond que celui de la         simple équation budgétaire.

Elle témoigne de la crise du travail.

Lors de la création du système actuel par répartition en 1945, l’âge minimal pour bénéficier d’une retraite était 65 ans. C’était à l’époque à peu près l’âge moyen de décès des ouvriers.

Depuis cette époque, la population a gagné treize ans d’existence.

La retraite était conçue comme un filet de sécurité pour ceux qui avaient la chance de vivre longtemps ; elle est devenue l’espoir d’un nouveau départ, presque la vraie vie à laquelle on rêve de s’éveiller le plus tôt possible.

De la même façon que l’entreprise est plus souvent présentée en France comme un lieu de souffrance et d’exploitation, la vie active est décrite comme une épreuve.

Le mot travail ne vient-il pas d’ailleurs de « tripalium », un engin de tortionnaire ?

On se souvient de la fameuse publicité pour le Loto ou l’heureux gagnant s’empresse d’aller narguer son employeur (« Au revoir président ») et de démissionner. 

C’est oublié une autre réalité : certains emplois peuvent être vécus comme d’authentiques réalisations de soi. C’est le cas des artistes ou des professions intellectuelles par exemple.

Pour eux, l’idée de retraite n’a pas vraiment de sens car leur métier est plus un mode d’existence qu’un travail à proprement parler.

Bien sûr, il existe de très nombreux métiers objectivement pénibles, et beaucoup n’apportent que peu de satisfactions en eux-mêmes. 

Un sondage de Kantar TNS pour Randstad montrait que 18% des actifs français disent occuper un emploi dont ils ne perçoivent ni le sens ni l’utilité. La rareté des tâches où l’on se réalise ne devrait pas empêcher d’en faire des objectifs idéaux. Une attitude que nous ne transmettons pas assez à l’école.

Alors que toutes les années d’études sont centrées sur le plaisir de cultiver son esprit on présente trop souvent le passage à l’activité professionnelle comme un inéluctable renoncement à ce plaisir.

Partir de cette idée, c’est condamner les gens à compter leurs trimestres en attendant la quille.

Une logique d’autant plus triste qu’à la vacuité du travail répond logiquement celle du temps libre.

Dans « Se distraire à en mourir », Neil Postman stigmatisait la société du divertissement et son principal outil : la télévision. Les adultes sont désormais sommés d’occuper leurs loisirs, comme des enfants ; à « s’amuser ».

Dans « Coming apart », Charles Murray montre que la chute du temps d’activité d’une partie de la population américaine depuis les années 1960 s’est accompagnée d’un bond du temps hebdomadaire passé devant la télévision.

Un constat que l’on pourrait répliquer en France en se demandant ce que nous avons réellement fait des 4 heures hebdomadaires en plus données par les 35 heures…

L’Homo festivus, moqué par Philippe Muray, est le visage que prend cette société où l’infantilisation des loisirs est le pendant logique d’un travail de plus en plus subit.

Le divertissement stérile dont parlait Pascal ù l’o, refuse soi-même n’est au fond que l’écho de ces emplois où l’on n’est jamais soi-même. Bien loin de s’opposer, les réhabilitations de l’un et de l’autre doivent aller de pair. 

Les Grecs n’opposaient pas réellement travail et loisir, mais plutôt l’activité aliénante et le « skhole », le loisir studieux.

A mes étudiants qui sont sur le point d’achever leur cursus universitaire pour rentrer dans la vie active, je me permets de donner ce conseil : « Vous aurez réussi votre vie professionnelle si votre métier vous fait redouter la retraite ».

S’il est opportun de refonder notre système de retraite, il est plus encore de retrouver le sens du travail.

 

*Olivier BABEAU est président de l’institut Sapiens.

L’Institut Sapiens est la première Think-Tceh française qui vise à replacer l’humain au cœur du numérique.

Pour en savoir plus : www.institutsapiens.fr

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25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 18:33

26-27 janvier 1910 : Crue de la Marne et inondation de Meaux.

Vers la fin du mois de janvier 1910, la Marne quitte son lit et retrouve partiellement son ancien cours qui passait jadis au pied des collines de Crégy.

La rivière submerge ainsi les parties basses de la ville, c’est-à-dire une bonne partie du faubourg Saint-Nicolas et la partie nord de la plaine de Saint-Faron et rue de Chaâge.

L’historien de Meaux, Georges Gassies qui a été témoin de ces inondations écrit à ce sujet : ‘La terrible inondation qui vient de désoler notre ville datera dans les fastes sinistres de l’Histoire.

De mémoire d’homme, jamais la Marne n’avait à ce point dépassé des berges, jamais elle n’avait commis l’indécence de sortir de son lit pour pénétrer dans le logis des habitants’.

En effet, la crue de 1910 atteint la côte historique de 7,75 m au-dessus du niveau habituel.

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20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 06:58
Le guide rouge 2020

Redouté pour certains, espoir d’être étoilé pour d’autres, attendu par les gastronomes, le guide rouge 2020 sort le 27 janvier avec les nouveaux étoilés et les déclassés.

Après Bernard Loiseau en 2003, Marc Veyrat en 2019, c’est autour de Paul Bocuse de perdre une étoile cette année.

Depuis plusieurs années, beaucoup de chefs ont décidé de ne plus être inscrit dans le ‘guide Michelin’ : trop de contraintes, de pression, une opacité sur l’attribution où le retrait des étoiles.

Quatre inspecteurs Michelin, dans l'anonymat total, sillonnent la France pour déguster entrées, plats et desserts dans divers établissements et ce plusieurs fois au cours de l’année.

Les critères de jugement : la qualité intrinsèque des matières premières (viande, les légumes), la personnalité culinaire du chef, la maîtrise des cuissons et saveurs, le rapport qualité/prix et la régularité de la qualité tout au long de l'année. 

 

Retour sur l'histoire du Guide Michelin.

Inventeurs du pneumatique démontable pour bicyclettes, puis pour automobiles, André Michelin, ingénieur centralien et Édouard, artiste-peintre forment un parfait tandem.

Un jour de 1894, Edouard voit un empilement de pneus évoquant la forme d'un homme cela lui donne l’idée de créer une mascotte publicitaire faite d'un tas de pneus : personnage surmonté de la phrase d’Horace « Nunc est bibendum » (« C'est maintenant qu'il faut boire »), Bibendum est né.

Pour l'Exposition universelle de 1900 à Paris, les frères créèrent le « Guide Michelin »afin d’aider les voyageurs dans leurs déplacements en donnant des renseignements pratiques ainsi qu'une liste d'hôtels et de restaurants.

Tiré à 35 000 exemplaires pour sa première édition (1900) , il est offert avec l'achat de pneumatiques. 

C’est un succès. Mis à jour chaque année, il déjà redouté par les hôteliers et restaurateurs. Si un hôtel baisse en qualité, il est tout bonnement rayé du guide l'année suivante. 

Voulant le garantit de l’indépendance et sa qualité de jugement dans leur ‘guide rouge’ les frères Michelin font en 1908, disparaissent les publicités suite à une annonce humoristique des créateurs : « Tout comme la femme de César, Bibendum ne doit pas être soupçonné. »

La légende raconte qu’André Michelin vit un jour dans un garage, une pile de ses guides servant à caler un essieu. « L'homme ne respecte que ce qu'il paye », il décide donc que le guide devient payant (7 francs). 

La naissance de l'étoile, récompensant les meilleures tables est créée en 1926 :

  • Une étoile indique « une bonne table dans la localité »
  • Deux une « cuisine excellente, valant le détour » et 
  • Trois étoiles « une des meilleures tables de France, vaut le voyage ».

Parmi les établissements qui « méritent un détour » : Le Commerce de M. Lameloise à Chagny, La Côte d'Or d'Alexandre Dumaine à Saulieu ainsi que L'Hôtel de la Poste à Avallon... 

Ce n’est qu’en 1933 qu’est décernée le Graal des restaurateurs, la récompense suprême : les trois étoiles. 

A Paris : le Café de Paris et l'illustre Foyot, rue de Tournon, Larue, Carton (sole à la crème), la Tour d'Argent (canard au sang), La Pérouse (bouillabaisse).

En province : le restaurant de la mère Brazier à Lyon est auréolé des trois étoiles. 

Eugénie Brazier (38 ans) qui pour formera Paul Bocuse, lequel recevra ses trois étoiles au même âge, en 1965.

Juste avant sa suspension pendant la deuxième guerre mondiale, seize enseignes possèdent les prestigieuses trois étoiles.

En 1946, c’est deux cent trente restaurants qui reçoivent la célèbre étoile, quatre cent cinquante l'année suivante et en 1951, sept grandes maisons obtiennent les ‘trois étoiles’ (Point à Vienne, Bise à Talloires, Dumaine à Saulieu…) Le guide rouge est devenu la bible des gastronomes. 

L'anti-Michelin 

Le guide Michelin ne fait l’unanimité, Edmond Saillant (1872-1956), écrivain et gastronome, se pose en rival des guides Michelin.

Parcourant la France au volant de sa Bugatti à la recherche de trésors culinaires, Edmond Saillant, prend le pseudonyme Curnonsky pour impressionner la clientèle des palaces (principalement russe), 

En 1927 il s'autoproclame « prince des gastronomes », en héritier de Brillat-Savarin et fonde en 1928 avec quelques amis l'Académie des gastronomes sur le modèle de l'Académie française. (elle est toujours en activité)..  

Les inspecteurs du Michelin se contentaient de signaler les bonnes adresses, Curnonsky et Rouff (un ami journaliste) se laissaient aller dans leurs commentaires autour des plats qu'ils dégustaient...

La concurrence

Christian Millau, journaliste au quotidien Paris-Presse, critique la froideur du guide Michelin :

« Les trois étoiles, c'était le temple de la cuisine bourgeoise avec le maître d'hôtel à l'entrée, un sommelier compassé et des spécialités savantes servies dans des plats d'argent ».

Avec son collègue de bureau Henri Gaultils se posent la question : pourquoi un civet de lièvre serait-il moins bon sur la table en bois d'une petite auberge que sur la nappe blanche damassée d'un grand restaurant parisien ? ».

S'inscrivant clairement en concurrence avec le guide Michelin ils créent la rubrique « Les oubliés du Michelin » dans laquelle ils donnent des étoiles aux restaurants qui le mériteraient. 

Ils dévoilent leurs bonnes adresses en expliquant les raisons de leurs préférences, en faisant part de leurs émotions, de leurs coups de cœur.

Leur premier ‘Guide de Paris ‘est publié chez Julliard en 1962 : Le Gault et Millau devient un incontournable et en 1969 après la disparition de Paris-Presse, ils lancent alors leur propre magazine.

Proposant des adresses qui privilégie une cuisine allégée en calories, (surfant sur la vague de rejet de la société de consommation de Mai 68), la première édition, se vend à quarante-cinq mille exemplaires. 

Pour se distinguer des étoiles, ils attribuent des toques, allant d'une toque pour les bonnes tables à 5 pour les tables exceptionnelles.

 

(Sources : Saga du guide Michelin – Hérodote : Charlotte Chaulin)

 

 

 

 

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4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 17:42

La station Europe 1, anciennement Europe N°1, a choisie de ne plus diffuser ses programmes sur les Grandes Ondes (GO- 182 KHz).

Si l’origine de la station qui prend le nom d’Europe n°1 sur une idée de Louis Merlin remonte en 1945, lorsque le financier Charles Mischelson veut poursuivre ses investissements dans le secteur de la communication, il faudra attendre le 1er janvier 1955, pour sa première émission expérimentale.

Retour sur l’histoire.

En 1945, le gouvernement français instaure un monopole d’État de la radiodiffusion et de la télévision à travers la Radiodiffusion française (ce qui interdit tout émetteur de radiodiffusion privé à s’installer sur le territoire).

Les français ont toutefois la possibilité d’écouter trois stations de radio privées à l’étranger (Radio-Andorre, RMC, Radio-Luxembourg qui deviendra RTL).

Après la Seconde Guerre mondiale, la région de la Sarre est placée sous tutelle de la France et considérée comme protectorat (Suite aux accords de Luxembourg d’octobre 1965, la Sarre sera rattachée à la République fédérale d’Allemagne le 1er janvier 1957).

Le choix d’implantation de l’émetteur de la nouvelle station radion se porte donc vers le plateau du Felsberg (Sarrelouis), intéressant par ses caractéristiques techniques : 367m d’altitude et très prêt de la frontière française.

A 6h 30, le 1er janvier 1955, Micheline Francey par un ‘Bonjour l’Europe’’ diffuse une chanson de Gilbert Bécaud. 

Perturbant d’autres émetteurs, notamment le radiophare de l’aéroport de Genève, 30 minutes plus tard l’émission est interrompue,  

Pendant quelques jours Europe n°1, change plusieurs fois de fréquence, brouillant d’autres stations européennes (de Suède, de Norvège et du Danemark notamment).

Le 8 janvier 1955, Radio Luxembourg, bien qu’elle n’ait aucune autorisation officielle pour diffuser ses programmes, proteste vigoureusement. 

A malheur est bon, les nombreux articles de journaux consacrés à cet événement, font une publicité à Europe n°1, station quasi inaudible et sans ressources.

La station fait appel au soutien financier de ses auditeurs qui en huit jours lui font parvenir 19 millions de francs, sauvant ainsi sa disparition.

Il faudra attendre le 3 avril 1955, pour qu’Europe n°1, reprenne l’ancienne fréquence (185 KHz) de la station ‘Deutschlandsender’ de la RDA, orientée vers l’est, en se fixant sur 182 KHz (1647m GO), l’Allemagne de l’Est ayant accepté cette fréquence à condition d’en diriger son rayonnement uniquement vers la France.

Les studios localisés à Paris sont reliés par câbles spécial des PTT vers l’émetteur situé en Sarre (aujourd’hui la liaison s’établie par satellite mais aussi par une ligne spécialisée).

Son antenne directionnelle, orientée approximativement vers Bordeaux est composée de 2 pylônes (280 et 282 mètres de haut), d’une puissance de 2000 Kilowatts, mais réduite à 1500 figure parmi les plus puissants émetteurs européens.

Le 31 décembre 2019 à minuit l’émetteur Grandes Ondes d’Europe 1 a arrêté définitivement d’émettre.

L’approche environnementale à également motivé cette décision de quitter les GO, en évitant les fortes consommations d’énergie.

Europe 1,  a toujours fait preuve d’innovation dans sa manière de penser et de concevoir l’écoute de ses programmes (exemple en 1968 où le gouvernement insatisfait de la couverture médiatique des événements de mai, envisage une coupure de la liaison entre les studios et l’émetteur).

(Source: Merci à mon ami F1BKH)

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31 décembre 2019 2 31 /12 /décembre /2019 17:20
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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 17:30
Alambic (Guy Pontarlier)

On nous a parlé de ‘La clause du grand-père’, maintenant c’est de l’âge pivot, de l’âge de l’équilibre…  Peut-être qu’un jour on nous parlera du déséquilibre des montants des retraites par rapport au cout de la vie !!

Quant à la «’Clause du grand-père’ J’ai toujours pensé que c’était sortie tout droit d’un cerveau d’énarque … et bien non, elle est d’origine est américaine.

 

 Au lendemain du conflit qui a déchiré les États-Unis : la guerre de Sécession (1861-1865), le droit de vote est accordé à tous, y compris aux esclaves noirs américains nouvellement émancipés.

Toutefois sept États du Sud s’y opposent et imposent des restrictions (pour exclure les Noirs du droit de vote). 

Dans ces états il fallait savoir lire et écrire ou posséder une surface minimale de terre, pour avoir le droit de voter. Conditions quasi impossibles à remplir pour d’anciens esclaves, mais cette disposition posait également problème à certains Blancs, qui ne savaient ni lire ni écrire et n’étaient pas propriétaire de terre. 

Afin d’éviter d’exclure du droit de vote ces électeurs blancs ne remplissant pas les nouveaux critères, une mesure dérogatoire a été instaurée :

Pouvaient voter les personnes dont le père, ou le grand-père, possédaient le droit de vote avant la fin de la guerre de Sécession. 

Cette clause a, un demi-siècle plus tard, été déclarée anticonstitutionnelle.

Voilà pour l’origine de cette clause, que les français ont utilisé pour la première fois dans les années 1950.

 

Le droit français appelle ça la « clause d’antériorité », c’est plus sympa que la ‘clause du grand-père’ : 

Les conditions de l’ancienne loi s’appliquent à celles et ceux qui en bénéficiaient. 

Ainsi, les travailleurs déjà en place au moment du vote de la loi peuvent continuer de bénéficier des avantages dont ils jouissent, les effets de la nouvelle loi ne s’appliquant qu’aux nouveaux embauchés.

En France cette clause a été utilisée pour en finir avec les bouilleurs de cru (manque à gagner sur les taxes et pour lutter contre l’alcoolisme).

Les paysans récoltants de fruits (prunes, raisins, pommes, poires…) avaient sous l’Ancien Régime le droit de distiller leur récolte exclusivement pour leur consommation familiale. Aboli sous la Révolution, ce droit a été rétabli par Napoléon Ier.

Transmissible aux héritiers, (au début du XXe siècle il y avait trois millions d’exploitants), ces derniers pouvaient avec un alambic, produire de l’eau-de-vie dans la limite de mille degrés d’alcool (environ 10 litres d’alcool pur) avec exemption des taxes.

Ils pouvaient également faire appel aux services d’un « distillateur ambulant ».

 

Des sous, des sous !

Lors de sa séance du 10 juillet 1953, le Conseil de la République (Sénat), estime que ce privilège fiscal (exemption des taxes), représente pour les finances de l’État un manque à gagner de 20 milliards de francs.

Il faut donc récupérer cet argent. Le lendemain 11 juillet le gouvernement de Joseph Laniel relève considérablement les droits sur l’alcool, limite la qualité de bouilleur de cru aux personnes pour laquelle l’agriculture était l’activité principale tout en laissant subsister des droits acquis (sans aucune limitation de durée) au profit de tous ceux qui avaient pu bénéficier de la qualité de bouilleur de cru au cours des trois campagnes antérieures. 

 

Dans le cadre de la lutte contre l’alcoolisme Pierre Mendès France président du Conseil publie le 13 novembre 1954 un décret limitant l’exonération fiscale à la récolte de 1954-1955 pour les récoltants dont l’agriculture n’était pas l’activité principale.

Première étape concrète dans la disparition progressive des bouilleurs de cru. 

 

Par ce décret, près d’un million de bénéficiaires vont disparaitre à la fin de l’année 1955., ce qui déclenche l’hostilité du milieu rural.

Il faut donc calmer le jeu, des instructions sont envoyées aux services départementaux pour que l’application du décret Mendès France soit faite « avec le maximum de compréhension »

« Le maximum de compréhension » fut tellement bien respectée que ledit décret ne fut jamais appliqué, étant prorogé très régulièrement, sans pour autant régler la question. 

Mais la question était loin d’être réglée. Périodiquement, elle revint à l’ordre du jour du Parlement pendant plusieurs décennies au cours desquelles s’affrontèrent partisans et adversaires des bouilleurs de cru.

Périodiquement, est pendant plusieurs décennies s’affrontèrent au Parlement partisans et adversaires des bouilleurs de cru.

 

 « Les régimes spéciaux » font déjà l’objet de comparaisons !

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), souligne en 1959

 « On ne peut empêcher les producteurs agricoles de bénéficier d’une partie de leur récolte comme les ouvriers de la S.N.C.F. ou de l'Électricité de France ont droit à des tarifs spéciaux pour leurs voyages ou leur consommation de courant »

Sous la présidence du général de Gaulle, le gouvernement de Michel Debré dans le cadre de la lutte contre l’alcoolisme, programme l’extinction des bouilleurs de cru à terme avec l’ordonnance du 30 août 1960 :

Que « l’allocation en franchise du code des impôts est supprimée. Toutefois, les personnes physiques qui pouvaient prétendre à cette allocation pendant la campagne 1959-1960 sont maintenues à titre personnel, sans pouvoir le transmettre à d’autres personnes que leur conjoint survivant. » … Fini le privilège de « la goutte » !

 

Et voilà la « clause du grand-père » !

Dans les exploitations agricoles où cohabitent plusieurs générations, on va pendant plusieurs décennies continuer de distiller de l’eau de vie « à l’œil » en faisant valoir le privilège détenu par le grand-père, autrement dit la « clause du grand-père »

En 1978, trente députés du RPR (Rassemblement pour la République) relancent la polémique : 

« Dans quelques années, si les dispositions de l'ordonnance du 30 août 1960 sont maintenues, on parlera des bouilleurs de cru au passé. » 

Ils demandent le rétablissement de « cet usage très ancien reconnu à nos campagnes », rappelant que depuis 1960, « seuls les exploitants, et ensuite leurs veuves, disposaient de la faculté de faire procéder, en franchise de droits, à la distillation d'une partie de leur production viticole, cidricole, fruitière et de gentiane ».

Bien que les défenseurs des bouilleurs de cru fassent valoir « qu’en Grèce, au Portugal, en Espagne, les bouilleurs de cru ne supportent aucune taxe ; en Allemagne, les bouilleurs artisanaux ont droit à un rabais de 21,5% sur la taxe officielle », la bataille va se poursuivre pendant une trentaine d’années… Sans résultat. 

 En 1995, le nombre des bouilleurs français titulaires du privilège (distillation non taxée de 10 litres d'alcool pur) est tombé à quatre cent mille (les propriétaires de vergers gardent la liberté de distiller leur récolte mais à condition de payer de lourdes taxes dissuasives), ils étaient deux millions et demi au début des années 1950, 

En 2002, il a été décidé de supprimer complètement l’exemption à la fin 2007, avant qu'une prolongation, votée en 2007, reporte l'échéance au 31 décembre 2012. 

Fin 2011 les parlementaires ont obtenu, dans le cadre de la loi de Finances pour 2012, de prolonger à vie le statut des bouilleurs de cru dits « privilégiés » (les bénéficiaires des 10 litres détaxés). 

Cette décision n’a guère suscité de remous chez les bouilleurs de crus concernés (environ 70 000) et vu leur âge (80 ans en moyenne), l’extinction naturelle de cette population à brève échéance d’autant que les enjeux financiers de cette exonération est devenu dérisoire. 

Cette « clause du grand-père » se sera finalement étalée sur près de 70 ans.

 

Conclusion

Comme on le constate avec les bouilleurs de cru, la « clause du grand-père » a pour but d’éteindre une protestation immédiate ou de calmer les inquiétudes et incertitudes, mais n’empêche pas de nourrir des contestations persistantes au fil du temps.

La « clause du grand-père » n’a pas été appliquée qu’aux bouilleurs de cru.

Ce dispositif a été mis en place chez France Télécom, (plus de recrutement de fonctionnaires à partir de 1996), ainsi qu’à La Poste depuis 2002.

En juin 2018, suite à la réforme ferroviaire les nouvelles embauches à partir du 1er janvier 2020 ne se feront plus sous le statut de cheminot, tandis que les agents en place garderont leur statut et leurs droits.

Source : Hérodote (JP Bedeï)

 

 

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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 17:22
241P7

Maman, nous emmenait parfois ‘aux remparts’, et au travers des grilles de protection, ma sœur et moi -même on attendait le coup de sifflet annonçant le passage imminent du train partant pour Avignon.

Qu’elle était notre joie de voir à la fenêtre de la cabine, papa nous faisant signe de la main et le mécanicien donnant un nouveau coup de sifflet, rien que pour nous, les enfants.

La gare était loin pour nos petites jambes de 5 ans, mais cela ne faisait rien… On allait pouvoir voir ‘papa’ sur sa machine.

Le train était déjà à quai… sans la machine. Quelques minutes plus tard, on entendait le bruit de la locomotive 241P7 qui arrivait en marche arrière pour s’accrocher au train.

La casquette sur la tête, les lunettes de protection des escarbilles remontées sur son front, le mécanicien venait nous faire un signe de main et repartait sur le côté gauche de la locomotive. 

Papa, après avoir garni le foyer descendait de la plateforme pour venir nous embrasser et essayer de me faire monter sur la loco… mais pas question, je n’étais pas rassuré !!! (quel regret avec l’âge).

Au coup de sifflet du chef de gare, dans un bruit assourdissant pour nos petites oreilles, dans un nuage de fumée et de vapeur, le train s’ébranlait pour Paris. Pendant presque 4 h, tout au long des 315 kms, papa allait étaler dans le foyer sur la grille de combustion 25 kg de charbon au km. Le mécanicien surveillant la pression de la vapeur dans les pistons consommant environ 100 litres d’eau au km. … Il ne fallait pas que le chauffeur ‘plante un chou’, dans la montée de Blaisy (rester en panne sur la ligne, à cause d’une baisse de pression catastrophique. Dans ce cas non seulement la machine ne peut plus tracter le train, mais il est impossible d’attiser le feu, la demande de secours est obligatoire, ce qui est une honte pour tous les roulants).

A machine de prestige, ligne de prestige ... Fleuron des grandes lignes du réseau français, Paris - Lyon – Marseille, les premières ‘Mountain’ unifiées  sont livrées au dépôt de Dijon-Perrigny en mai et juin 1948.

L’enthousiasme des agents de la gare de Dijon-Ville pour cette locomotive innovante et révolutionnaire à leurs yeux est très bien décrit dans Mémoire d'un enfant du rail d'Henri Vincenot.

Les cheminots (agents et ingénieurs) prononçaient Mountain à la Française: "Moutin".

Histoire de la Moutain.

 

Après la 2ème guerre mondiale, la S.N.C.F. prévoit des remorquer des trains de voyageurs de 700 à 800 tonnes.

Pour cela elle doit concevoir une locomotive à grande adhérence capable de rouler à 120 km/h de manière continue pour les lignes à profil difficile avec des rampes de 8mm/m à gravir (Paris-Lyon, Paris-Nancy, Paris-Belfort).

L’utilisation de locomotives de ce type : 4 essieux accouplés et ayant une puissance au crochet d'environ 2500 ch, impose de grandes roues d'un diamètre voisin de 2 m.

Ce type de machine existe aux États-Unis c’est la ‘Mountain’.

 

Ayant besoin d'engins de grande puissance de traction pour circuler sur des lignes montagneuses (d'où leur nom ‘Mountain’) et à vitesse élevée, ces locomotives étaient équipées d'un moteur à simple expansion et de roues motrices d'un diamètre maximal de 1 800 mm, à la différence des Mountainfrançaises qui étaient de type compound (système où la vapeur agit successivement dans plusieurs cylindres) et équipées de roues motrices allant jusqu'à 2 mètres de diamètre, faisant des 241 P des locomotives de vitesse destinées à des lignes de profils moyens.

 

Les 241 P ont été étudiées par le bureau d’Études des Ets Schneider, spécialistes en construction de locomotives à vapeur. Les bureaux d’études menées par deux grands ingénieurs (Georges Chan et André Chapelon), sorte une machine d’une grande élégance, d’une puissance et d’un rendement au top niveau.

Le 3 octobre 1945, la SNCF passe commande de 35 machines 241 P (1 à 35), qui seront construites et mises en service entre juin 1948 et juillet 1952.

 

Les 241-P étaient les plus grandes locomotives à vapeur d'Europe de l'Ouest, elles pouvaient franchir des courbes d'un rayon minimal de 140 mètres et capables de remorquer :

En palier, des trains de 750 tonnes à la vitesse de 120 km/h

En rampe de 4,4 pour mille, des trains de 800 tonnes à 80 km/h

En rampe de 21 pour mille, des trains de 500 tonnes à 25 km/h

Avec 174 tubes traversant leurs chaudières, elles pouvaient produire 20 à 22 tonnes de vapeur à l'heure ... brûlant dans le même temps 2500 kg de charbon.

La boîte à fumée mesurait 3 m de longueur et supportait un échappement type double « à trèfle » PLM.

La disposition d'essieux 2 ;4 ; 1 (2 essieux porteurs, 4 essieux moteurs et 1 essieu porteur).

Ces machines furent accouplées aux tenders unifiés du type 34 P d'une capacité de 34 m3 d'eau et 12 tonnes de charbon, (quelques-unes eurent des tenders du type 36 P, contenant 36 m3 d'eau et 9 tonnes de charbon).

 

Elles servirent pendant une vingtaine années et furent progressivement retirées du service (l’électrification des lignes sonnant le début de la fin de la vapeur !).

La 241 P 1 fut la première radiée le 31 décembre 1965, les 241 P 9 et 16 furent les dernières radiées le 20 novembre 1973.

Le dernier train régulier tracté par une ‘Mountain’ a été assuré par la 241 P 17 le 28 septembre 1969 entre Nantes et le Mans.

Quant à la 241 P 30 mise en service, le 28 septembre 1951 au dépôt de Lyon-Mouche et mise hors service le 12 novembre 1969 au Mans aura parcouru la bagatelle de 1 793 710 km !

Que la  Moutain  P7 est belle... 

Livrée en 1949 à Dijon au dépôt de Perrigny, en juin 1952 elle rejoint le dépôt de Marseille-Blancarde. Par la ensuite selon les besoins du service elle fait différents aller et retour entre les dépôts de Lyon – Le Mans pour terminer sa carrière à Nevers et prendre sa retraite dans les années 1967-68 en ayant parcouru 1 669 05 km !

 

Caractéristiques techniques de la 241P

Générale

Longueur hors tout de la locomotive seule : 17,172 m

Longueur totale locomotive + tender : 27,127 m (locomotive : 17,172 m ; tender : 9,955 m)

Masse à vide : 120,15 tonnes ; en ordre de marche : 131,4 tonnes

Vitesse maxi en service : 120 km/h

Roues

Diamètre des roues motrices : 2, 020 m ; les roues du boggie : 1 m ; les roues du bissel : 1, 35 m

Rayon minimal d’inscription en courbe : 140 m 

Poids :

Masse totale en ordre de marche : 131,400 t

Poids adhérents : 81,600 t ; poids par essieu moteur : 20,400 t

Chaudière

Longueur de la grille : 2,51 m pour une surface de 5,052 m2

Surface de chauffe : 244,57 met 108,38 m2 la surface de surchauffe.

Pression de la chaudière : 20 kg/cm2

Diamètre de la chaudière : 1,80 m

Tender :

Longueur du tender : 9,955 m pour une tare de 36,7 tonnes

Capacité en eau :  Le tender a une capacité de 12 tonnes en charbon et 34 men eau.

Masse du tender en ordre de marche : 82,7 tonnes (locomotive + tender : 214,1 tonnes).

Service :

Avec sa mythique plaque " MISTRAL " fixée sur la boîte à fumée, la 241P a assuré la traction du prestigieux train Paris – Marseille le " MISTRAL ".

Que la  Moutain est belle...

 

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 18:54

Le 23 novembre 1944, les troupes alliées libèrent Strasbourg. 

Deux jours plus tard, grâce au service de renseignement qui avait transmis des photos aériennes montrant une concentration inhabituelle de bâtiments à 50 kilomètres de Strasbourg, les GI's  vont  découvrir pour la toute première fois un camp de concentration nazi : le camp de Natzweiller-Struthof.

Le Struthof

En haut du Mont Louise, dans les Vosges du nord, lieu de villégiature des Strasbourgeois (piste de ski l’hiver) venaient s’y divertir en famille depuis le début du siècle dernier, le Struthof laissera en 1941, la place à un camp de concentration (KL, Konzentrationslageren allemand). 

Origine du camp

Après l’armistice du 22 juin 1940 le IIIème Reich envahi l’Alsace et la Moselle.

L’Alsace-Lorraine investit, les usines, les mines et son administration est germanisée, le français est prohibé.

Hitler, qui vient de se lancer dans une série de projets architecturaux, cherche en particulier des carrières de pierre.

Le colonel SS Karl Blumberg, géologue, découvre en haut du Mont Louise, un filon de granit extrêmement rare : du granit rose. 

Sur place une ferme, un hôtel, une auberge et une petite salle des fêtes. De plus le lieu est discret, à l’écart de tout, et une ligne de chemin de fer dessert le bas du Mont Louise.

C’est l’endroit idéal pour créer le camp.

Le camp

Le 1er mai 1941, les nazis entament donc la construction du « Struthof ». 300 déportés communistes allemands et autrichiens en provenance de Sachsenhausen sont internés dans les bâtiments existants. Ils doivent tailler le chemin d'accès à la veine de granit et aménager le versant plein nord en y creusant des plateformes destinées à recevoir les 17 baraquements du futur camp.

Actif depuis 1941 sous le nom de KL Natzweiler-Struthof, il se compose du camp principal et de près de 70 camps annexes, tant en Alsace que de l'autre côté du Rhin. Au total, il recevra en moins de quatre ans 52 000 prisonniers et près de 22 000 déportés y perdirent la vie .

Prévu à l'origine pour 2 500 déportés, le camp et ses annexes en hébergeront jusqu'à 10 000 en 1944, de 32 nationalités différentes.

Le fonctionnement du camp est assuré par 80 officiers, sous-officiers, et hommes de troupes avec une organisation d'une redoutable efficacité.

Les SS font vont diviser autant que possible les déportés en mettant par exemple dans un même baraquement l'ouvrier communiste et le théologien. 

Ils exploitent également les antagonismes nationaux en mêlant Serbes et Croates, Russes et Baltes, Grecs et Albanais...

Ils délèguent aussi les taches de surveillance et de répression à une poignée d'entre eux, choisis parmi les plus brutaux et les criminels de droit commun. Ce sont les redoutables Kapos (contraction de Kameradschaftspolizei, « camarade policier »).

Les premiers déportés, majoritairement des déportés politiques et des jeunes résistants, arrivent dès le printemps 1941. 

Le Struthof, un des camps les plus meurtriers du système nazi

Comme les camps de Mauthausen et de Gusen, Natzweiler-Struthof est classé « camp de niveau III ». Il fait à ce titre partie des camps les plus meurtriers du système concentrationnaire nazi. Son objectif est l’anéantissement des opposants politiques classés NN (Nacht und Nebel, « Nuit et brouillard »).

Dès leur arrivée au camp, les effets personnels sont retirés. Les déportés doivent se déshabiller de la tête aux pieds, rasés, immatriculés et doivent mettre un uniforme rayé, seule et unique protection contre le froid et les coups de leurs bourreaux.

Natzweiler lieu d’extermination par le travail. 

Un kilomètre sépare le camp de la carrière de granit rose. Chaque jour, pendant dix heures, les détenus doivent extraire des pierres à mains nues, à l’aide d’une simple pelle et d’une pioche. 

Le granit se révèle finalement être de piètre qualité, mais le but du camp étant de tuer les déportés par le travail, les SS trouvent donc une autre activité :  démonter et réparer des moteurs d’avion pour l’armée allemande.

Les savants de l’enfer

Le camp est également le lieu d’expérimentation de trois éminents scientifiques nazis qui enseignent à l’Université du Reich à Strasbourg.

Leur mission : protéger la race aryenne, accélérer les recherches sur les fléaux qui déciment les soldats de la Wehrmacht (le typhus et les gaz mortels).

Considéré comme de simples « rats de laboratoire », les savants de l’enfer August Hirt, Eugen Haagen et Otto Bickenbach, font des tests directement sur les hommes : asphyxiés, la peau brûlée, les patients meurent dans d’atroces souffrances.

Gueule cassée de 14-18, August Hirt, SS de la première heure, enseignant l’anatomie, adepte de l'idéologie nazie, profite des hommes de ce camp pour mener à bien une expérimentation particulière : réunir un maximum de squelettes de juifs car il n’existe que très peu de spécimens de crânes et d’os de la race juive permettant des conclusions précises.

Avec l’aval d’Himmler, partisan des expérimentations médicales il fait aménager en août 1943 une dépendance de l’ancien hôtel en chambre à gaz.

86 juifs, seront ainsi gazé dans l’idée d’étudier leurs squelettes et de les exposer dans les musées lorsque la race juive aura été exterminée.

Il est également le bourreau de dizaines de Roms par ses travaux sur l'ypérite.

Eugen Haagen, spécialiste du typhus exanthématique, utilise Slaves et Tziganes dans sa quête d'un vaccin efficace. Injectant des maladies telles que la lèpre et la peste aux détenus pour analyser les effets de ces contaminations. (C’est à cause de ces expérimentations qu’une épidémie de typhus décime la population du camp en 1944). 

Otto Bickenbach mène des essais sur le phosgène en vue de trouver l'antidote à ce gaz mortel et pour cela envoie à la chambre à gaz des dizaines de Polonais et Roms.

Quelques détenus français

Gabriel Piguet, évêque de Clermont-Ferrand (seul prélat français à avoir été déporté).

Le général Aubert Frère, fondateur de l'Organisation de résistance de l'Armée, (mort d'épuisement le 13 juin 1944).

Le général Charles Delestraint, chef de l'Armée secrète, puis transféré à Dachau.

Joseph Gastaldo et André Lassagne : membres de l'Armée Secrète, déportés au Struthof après leur arrestation à Caluire en compagnie de Jean Moulin le 21 juin 1943 (transférés à la prison de Brieg (Brzeg en polonais) en Silésie.

Le prince François-Xavier de Bourbon-Parme, chef de la communion carliste, oncle du roi Boris III de Bulgarie, de l'archiduc héritier Otto de Habsbourg-Lorraine et du grand-duc héritier Jean de Luxembourg,

Max Heilbronn, créateur des magasins Monoprix et résistant français, interné en 1944 puis transféré à Allach (kommando de Dachau).

Léonce Vieljeux, Maire de La Rochelle (1930-1940) , colonel de Réserve et résistant, abattu dès son arrivée au camp le 2 septembre 1944 avec 105 autres détenus du Réseau Alliance, provenant du camp de Schirmek.

Libération

Été 1944, Strasbourg est bombardé, les SS se déchaînèrent, exécutent des centaines de prisonniers.

Puis l’ordre tomba de Berlin : il faut évacuer le camp.

Lorsque le camp vide de ses occupants sera découvert par les Alliés en 1944, le calvaire n’était pas terminé pour les déportés.

Un repli vers les autres camps, notamment celui de Dachau près de Munich, a été organisé par les SS. 

Après cette mortelle transhumance, une « marche de la mort » comme il y en eu bien d'autres à l'Est, les Américains libèrent Dachau le 29 avril 1945où quelques miraculés de Natzweiler-Struthof quittent enfin l’univers concentrationnaire.

Dénouement

Lorsque les soldats marchaient sur ce chemin bordé de sapins pour arriver au lieu-dit « le Struthof », franchissant des barbelés, découvrant des baraquements, des cellules, des murs criblés de balles et se posaient la question : à quoi a bien pu servir ce lieu, les militaires étaient loin de se douter de tout cela.

Hirt s'est suicidé en juin 45, les deux autres (pseudos) scientifiques, arrêtés et jugés par la France, ont été finalement libérés et blanchis au milieu des années 50. 

Ils sont morts paisiblement chez eux en Allemagne dans les années 70 !

Source : Charlotte Chaulin, avec l'aimable contribution de l'historien Roland Gelb 

 

 

 

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 09:29
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Fresque de la table d'orientation au petit mont à Arzon

Il y a 260 ans en septembre 1759, en pleine guerre de sept ans, Louis XV décide de renverser le roi Georges II en envahissant les Iles Britanniques.

Un débarquement de plusieurs milliers d’hommes sur la Tamise est prévu depuis Ostende (Flandre), ainsi qu’en Irlande et en Ecosse.

Il demande à l’escadre de Brest d’aller chercher la troupe basée dans le golfe du Morbihan.

Le responsable de ce rassemblement est le petit neveu de Richelieu, le Maréchal-Duc d’Aiguillon, héros de la guerre de succession.

 

Une vingtaine de vaisseaux munis de 1500 canons embarque l’infanterie terrestre soit 14000 hommes sous les ordres de l’Amiral de Conflans.

Les navires sont prêts à acheminer le corps expéditionnaire vers l’Ecosse, mais les relations entre Aiguillon et Conflans, ne sont pas au beau fixe… ce qui complique le commandement.

Ce n’est pas le cas de la Royale Navy, qui bien renseignée veut stopper la flotte française.

L’Amiral Hawke disposant de quarante navires de combat bien armés avec des équipages aguerris, arrive par surprise sur la flotte française.

Le 20 novembre 1759, en pleine tempête, l’escadre française, en mauvais état et avec des équipages manquant de compétences maritimes est canonnée par les navires anglais proche des rochers des Cardinaux.

 

Le bilan est lourd côté français : 2500 hommes périront, 7 navires seront coulés, certains fuiront vers Rochefort, d’autres se laisseront échouer vers le rivage et 11 resteront confinés dans les estuaires de la Vilaine et de la Loire.

La Marine Britannique ne perdra que 2 navires et 300 hommes.

La défaite mettra fin au projet d’invasion de la Grande-Bretagne.

 

Si vous passez à Pernef, sur la commune de Damgan (56), vous verrez le canon du bateau ‘Le Juste’ qui participa à cette bataille et qui coula avec ses 130 hommes d’équipage. Les 130 hommes furent sauvés par le bateau ‘La société’ commandé par le commandant Vincent Huliocq de Pernet.

Sur un des bateaux ayant participé à la bataille des Cardinaux, l’explorateur le comte de la Pérouse fit son premier fait d’arme. Il fut fait prisonnier et libéré peu de temps après.

(Source : Table d’orientation au petit mont à Arzon)

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 18:02

J’ai fait le métier que je voulais, j’ai épousé la femme que j’aime et j’ai eu les enfants que je souhaitais, voilà ce que notre père nous disait le jour de ses 90 ans.

Aujourd’hui, il n’est plus là, mais nous avons toujours au fond du cœur son sourire, sa joie et l’amour qu’il nous donnait.

 

J’ai fait le métier que je voulais… Oui et avec passion et courage. Pendant la dernière guerre, alors que certaines équipes demandaient à être ‘descendues’ des machines, tu as fait partie de ces hommes qui sont restés ‘rouler’.

Les mitraillages en ‘rase motte’ par les italiens arrivant par derrière, les allemands par devant en enfilade et les américains par largage haute altitude, la découverte de colis, de lettres, ou de personnes qui voulaient passer la démarcation (avant que la France soit complétement occupée) n’ont pas altéré la passion de votre métier à toi et au mécanicien.

 

Pendant que le mécanicien préparant la ‘bécane’ et toi ‘astiquant’ les cuivres de la cabine (avec le ‘Miror’, acheté par maman), il arrivait qu’un collègue passe au pied de ‘la plateforme’ et lance discrètement : Au Km tant, on saute ! cela voulait dire qu’un sabotage aurait lieu sur la voie, le train allait dérailler. Maintenant restait à faire comprendre et à convaincre la sentinelle allemande qui vous accompagnait qu’il devait sauter également… et surtout qu’il ne vous tire pas dessus.

Cette passion de ‘faire l’heure’ (arriver à l’heure en gare), comme les décalages horaires, la conduite de nuit, des dimanches et jours fériés faisaient partie du métier, vous l’acceptiez.

Aujourd’hui les choses ont bien changé !!!

Tu nous disais : Le mécanicien, le chauffeur et la machine ne font qu’un ! 

 

La SNCF vous octroie une nouvelle machine… La fameuse 241P, qu’il faut aller chercher à Marseille (elle était exposée à la foire). 

Pour ‘Bobèche’, le mécanicien pas question de réceptionner et de roder la machine durant le retour avec un autre chauffeur que toi, c’était tous les deux. 

Il te faut écourter de huit jours tes vacances prisent à l’occasion de ton mariage… Mais il faut se résigner…. dans quatre jours, tu seras de retour au dépôt de Périgny… Point sans faut, le déplacement durera  trois longues semaines !

 

Puis un jour, la ‘vapeur’ a fait place ‘aux électriques’… Plus vite, plus loin… Mais plus d’équipe.

Ah, cette 241P7, comme tu l’aimais.

 

Il y a 8 ans, tu as quitté ceux que tu aimais pour rejoindre ceux que tu as aimés.

Aujourd’hui, tu aurais 100 ans. La femme que tu as aimée, les enfants que tu souhaitais, nous te souhaitons un bon anniversaire.

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