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16 février 2024 5 16 /02 /février /2024 16:59

16 février 1941 : La France passe à l'heure allemande

 

Photo:ma tribune

De 1891 à la Seconde guerre mondiale, l'heure légale française est celle de l'Europe occidentale de Greenwich, sans décalage horaire avec l'Angleterre. Cette heure est aménagée par une loi en 1923 qui instaure l'heure d'été (GMT +1). L'Allemagne, elle, suit l'heure d'Europe centrale en pratiquant aussi le système d'heure d'été.

L’heure pendant la 2ème guerre mondiale, se pose la question de l’heure Greenwich ou heure de l’Europe occidentale ?

Pendant la guerre, la différence d'heure pose problème.

 

A Paris, le Préfet de la Seine et le Préfet de Paris communiquent à la population "d'avancer d'une heure les horloges, pendules et montres le 14 juin à 23h, de façon à les porter à minuit" (bulletin officiel municipal du samedi 15 juin 1940)

L'armistice est signé, "le 22 juin 1940 à 18h50 heure allemande".  L'armistice franco-allemande prévoit le découpage de la France en plusieurs zones séparée par une ligne de démarcation. 

Les impératifs techniques l'emportent sur toute autre considération.

En août 1940, la SNCF s'inquiète, pour ses horaires d'hiver. Des différences d'heure dans la France coupée en deux zones, pose des problèmes.

Les impératifs techniques l'emportent sur toute autre considération.

La SNCF s’inquiète du décalage horaire et demande à s’aligner sur l’heure allemande.

Après plusieurs négociations, un décret est pris le 16 février 1941 : la France passe à l'heure allemande, à l'heure d'Europe centrale.

En 1941, la France change d'heure pour faire rouler les trains selon des horaires cohérents.

Après la libération, en 1945, la France revient à l'heure d'été d'Europe occidentale.

 

Impératifs économiques

En 1975, après le choc pétrolier de 1973, c’était l’heure de la chasse au gaspi et aux économies d’énergie tous azimuts. D’où l’idée du président Valéry Giscard d’Estaing, avec d’autres dirigeants européens, de coller le plus possible au rythme du soleil pour limiter la facture énergétique liée à l’éclairage artificiel, avec l’instauration, en 1976, du changement d’heure.

C’est donc pour des raisons d'économies pétrolières, que la France (et l’Europe) revient à l'heure allemande et à l'heure d'Europe centrale, dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mars 1976.

La France est de nouveau alignée sur l'heure d'Europe centrale.

 

Source : Poulle Yvonne. La France à l’heure allemande. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1999, tome 157, livraison 2. pp. 493- 502.

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9 février 2024 5 09 /02 /février /2024 17:06

Dimanche 4 février 2004, un certain Mark Zuckerberg lance The Facebook, un trombinoscope universitaire qui deviendra un phénomène planétaire.

Mark Zuckerberg, seul garçon d’une famille de quatre enfants, est issu de la classe moyenne supérieure. Son père est dentiste, sa mère psychiatre (elle arrêtera son travail pour élever ses enfants). Son père est un passionné d’informatique. ‘Zuck’(son surnom), baigné dans cette ambiance, se met à coder. Il suit des cours particuliers de codage où il est particulièrement brillant.

Il fait l'école de la Phillips Exeter Academy qui lui permet d'apprendre à travailler avec les meilleurs étudiants. Ayant le profil d’un futur ingénieur, il étudie à Harvard, où il s’ennuie dans sa chambre universitaire.

 

L’idée géniale

Pour tromper l’ennui et s’amuser, le dimanche 2 novembre 2002, ‘Zuck’, génie de l’informatique décide de lancer un réseau social : son nom, ‘Facemash’ (visage). Un site qui permet de classer les filles de l’université en fonction de leur physique. Le principe est simple :

Deux photos d’étudiantes apparaissent de manière aléatoire à l’écran avec cette phrase "Who is the hotter ?" (Qui est la plus canon ?), et l'utilisateur choisit l’un ou l’autre des deux portraits.

En quelques heures, plus de 450 étudiants se connectent, 22.000 votes sont enregistrés. Le concept fonctionne … mais il y a un gros problème.

Pour récupérer les photos de ces filles, Mark Zuckerberg est sortie de la légalité en piratant l’annuaire informatique d’Harvard.

Le conseil d’administration d’Harvard informé de ce réseau convoque Mark Zuckerberg pour ‘violation de règles de sécurité, de droits d’auteur et de vie privée’.

Persuadé qu’il va se faire virer, ses amis organisent une fête d’adieu en son honneur le 14 novembre.

 

Le destin

La bière coule à flots. Au bout d’un moment, Mark a une envie pressante.

Dans la file d’attente aux toilettes, il se met à discuter avec une étudiante d’origine vietnamienne. Avec son look ringard, il l’amuse, la fait rire quand il lui dit : "Je vais me faire virer dans 3 jours, si on doit sortir ensemble, il faut se dépêcher !"…

 

Ça technique de drague fonctionne, mais Priscilla impose ses conditions : 100 minutes par jour minimum uniquement consacrées à leur couple, et au moins une sortie nocturne par semaine. Conditions acceptées puisque le 19 mai 2012, (le lendemain de l’introduction en bourse de Facebook), Priscilla Chan, devient Mme Zuckerberg. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’actions, et trois filles aussi. Pour revenir à ce mois de novembre 2003, Mark Zuckerberg n’est finalement pas viré d’Harvard.

Son réseau social sulfureux va se transformer en annuaire d’étudiants interactif rebaptisé ‘The Facebook’, qui se traduit par "trombinoscope". Ce logo bleu et blanc, deux couleurs choisies par son créateur souffrant d’un daltonisme rare, (ce sont les seules couleurs qu’il discernent parfaitement). Son réseau deviendra un phénomène planétaire.

 

Un couple discret

Sourire modeste, Priscilla Chan partage la vie de Mark Zuckerberg depuis 12 ans. Jusqu'à la naissance de leur première fille, en décembre 2015, elle était quasiment inconnue du public.

Priscilla Chan, d’origine fille aînée d’immigrés Sino-Vietnamien a été élevée dans une banlieue de Boston, dans le Massachusetts.

"Mes parents ont énormément travaillé, ma mère jonglait entre deux emplois. Mes grands-parents ne parlaient pas anglais, alors c'était moi qui leur servais d'interprète".

La jeune femme explique qu'elle doit beaucoup à l'école. Grâce à ses enseignants elle prend conscience de son potentiel. Diplômée de son lycée, elle remporte le prix de la meilleure étudiante en 2003. Elle entre à Harvard, en biologie. Diplômé en 2007, elle étudie la médecine à l'Université de Californie pour devenir pédiatre. En 2012, elle devient interne et termine ses études trois ans plus tard.

Spontanée, la jeune femme révèle également que Mark Zuckerberg voue beaucoup d'affection à leur petit chien. "Le chien est sa deuxième priorité après Facebook. Moi ? Je passe probablement après le chien", raconte-t-elle au Today Show (émission de NBC News).

IL a beau porter quasiment tous les jours un sweat à capuche, ce fameux "hoodie" devenu iconique, Priscilla Chan vérifie qu'il en change chaque jour et qu'il ne le porte pas "pour des occasions inappropriées comme les mariages, par exemple".

 

La jeune femme de 30 ans est aujourd'hui investie dans plusieurs projets caritatifs autour de l'éducation, la santé et la science.

 C'est sous son influence que Mark Zuckerberg décide, dans une lettre ouverte, de donner 99% de ses parts Facebook (soit 45 milliards de dollars) à la Chan Zuckerberg Initiative.

En 2014, elle annonce avec son mari qu’ils vont faire un don de 120 milliards d'euros à des écoles publiques de la région de San Francisco.

Le couple a également versé 75 millions de dollars à l'hôpital de San Francisco et près d'un milliard de dollars à la fondation de la communauté de la Silicon Valley. 

 

Passionné par l'informatique, ‘Zuck’ est convaincu comme son père, que l'informatique et Internet sont bons pour l'humanité".

 

Source : RTL – « Dans la tête de Mark Zuckerberg » (J. Blot)

 

 

 

 

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1 février 2024 4 01 /02 /février /2024 00:00
l'Abbé Pierre en 1955

"Mes amis, au secours... Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée...

Chaque nuit, ils sont plus de deux mille recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant tant d'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent "

Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l'un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l'autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l'on lise sous ce titre « centre fraternel de dépannage », ces simples mots : « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t'aime »

 

La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l'hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l'âme commune de la France. Merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux « sans abri ». Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : cinq mille couvertures, trois cents grandes tentes américaines, deux cents poêles catalytiques.

Déposez-les vite à l'hôtel Rochester, 92, rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ou sur les quais de Paris.

Merci !"

 

L’Abbé Pierre se fait entendre auprès des politiques.

Depuis des semaines, l’Abbé s’efforce d’amener l’opinion à comprendre que les sans-abris ne sont ni des crapules ni des fainéants, mais simplement des hommes qui ne gagnent pas de quoi payer une chambre d’hôtel quand ils sortent de l’usine.

 

Dans la nuit du 3 au 4 janvier 1954 : Conformément à sa promesse, Léo Hamon présente à l’Assemblée l’amendement proposé par l’abbé Pierre : prélever un milliard, sur les 90 prévus pour la reconstruction, afin d’édifier des cités de première nécessité. Après 72 heures de débat, le projet est rejeté. Cette même nuit, à quelques kilomètres de l’Assemblée, un bébé de trois mois meurt de froid dans le car qui abrite sa famille au milieu d’un campement de fortune.

7 janvierDéterminé à frapper l’opinion, l’abbé Pierre écrit à Maurice Lemaire, le ministre de la Reconstruction et du Logement. Une lettre ouverte que Le Figaro publie le matin du 5.

« Monsieur le ministre, le petit bébé de la cité des Coquelicots, à Neuilly-Plaisance, mort de froid dans la nuit du 3 au 4 janvier, pendant le discours où vous refusiez les ‘Cités d’Urgence’, c’est à 14 heures, jeudi 7 janvier, qu’on va l’enterrez. Pensez à lui. Ce serait bien si vous veniez parmi nous à cette heure-là. On n’est pas des gens méchants…’’

 

12 janvier : Un peu avant les obsèques du petit Marc, on annonce à l’abbé Pierre que le ministre a décidé d’assister à l’enterrement. À l’heure dite, Maurice Lemaire suit le cortège funèbre qui traverse le camp des Coquelicots avant de gagner le cimetière. Bouleversé par une misère qu’il n’avait pas imaginée, il accepte de suivre l’Abbé à Pontault-Combault, où les compagnons d’Emmaüs ont déjà construit une trentaine de pavillons grâce à des dons. Le ministre promet alors à l’abbé Pierre l’édification de cités d’urgence.

 

Nuit du 30 janvier : L’hiver a redoublé de violence. Tous les abris et les hospices sont pleins, même les commissariats accueillent les sans-abri la nuit, mais il reste des centaines d’hommes et de femmes qui dorment dans la rue.

L’Abbé et ses compagnons reprennent leurs tournées dans Paris pour distribuer couvertures et vivres aux “couche-dehors”. Faute de mieux, on a dressé rue de la Montagne-Sainte-Geneviève une grande tente militaire prêtée par un marchand de surplus américains. On y a disposé un peu de paille sur le sol. En moins d’une heure, une soixantaine de sans-abri y ont déjà trouvé refuge. L’Abbé a dormi parmi eux.

 

1er février : Dans la nuit du 31 janvier, une femme a été retrouvée morte, boulevard de Sébastopol. On venait de l’expulser. Au matin, un journaliste suggère à l’Abbé de lancer un appel à la solidarité à la radio. L’abbé Pierre griffonne quelques mots improvisés — « Mes amis, au secours... » — qui sont diffusés au Journal parlé de la RTF et que l’Abbé Pierre lit lui-même sur les ondes de Radio Luxembourg. Cet appel à la solidarité, appelé « l’insurrection de la bonté », a permis à l'Abbé Pierre d'émouvoir les Français. Et pas seulement puisque Charlie Chaplin viendra en personne lui remettre un chèque de deux millions de francs.

 

L’Abbé Pierre, n’était pas un inconnu sur les ondes de Radio Luxembourg (devenu RTL).

 

Deux ans avant le fameux appel, en mal d'argent pour son mouvement Emmaüs, l'entourage de l'abbé Pierre a une idée : pourquoi n'irait-il pas participer à Quitte ou double, jeu radio populaire animé par Zappy Max. Cette participation serait l'occasion de gagner des sous et de faire connaître son combat.

Réticent, l'abbé Pierre accepte finalement de participer, le 22 mars 1952, sous son vrai nom : Henri Grouès

 

Le principe du jeu est simple. Si vous répondez bien à une question, vous continuez pour gagner plus ou vous quittez en empochant vos gains acquis. L'abbé Pierre qui a été député de Meurthe-et-Moselle entre 1945 et 1951 choisi un questionnaire sur la politique intérieure française et les instances internationales. 

 

La première question, pour 250 francs, portait sur le nombre de députés à l'époque et avant la guerre. L'abbé Pierre répond correctement et décide de continuer. 

Le fondateur d'Emmaüs s'est arrêté après la question à 256.000 francs, (environ 6.000 euros aujourd'hui).

Cette somme représente 50 fois le loyer annuel de la maison Neuilly-Plaisance où il accueille les sans-abris.

Pour le panache, il a répondu correctement à la question à 512.000 francs.

A la fin du jeu, il demande le micro.  Zappy Max, lui offre 7 minutes d'antenne pour sensibiliser les auditeurs à sa cause.  

 

En 1966, dans ses mémoires, Louis Merlin, alors patron de Radio Luxembourg, a révélé que les choses avaient été arrangées. 

Le chef de la radio avait sollicité l'abbé Pierre pour faire un coup de communication afin de rendre son jeu sympathique aux yeux du public. Le jeu n’a pas été truqué. L'abbé Pierre avait choisi le thème et avait eu deux semaines pour réviser mais il ne connaissait ni les questions, ni les réponses. Après tout, ce n'est pas bien grave. 

Une grande cause est peut-être plus importante qu'un petit mensonge

 

C'était la première fois que Radio Luxembourg faisait appel à la générosité de ses auditeurs. ... "Toi qui souffres, qui que tu sois entre, dort, mange et reprend espoir. Ici, on t'aime".

 

Source: RTL, Presse

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7 décembre 2023 4 07 /12 /décembre /2023 18:03

Les Japonais attaquent Pearl Harbor

Le dimanche 7 décembre 1941, au petit matin, des nuées d'avions japonais attaquent par surprise la flotte de guerre américaine à Pearl Harbor, sur l'île d'Oahu, dans l'archipel des Hawaï. Trois heures plus tard, le gouvernement japonais transmet à son homologue américain une déclaration de guerre en bonne et due forme. 

Trois jours plus tard, c'est au tour de l'Allemagne et de l'Italie, alliées du Japon, de déclarer la guerre aux États-Unis. La guerre Européenne, déclenchée en 1939 sur la frontière germano-polonaise devient alors une guerre mondiale...

 

Retour en arrière

En septembre 1931, le Japon, dirigé par une junte militaire, envahi la Mandchourie (occupation qui durera jusqu’en août 1945, au moment où les soviétiques envahissent le pays). Poursuivant sa politique expansionniste en Chine, le Japon déclenche en 1937, la seconde guerre sino-japonaise en commettant d'effroyables atrocités comme le « viol de Nankin », (bombardement de 3 jours, faisant plus de 100.000 victimes

 

Les États-Unis, première puissance mondiale, (dix fois plus riches que le Japon), auraient pu s'en tenir à leur tradition isolationniste, instaurée le 2 décembre 1823, par James Monroe, 5ème Président des Etats-Unis. En effet James Monroe établi une doctrine (qui porte son nom), le fondement de la diplomatie étasunienne : l’Amérique aux Américains).

Mais le président Franklin Roosevelt ne ménage pas son soutien aux Britanniques en lutte contre le IIIe Reich allemand et s'inquiète tout autant de l'impérialisme japonais. 

Franklin Roosevelt (faisant fi du Congrès américain), décrète le 26 juillet 1940 un embargo sur la limaille de fer, l’acier et le pétrole destiné au Japon.

 

Craignant l'asphyxie économique, le gouvernement du général Tojo se résout donc à frapper brutalement les États-Unis dans l'espoir de les obliger à conclure un armistice rapide et de les renvoyer à la maison !

L'amiral Isoroku Yamamoto, qui commande la Flotte impériale, et qui connait les Etats-Unis, prédit l’échec : « dans l’hypothèse d’une guerre avec les Etats-Unis et la Grande Bretagne, je peux bien vous mener de victoire en victoire pendant six mois à un an, mais si la guerre se prolonge, je n’ai aucun espoir de succès ».

L'amiral Isoroku Yamamoto met donc sur pied le « plan Z » en vue d'attaquer Pearl Harbor, en plein océan Pacifique, à 5500 km des côtes japonaises.

Ses pilotes entraînés en secret et leurs avions équipés de torpilles spéciales capables de plonger dans les eaux très peu profondes de la rade américaine, sont prêt au combat.

 

Le 25 novembre, la flotte nippone composée de 32 navires, comprenant 8 pétroliers de ravitaillement, six porte-avions (sur les dix de l’armée japonaise) et 353 avions embarqués, deux cuirassiers, deux croiseurs lourds, onze contre-torpilleurs et 27 sous-marins, rassemblée dans les ports de l’archipel des Kouriles lève l’ancre vers l’est.

Le 4 décembre, la flotte nippone bifurque vers Hawaï, où l’état-major américain n’a jamais imaginé qu’une attaque pourrait venir du nord.

Malgré les informations des services de renseignement, l’amiral Husband Kimmel, qui commande l’US Navy de Pearl Harbor, maintient les permissions accordées aux soldats et aux marins.

 

La flotte japonaise se laisse guider par la musique de jazz de la radio de Honolulu, et peu ainsi s’approcher à 500 km de l’archipel sans être repérée par les radars.

L’insouciance à l’approche de ce beau dimanche hawaïen, va couter très cher à l’Amérique.

 

Le code de déclenchement de l'attaque est «Tora, Tora, Tora» (Tigre en japonais).

Les japonais savent que ce dimanche 7 décembre à 7h du matin, la surveillance radar est suspendue pour cause de ce jour chômé. A 7h 40, une première vague comprenant 183 avions d'assaut neutralisent les bases aériennes en détruisant les avions au sol. Puis, volant entre dix et quarante mètres au-dessus des vagues ils piquent vers les navires rangés dans la rade (90 au total !).

Dans les tours de contrôles, on croit que c’est un exercice d’entrainement, l’officier qui donne l’alerte est renvoyé ‘au fond des filets !!’

Dans la base navale, la plupart des officiers sont à terre et ne comprennent pas ce qui se passe jusqu’à ce que circule message : ‘Raid aérien sur Pearl Harbor… Ce n’es pas un exercice !!

A 9h 45, une deuxième et dernière vague de 137 avions frappe la base, amis les américains s’étant remis de leur surprise, les japonais sont accueillis par un feu fourni de la DCA.

En deux heures, les Japonais détruisent ou endommagent huit cuirassés ainsi que 3 croiseurs, 3 destroyers et 4 navires auxiliaires.188 avions sont aussi détruits.

2403 marins américains sont tués, plus d’un millier sont blessés. Du côté des assaillants, les pertes sont évaluées à 55 tués et 29 avions détruits.

 

Mais la flotte américaine est loin d'être détruite. Ainsi que l'avait prédit l'amiral Yamamoto, l'Amérique, elle va reconstituer ses forces et reprendre l'initiative en six mois... 

Dès le lendemain de l’attaque de Pearl Harbor, devant le Congrès, le Président Roosevelt, déclare la guerre au Japon.

 

Sources : Historia dec. 1911- les amis d’Herodote.

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7 octobre 2023 6 07 /10 /octobre /2023 16:43

Nous sommes, en octobre 1789. Il y a bien eu en juillet la prise de la Bastille, mais le roi est toujours roi et vit à Versailles. La révolution piétine, à cause du roi qui refuse d'approuver la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de même que l'abolition des droits féodaux. Le fossé s'approfondit entre la Cour, le peuple parisien et les députés.

Le 1er octobre, à l'Opéra royal de Versailles, un banquet est offert au régiment des Flandres nouvellement arrivé. Après le souper, à l'arrivée de la famille royale, des gardes souhaitant manifester leur fidélité au roi, reprennent le refrain d'un opéra de Grétry : « Ô Richard, ô mon roi, L'univers t'abandonne ! ». À cette occasion, certains esprits forts foulent la cocarde tricolore aux pieds.

 

Le coût de la vie et la disette par manque de pain en raison de l‘insécurité qui rend difficile l’acheminement des grains, mécontente fortement les parisiens. L'apprenant, les Parisiens pauvres s'en irritent. Le dimanche 4 octobre, une foule nombreuse se réunit dans les jardins du Palais-Royal. Les femmes de Paris décident alors de passer à l’action, en particulier les marchandes des Halles. Le 5 octobre au matin, réunies sur la place de l’Hôtel de ville, elles se lancent dans une marche de six heures pour aller à Versailles interpeller le roi.

De l’hôtel de ville, s'ébranle un cortège de 7 000 ou 8 000 femmes en direction de Versailles. On crie : « À Versailles ! » ou encore « Du pain ! ».

 

Les femmes arrivent épuisées à Versailles vers 16 h et s’installent devant le château.

Une heure plus tard, une délégation va être reçu par le roi… mais tous les historiens ne sont pas d’accord sur la meneuse de la délégation. Est-ce Reine Audu, appelé ‘la reine des halles’, fruitière de son état, selon le spinalien (habitant d’Épinal), Pierre Joseph Roussel qui, après avoir été avocat dans les Vosges, monte à Paris où il sera commissaire de police et écrivain pendant la Révolution.

 

Est-ce Louison Chabry, une ouvrière de 17 ans, murmure à Louis XVI avant de s'évanouir "du pain, sire". Le roi répond : "Je vais ordonner de ramasser tout le pain qui est à Versailles et je vous le ferai donner". Avant de partir, Louison qui a retrouvé ses esprits, demande au roi la permission de lui baiser la main Louis XVI lui répond cette fois : "Vous méritez mieux que ça", et il l’embrasse sur les deux joues.

Les femmes crient alors cette phrase restée célèbre : « Nous n'aurons plus faim, nous ramenons le boulanger, la boulangère et le petit mitron ».

On se dit alors que tout va s’arranger, enfin presque…

 

La Fayette, informé des événements, arrive en fin de soirée à la tête de vingt mille hommes de la garde nationale. Présomptueux, il lance au roi : « Sire, je viens vous apporter ma tête pour sauver celle de Votre Majesté » puis rétablit un semblant d'ordre... et va se coucher. Son inaction lui vaut le surnom de « Général Morphée ».

Sur le conseil de son ministre Jacques Necker, le roi, renonce à disperser les émeutiers.

Mais le lendemain matin, un garde de la Maison du roi, pris à partie par la foule, tue un garde national. C'est l'émeute. Plusieurs gardes royaux sont tués. Les grilles du château sont forcées et la foule se rue vers les appartements de la reine. Un garde du corps a juste le temps de crier : « Sauvez la reine ! » avant d'être sauvagement tué.

 

 La Fayette, tout juste réveillé convainc Louis XVI de ratifier la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et de se rendre à Paris. A 13 heures, la famille royale abandonne définitivement Versailles pour la capitale. Sa voiture est précédée par la foule triomphante des émeutiers qui exposent au bout de piques les têtes des gardes tués le matin même.

 

Une cinquantaine de voitures de grains et de farines accompagnent cet étrange convoi. On s'exclame : « Nous ne manquerons plus de pain, nous ramenons le boulanger, la boulangère, et le petit mitron ». Le roi est accueilli dans sa capitale par un discours emphatique du maire Jean Bailly : « Quel beau jour, sire, que celui où les Parisiens vont posséder Votre Majesté et sa famille ! ».

En soirée, la famille royale s'installe tant bien que mal dans le palais des Tuileries, à l'abandon depuis trois décennies. Seuls quelques rares fidèles vont les rejoindre dans cet exil parisien.

Quelques jours plus tard, l'Assemblée constituante quitte à son tour la ville du Roi Soleil et s'installe près des Tuileries, dans la salle du Manège (en bordure de l'actuelle place de la Concorde).

 

La monarchie et l'Assemblée constituante se retrouvent prisonnières de Paris et soumises aux accès d'humeur de ses habitants. Il suffira dès lors qu'un groupe d'émeutiers envahisse la Chambre des députés pour qu'un gouvernement soit renversé.

La Révolution bascule pour de bon ainsi que l'écrira plus tard l'historien Jules Michelet : « Les hommes ont fait le 14 juillet, les femmes le 6 octobre. Les hommes ont pris la Bastille royale, et les femmes ont pris la royauté elle-même, l’ont mise aux mains de Paris, c’est-à-dire de la Révolution.

 

 

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14 juillet 2023 5 14 /07 /juillet /2023 17:58

 

L'histoire incroyable que celle de Violet Jessop, qui a survécu à trois naufrages.

 

Violet Constance Jessop naît le 2 octobre 1887 à Buenos Aires en Argentine, de parents immigrés Irlandais, William et Katherine. Ainée de neuf enfants et atteinte de tuberculose, les médecins sont pessimistes quant à sa survie mais… Violet Jessop est née sous une bonne étoile.

Au décès de son père, en 1903, la famille décide de s’installer en Angleterre. Sa mère est alors hôtesse à bord des paquebots de la Royal Mail Steam Packete Company. Violet devra abandonner ses études pour gagner sa vie, elle suivra donc le chemin de sa mère comme hôtesse sur les paquebots de la Royal Mail.

 

Au début de sa carrière, aucune compagnie ne souhaite l’employer… trop jeune, trop belle, donc trop distrayante pour l’équipage.

Elle s’engage en 1908 sur l’Orinoco, au service de la Royal Mail ; puis sur le Majestic, un bateau de la White Star Line.

En 1911, la voici embarquée sur l’Olympic, un paquebot de la même compagnie et c’est sur ce paquebot qu’elle connait son premier accident. Dans le port de Southampton, l’Olympic est endommagé suite à une collision importante avec le Hawke.

 

En 1912, elle s’engage sur le navire-jumeau de l’Olympic, le Titanic, qui quatre jours après son départ, le 14 avril, vers 23h40, heurte l’iceberg qui le fait sombrer. En tant qu’hôtesse, son rôle est d’aller réveiller les passagers et de les faire monter sur le pont des embarcations munis de leurs gilets de sauvetage. Alors que près de 1500 personnes trouvent la mort, embarquée dans le canot 16, huit heures plus tard, elle fait partie des rescapés recueilli par le Carpathia. 

 

Au cours de la première guerre mondiale, en novembre 1916, elle est infirmière à bord du navire-hôpital le Britannic. Celui-ci explose, (sans doute après avoir heurté une mine) et coule, en moins d’une heure. Violet raconte dans ses mémoires qu’elle s’est empressée de récupérer sa brosse à dent avant d’évacuer le Britannic, car celle-ci lui avait particulièrement manqué les jours suivants le naufrage du Titanic.

 

Jamais deux sans trois… Évacuée dans un canot, elle doit s’en échapper avant que celui-ci ne soit abimé par les hélices du Britannic, se fracture le crâne contre une quille avant d’être récupérée et sauvée dans une seconde embarcation. Violet Jossep, l’hôtesse insubmersible, survivante à trois naufrages continuera pendant des années à travailler dans l’équipage des paquebots de la White Star Line, de la Red Star Line et de la Royal Mail Line.

 

La Seconde Guerre mondiale l’oblige à travailler à terre. Elle se marie, divorce, et retourne en mer jusqu’en 1948… Retraitée, après 42 ans en mer, elle se consacre alors à la rédaction de ses mémoires avant de mourir à 84 ans d’une broncho-pneumonie. 

 

Trop jeune, trop belle et donc trop distrayante pour l’équipage, Violet raconte dans ses mémoires qu’on l’a demandé trois fois en mariage en mer… Et que la meilleure chose à faire après un naufrage est de travailler à nouveau sur un paquebot. Violet Jessop, l’insubmersible… 

 

Sources : Geneafinder.com

 

 

 

 

 

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6 juillet 2023 4 06 /07 /juillet /2023 16:12
Léon GAUTIER

 

Il y avait Lazare Ponticelli, le dernier poilu de 14-18 (décédé le 12 mars 2008), maintenant le dernier Français du débarquement, Léon Gautier, vient de nous quitter (3 juillet 2023). Ils n’ont pas fait la même guerre, mais un trait-d’union les réunissait, la fierté de la France et du devoir accompli.

 

 

Rien ne prédestinait ces deux hommes à entrer dans la légende des héros. Mais là également un point commun les unissait, le courage, et l’humilité. Tous deux encore ‘ado’, se mettent au service de la nation.

Léon Gautier, apprenti carrossier, n’a que 17 ans et ne connait pas l’expérience de la guerre, lorsqu’il aborde le béret floqué « Forces navales françaises libres » et rejoint la France libre. Le Cameroun, le Liban… Il est des premières campagnes de la France Libre.

De retour en Angleterre, il participe avec d’autres volontaires aux entrainements pour former le premier commando français, les fameux ‘bérets verts’, dont les fusiliers marins de Lorient sont aujourd’hui les héritiers. Léon, fait partie des 177 hommes du commando Keiffer, l’unique unité française à avoir débarqué le 6 juin 1944, en Normandie.

 

 

Mardi 6 juin 1944, 7h 25, à bord de la barge 523, Léon Gautier débarque en Normandie sur Sword, la plage du secteur anglais. Lord Lovat, le général commandant de la Première brigade spéciale de l’armée anglaise, avait laissé le privilège de laisser débarquer les français en premier.  Après le débarquement, notre héros participe à la Bataille de Normandie. Quelques mois plus tard, de retour en permission en Angleterre, il épouse en octobre 1944, Dorothy, une anglaise rencontrée lors de sa formation de commando. Il quitte l’armée en aout 1945 et reprend la vie civile. Angleterre, Afrique, puis retour en France en région parisienne, pour enfin s’établir à Ouistreham à quelques kilomètres de la plage de Sword Beach.

 

 

Si aujourd’hui, on connait l’histoire de l’unité Keiffer, il a fallu attendre 1984 pour reconnaitre les heures de gloire de courage de cette unité. En effet, après la démobilisation, les Keiffer, dit Léon Gautier : « on est sortis de la guerre sans un sou, on ne nous a même pas dit merci. Les gars ont dû avoir autant de courage après la guerre pour s’en sortir que pendant. ». Stéphane Simonnet, historien caennais, spécialiste de Keiffer et de ses commandos, précise, « Les Français du D-Day sont passés au travers de l’Histoire pendant vingt-ans. Le Débarquement, pour le général DE Gaulle, ce n’était une histoire française. Ce n’est que le 6 juin 1984, lors de la cérémonie du quarantième anniversaire du Débarquement et l’inauguration par François Mitterand à Ouistreham, du monument ‘La Flamme’, dédié à ces hommes du D-Day que ces vétérans apparaissent enfin sous les projecteurs.

 

 

Homme de paix, Léon Gautier a offert aux jeunes générations un moment d’intense émotion lors de la cérémonie internationale du 70ème anniversaire du Débarquement où sont apparus, main dans la main, Léon Gautier et son copain Johannes Börner, ancien parachutiste allemand fait prisonnier dans la poche de Chambois (Orne) en août 1944. Les deux ennemis de la seconde guerre mondiale vivaient à Ouistreham et étaient devenus des amis.

Léon Gautier, dernière mémoire vivante des commandos Keiffer, aurait pourtant pu n’être jamais être l’un des 177 Français du 6 juin. « Il a té embarqué sur un bateau fin 1940 et lors de la traversée de l’Atlantique, ils ont été attaqués par un sous-marin allemand. Léon Gautier en a réchappé. IL a ensuite été affecté sur le Surcouf et débarqué quelques mois après pour cause de saignement de nez. Le sous-marin a coulé juste après.

Il était aussi l’humilité incarnée, comme tous ceux qui ont fait de grandes choses et disait « Je ne suis pas un héros, le héros c’est le copain qui est mort à côté. La liberté ça coûte cher. »

Toujours plein d’humour, le 27 octobre 2022, lorsqu’il a soufflé sa centième bougie et que l’on lui demandait « Qu’est que ça fait d’avoir 100 ans il répondait avec un sourire malicieux « Je ne sais pas, c’est la première fois que ça m’arrive ».

 

Sources : presse

 

 

 

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5 juillet 2023 3 05 /07 /juillet /2023 10:11

Quelques passionnés, comme le français Rodolphe Popier, se sont transformés en Sherlock Holmes des montagnes pour débusquer les menteurs. Le plus célèbre est certainement Casare Maestri (1929-2021), qui plus de soixante ans après les faits, continue à soutenir avoir gravi en 1959, le Cerro Torre, en Patagonie, tout comme le Slovène Tomo Cessen, auteur controversé en 1990 de la première en solo de la face sud du Lhoste (avec ses 8516 m, il est l’un des 14 sommets de plus de 8000 m. Situé sur la frontière entre chine (Tibet) et le Népal).

 

Deux exemples parfaits de mensonge. Il est important de faire la distinction entre les « menteurs » de bonne et de mauvaise foi, les premiers étant les plus nombreux. « En Himalaya, le sommet est parfois difficile à localiser, la visibilité peut être mauvaise, le vent a pu déplacer une arrête neigeuse… On peut donc se tromper sans mentir, dit Rodolphe Popier, il faudrait adopter une zone de tolérance validant l’ascension si le récit est suffisamment valide. ». Cette notion de tolérance mettrait un terme à une des plus grandes polémiques de l’histoire, l’ascension de l’Annapurna par Maurice Herzog et Louis Lachenal. En effet la photo de Maurice Herzog prise par Louis Lachenal n’a pas été prise au sommet, mais leurs récits après l’expédition ont été convaincants, dit Rodolphe Popier : « Il leur a peut-être manqué trois mètres pour aller tout en haut. Ce qui n’est pas certain, mais si c’est le cas, cela ne change rien à leur exploit ».

 

C’est également le cas pour Lydia Bradey, accusé à tort d’avoir menti au sujet de son ascension de l’Everest. « Pourquoi ont-ils dit que je n’avais pas gravi l’Everest ? ».L’alpiniste néo-zélandaise, première femme à avoir réussi, en 1988 à 27 ans, l’ascension en solitaire et sans oxygène de l’Everest, avait constaté à son retour que ses compagnons rependaient sur le chemin vers les vallées du Népal la rumeur qu’elle n’avait jamais atteint le sommet. Jalousie masculine ? Peur du chef d’expédition de voir son agrément refusé à l’issue de cette ascension exécutée sans autorisation ? « Elle a surtout été victime de son caractère indépendant, répond son éditeur et traducteur pour la version française, Charlie Buffet. De plus, elle s’acclimatait beaucoup plus vite que les autres à l’altitude et réussissait là où ses compagnons échouaient ». La jeune femme avait eu la mauvaise idée de ne pas protéger du froid son appareil photographique et n’a donc rapporté aucune preuve de son arrivée au sommet. Elle attendra plusieurs années avant de voir son honneur restauré. « Aucun doute, elle a été victime d’une injustice », dira Rodolphe Popier, spécialiste des enquêtes autour des ascensions litigieuses en Himalaya.

 

 

Les exploits de l’alpiniste Suisse, Ueli Steck (1976-2017 sur les pentes du Nuptse -Népal), resterons toujours douteux. Accusé d’avoir menti sur deux ascensions prestigieuses, le Shisha Pangma en 2011 et surtout l’Annapurna en 2013, en solo en 28 heures. Ueli Steck a été dans l’incapacité de fournir des photos et les données GPS de sa montre connectée. « Il est impossible d’apporter une preuve formelle qu’il a menti, expliquera Rodolphe Popier. On doit se contenter d’une intime conviction, fondée sur un faisceau d’indices. La mienne s’est faite après son récit collant trop peu à ce que l’on connait du terrain dans ces deux sommets. En effet 18 jours après son exploit, deux alpinistes réussissent cette ascension, et rapporte n’avoir vu aucunes traces laissées par l’alpiniste suisse. Toutefois les deux hommes rapportent également que près de 60 cm de neige étaient tombés entre-temps sur le massif, rendant la présence de toutes traces quasiment impossibles. Il est donc possible qu’Ueli Steck a bien réussi cette ascension le 9 octobre 2013.

Ceci ne doit toutefois pas entacher les nombreux exploits de ‘La machine suisse’, surnom d’Ueli Steck, le spécialiste des records en solo.

 

Soures : On ne m’a pas volé l’Everest, par Lydia Bradey-Guerin/Pauben (216 pages), Montagne magasine, le Monde, etc..

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24 juin 2023 6 24 /06 /juin /2023 15:55
Louis Lachenal

Dans l’article ‘Les conquérants des cimes’, je n’ai pas parlé de Louis Lachenal, préférant lui consacrer une page afin de rendre hommage à celui que l’on surnommait Biscante. D’où vient ce surnom ? Du patois annécien « biscantin », le cidre nouveau, aigrelet, dont il remplissait sa gourde, ou pour son caractère pétillant.

 

En 1950, trois guides de la compagnie des guides de Chamonix, tous trois ‘étrangers’ : Louis Lachenal, Lionnel Terry, Gaston Rebuffat sont sélectionnés pour l’expédition française à l’Annapurna.

Qui atteint le premier le sommet de la ‘déesse des vents’ ? Lachenal ou Herzog ?

« Je savais que mes pieds gelaient, que le sommet allait me les coûter. Je ne devais pas mes pieds à la jeunesse française. Je voulais donc descendre. J’ai posé la question à Maurice de savoir ce qu’il ferait dans ce cas. Il m’a dit qu’il continuerait. Mais j’estimais que s’il continuait seul il ne reviendrait pas. C’est pour lui que je n’ai pas fait demi-tour. Cette marche au sommet n’était pas une affaire de prestige national, c’était une affaire de cordée. ». Ces lignes, ont été écrites par Louis Lachenal quelques jours avant sa mort au fond d’une crevasse de la vallée Blanche dans le massif du Mont Blanc, une fois libéré de son contrat de confidentialité imposé par les organisateurs de l’expédition en Himalaya. On est loin de la version décrite dans ‘Annapurna’, premier 8000, dicté par Maurice Herzog sur son lit d’hôpital amputé des doigts.

 

Durant près de quarante ans, de 1956 à 1996, la version officielle ne souffrira aucune contestation sur le vainqueur de l’Annapurna, Maurice Herzog. (D’autant qu’il avait pris sous sa protection l’épouse et les deux enfants de Louis Lachenal) « Herzog était chef par une décision du pouvoir et non par une suprématie alpine incontestée » … « Il avait un sens très réduit de l’organisation », écrivait également Lachenal. Ces lignes n’ont été rendues publiques qu’en 1996, lors d’une nouvelle réédition des ‘Carnets du vertige’, son autobiographie parue quelques mois après sa mort.

Michel Guérin, publicitaire reconverti dans l’édition de livres de montagne, rajoute les passages gênants dans cette nouvelle édition. La première ayant subi quelques sérieux coups de ciseaux de Maurice Herzog, qui avait confié à son frère Gérard le soin de retirer tout passage nuisant à la légende.

 

Le fils de Louis Lachenal prend conscience de la manipulation et bataille pour obtenir la restauration de la mémoire de son père. » La justice et les avocats s’en mêlent, parvenant à bloquer la commercialisation du livre. Huit ans après le décès de Maurice Herzog en 2012, une nouvelle édition de ce livre fondateur, avec les textes originaux, cette fois débarrassés des interprétations de Gérard Herzog, est rééditée.

Charlie Buffet (journaliste et écrivain, spécialiste de la montagne) avait arraché à Maurice Herzog un aveu qui avait fait date à propos de son compagnon de cordée : « Peut-être ai-je été injuste » (Libération, 24 mai 2000).

« L’idée n’est pas de relancer une polémique ancienne, mais bien de rendre justice à Louis Lachenal qui était un des plus grands alpinistes de son temps, un type gai, fiable et pas du tout la tête brûlée présentée par les Herzog ».

 

Louis Lachenal

Lionnel Terray & Louis Lachenal "Les Tigres"

Alpiniste de renom, il nait le 17 juillet 1921 à Annecy. Dès son plus jeune âge, il est attiré par l’alpinisme et fait preuve de dispositions exceptionnelles.

Entrée à la compagnie des guides de Chamonix, il rencontre Lionel Terray et Quelques mois plus tard il rencontrera (par hasard dans un train à l’arrêt) Gaston Rébuffat. Avec Lionel Terray, il formera la cordée la plus unie qui puisse se concevoir. Une cordée de légende, surnommée ‘les Tigres’. Leurs plus importantes réussites : En 1945, la face Nord et la face Est du Moine. 1946 : quatrième ascension de l’éperon nord des Droites, en huit heures, alors que le meilleur temps réalisé auparavant était de 18 heures ; l’ascension de l’éperon nord de la pointe Walker des Grandes Jorasses en 2 jours avec une variante dans le haut, due à une erreur provoquée par le brouillard. 1947 : deuxième ascension de la face nord de l’Eiger, la face nord-est du Badile. Avec d’autres camarades, Louis Lachenal réussit de belles courses comme la face nord du Triolet.

 

Son exceptionnel virtuosité s’est manifestée également par des horaires incroyablement rapides lors de ses ascension, comme l’enchainement en une seule matinée de la Dent du Caïman et de la Dent du Crocodile avec André Contamine. Après l’Annapurna, le courage dont il fait preuve pour remonter la pente est au-dessus de tout éloge.

 

Jean-Claude Lachenal, son fils écrit au sujet de son père : « Mon père, ce héros, était un homme juste, droit, franc, généreux : n’a-t-il pas réduit à néant son avenir et sa carrière en demeurant avec son compagnon jusqu’au sommet de l’Annapurna, pleinement conscient des risques qu’il prenait pour lui-même vu la progression implacable des effets du gel ? Il pensait en effet que le laisser poursuivre seul l’ascension finale le condamnait à ne plus pouvoir revenir. » (Almanach des Pays de Savoie 2010 –N° 11, p. 54), et

Lionel Terray, l’ami fidèle : « Je peux contribuer, pour une modeste part à perpétuer le souvenir de celui qui fut le compagnon merveilleux des heures les plus ardentes de ma jeunesse et dont je ne crains pas de dire qu’il fut l’un des plus remarquables alpinistes de tous les temps. Comment évoquer avec des mots son regard perçant, empreint de la plus dure franchise, mais que venait à tout instant éclairer la flamme, parfois un peu malicieuse, d’une joie rayonnante ? Comment faire revivre avec de l’encre et du papier celui qui fut la vie même, tant il débordait de dynamisme, d’enthousiasme et de passion, et aussi d’une exubérance qui allait jusqu’à friser l’excentricité ?» (Revue Jeunesse et Montagne N° 28 de septembre 1956)

 

Le 25 novembre 1955, dans une descente à ski de la Vallée Blanche, au-dessus de Chamonix. Skiant en tête à grande vitesse, il disparait dans une crevasse dissimulée par un pont de neige. Son compagnon de ski, Jean-Pierre Payot l’évite de justesse. Son corps récupéré dans la nuit, tombé à 28 m de profondeur. Sa dépouille, ramenée à Chamonix, est veillée par ses compagnons de l’Annapurna, Maurice Herzog et Gaston Rebuffat.

 

Sources : La Croix, les conquérants des cimes, litérature.
 A suivre : Mensonges et vérités en haute montagne.
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18 juin 2023 7 18 /06 /juin /2023 21:25
Publicité des briquets Flaminaire

Comme chaque année, les papas sont à l'honneur le troisième dimanche du mois de juin.

Contrairement à la fête des mères, qui trouve ses origines dans l'Antiquité, la fête des pères est plus récente.

Née au XVe siècle, cette fête rendait hommage à Saint Joseph, le père de Jésus. Dans le calendrier catholique, sa journée est célébrée le 19 mars.  En France, après la séparation de l'Église et de l'État en 1905, la tradition disparait. La fête des pères est toujours célébrée le 19 mars dans les pays fortement catholiques comme l'Italie ou le Portugal.

Passer à la trappe, elle réapparait en 1950.

 

Aux États-Unis la Fête des Pères remonte à 1910. Sonora Smart Dodd institutrice est désolé que l’on fête les mères et pas les pères. Le sien avait été héroïque. Il avait élevé seul ses six enfants. Elle se dit que les papas devaient également avoir droit à un prêche spécial un dimanche à la messe. Elle demande au pasteur de prévoir un sermon pour le 5 juin, jour de l’anniversaire de son père. Le pasteur étant débordé lui propose d’en parler 15 jours plus tard, le dimanche 15 juin. Voilà pourquoi aujourd’hui encore la Fête des Pères tombe le troisième dimanche de juin.

 

Un habile « coup de pub »

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, fini le briquet à essence, place au briquet à gaz. Le PDG de la société ‘Flaminaire’ constate que la société réalise 50 % de son chiffre d'affaires de la fin août jusqu'aux fêtes de Noël. La direction cherche un moyen pour relancer le commerce en juin, une période très creuse.

 

Le coup de poker de Flaminaire

« Puisque les mères de famille ont une journée qui leur est consacrée, pourquoi ne pas en faire autant pour les pères ? ». Ile directeur commercial demande à cent buralistes, situés dans les plus grandes villes de France, d’afficher le slogan sur leur devanture : « Nos papas nous l’ont dit, pour la fête des pères, ils désirent tous un « Flaminaire » Le succès est au rendez-vous ! La stratégie ayant rencontré un grand succès, il est décidé de réitérer l'opération l'année suivante. La fête fait des émules les années suivantes. L'imprimerie Oberthur l'inscrit sur ses calendriers.

« Au départ, l'État a grogné sur l'origine commerciale de cette fête... Puis il a fini par la reconnaître de façon officielle, dès 1952. »

En 1959, la société bretonne placarde sur une affiche publicitaire avec le coureur cycliste Louison Bobet (un breton !), affichant un large sourire, un briquet à la main.

Un slogan simple mais qui fait mouche : « Louison Bobet a déjà reçu son cadeau de fête des pères : un Flaminaire! Car dimanche prochain, 21juin, il ne sera plus là auprès de ses enfants... Il court ».

 

Une histoire française de briquets.

La création de Flaminaire remonte au début du XXe siècle. Avec l’invention en 1905 de la pierre à briquet, Janvier Quercia, orfèvre et créateur d’objet d’art, décide de commercialiser les premiers briquets à essence. Son fils, Marcel, souhaite diversifier les produits. En s’appuyant sur l’invention de l’ingénieur Henri Pingeot, il crée le premier briquet à gaz. 

L’usine Flaminaire ouvre en 1946 à Redon (Ille-et-Vilaine). En 1969, elle emploie plus de six cents personnes et fabrique un million de briquets par an. La moitié de sa production est alors destinée au marché international.

Dans les années 1970, le briquet de luxe s’efface au profit du briquet jetable. Marcel Quercia n’a pas voulu céder à cette tendance : il était orfèvre. Le groupe Bic prend le contrôle de l’usine en 1971 jusqu’en 1975.  En 1993, après une longue période de dépôts de bilan et de reprises, c’est la fermeture définitive de Flaminaire.

Sur un site voisin, l’entreprise bretonne Bic a maintenu l’activité de production de briquets à Redon. Les 450 salariés fabriquent plus de trois millions de briquets jetables chaque jour.

 

Sources : RTL-France Ouest

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