Toujours aussi ému lorsque je l’entends. Hymne de la résistance française au nazisme et à l’occupation allemande, ce chant au rythme saccadé, sourd et brutal, fête ce 30 mai, son quatre-vingtième anniversaire.
Curieuse genèse que celle du Chant des Partisans, avec Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Joseph Kessel, Maurice Druon et Anna Marly...
À Londres, pendant la Seconde Guerre mondiale les chefs de la Résistance, cherchent un indicatif musical pour une nouvelle émission de la BBC : Honneur et Patrie, destinée à délivrer les messages de la France Libre.
Emmanuel d'Astier de la Vigerie rêve d'un chant qui deviendrait la Marseillaise de la Résistance. « On ne gagne la guerre qu'avec des chansons... Il faut un chant qui ait l'air de venir des maquis », dit-il.
Il se trouve qu'une jeune guitariste Anna Marly (née à Petrograd), interprète dans les clubs de Londres une complainte en russe où il est question de lutte, de bruit sourd et de corbeau, en hommage aux résistants soviétiques.
L'écrivain-journaliste Joseph Kessel est séduit par ce chant. Dès le 14 mai 1943, il le fait plutôt siffler sur les ondes de la BBC. Avec son neveu Maurice Druon et quelques amis, Kessel reçoit la musicienne dans un hôtel de la banlieue de Londres. Au terme d'une nuit blanche, le 30 mai 1943, le petit groupe livre un texte sur un cahier d'écolier : Les Partisans : chant de la Libération.
La chanson est aussitôt interprétée à la BBC par la chanteuse Germaine Sablon, compagne de Joseph Kessel.
Le texte, parachuté par les aviateurs britanniques, va devenir le Chant des Partisans, l'hymne officiel de la Résistance française à l'occupation allemande
(Source : Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) – Les amis d’Hérodote.
PS : Parmi tous les romans de Joseph Kessel, il faut lire ‘les mains du miracle’. Histoire vraie et très peu connue. felix Kersten, homme lambda, père de famille sans histoire, pris tous les risque depuis le cœur du nazisme pour sauver des milliers de juifs, en soignant Himmler, le Reichsfüreur, mais tout puissant qu’il était cachait une faiblesse extrêmement handicapante…
Ami entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines.
Ami entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu'on enchaîne,
Ohé partisans
Ouvriers et paysans
C'est l'alarme !
Ce soir l'ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes.
Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades.
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé ! les tueurs
À la balle et au couteau
Tuez vite !
Ohé ! saboteur
Attention à ton fardeau.
Dynamite.
C'est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères.
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays
Où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous vois-tu
Nous on marche et nous on tue
Nous on crève.
Ici, chacun sait
Ce qu'il veut, ce qu'il fait
Quand il passe
Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l'ombre
À ta place.
Demain du sang noir
Sèchera au grand soleil
Sur les routes.
Sifflez compagnons,
Dans la nuit, la liberté
Nous écoute.
Ami, entends-tu
Les cris sourds du pays qu'on
Enchaîne !
Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux sur nos Plaines !
Il y a 70 ans, dans le massif de l’Himalaya, le sommet Sagarmatha pour les épalais, Chomolangma, pour les Sherpas tibétains, le mont Everest est conquis pour la première fois, le 29 mai à 11h 30.
Tout commence en 1852, lorsque l'Occident découvre la plus haute montagne de la Terre. Une équipe de géomètres mesure un ensemble de montagnes situées au Népal. À côté du sommet VIII, qui deviendra le Kangchenjunga, figure sur leurs cartes un sommet XV. À près de 200 kilomètres de distance, les géomètres calculent sa taille : 8840 mètres. Sir Waugh, directeur de l'institut de la Great Trigonometrical Survey of India, le renomme du nom de son prédécesseur, George Everest, qui avait mis au point la méthode de calcul.
Pendant tout XIXe siècle aucune tentative d’expédition de l'Everest n’est réalisée. La région est encore peu connue, éloignée.
Ce n'est que fin 1920, après plusieurs semaines de négociations, que le Tibet ouvre ses portes à une expédition britannique. Ne pouvant passer par le Népal, fermé, l'équipedirigée par Howard-Bury (qui avait voyagé clandestinement au Tibet en 1905), explore le glacier de Rongbuk. Ils atteignent l'altitude de 7 500 mètres mais épuisés, frigorifiés, en proie à des gelures, les alpinistes font demi-tour.
Entre 1920 et 1953, plus de dix tentatives infructueuses.
1924, une expédition de huit alpinistes dont Norton, Mallory et Irvine. Norton atteint seul et sans oxygène 8 573 m, en passant par la face nord à l'aplomb d'un couloir qui mène au sommet. Ce couloir portera son nom.
Le 7 juin, Mallory et Irvine mènent une nouvelle tentative. Ils partent avec de l'oxygène pour le camp VI à 8 170 mètres. Le 8 juin à 13 heures, Odell, un des membres de l'expédition, aperçoit deux points sur la pente neigeuse menant au dernier ressaut avant la base de la pyramide finale. La tempête survient, et les deux alpinistes disparaissent, sans que nul ne sache s'ils ont atteint le sommet.
Onze ans plus tard, en 1935, une quatrième expédition, dirigée par Eric Shipton, connaîtra aussi l'échec, elle ne parviendra pas à dépasser le record de Norton. Son mérite, sera de former Tenzing Norgay, un sherpa qui participe à sa première ascension. Deux autres tentatives sont menées en 1936 et 1938, sans résultat.
La guerre terminée, le Népal, désormais ouvert l'assaut sur le Sagarmatha peut reprendre, mais pas par le Tibet qui est inaccessible.
En 1950, épaulé par deux sherpas, dont Tenzing Norgay, le Canadien, Earl Denman, mène une tentative solitaire. Un an plus tard, Eric Shipton et Edmund Hillary échouent à leur tour.
C'est en 1952 que la montagne voit de très près ses vainqueurs : le Suisse Raymond Lambert et Tenzing Norgay parviennent à 8 600 mètres par l'arête sud-est. Le mauvais temps et des appareils à oxygène déficients les font renoncer, mais ils ont ouvert la voie.
29 mai 1953, les 248 mètres restants sont gravis par Tenzing Norgay et Edmund Hillary. Il s'agissait du dernier créneau possible pour les britanniques, puisque 1954 était dévolu aux Français et 1955 aux Suisses.
32 ans se seront donc écoulés entre le premier assaut et la victoire finale sur l'Everest. Depuis 70 ans, grands alpinistes, rêveurs et ambitieux ont pris le relai, pour avoir, eux aussi, leur part d'éternité sur la déesse des vents.
Après une édition 2021 annulée pour cause de Covid, la « Petite mer » est de nouveau en fête du 15 au 21 mai.
Pour cette douzième édition, près de 1400 bateaux sont attendus dans les eaux morbihannaise. Les festivités ont commencé aujourd’hui à 14h 30 par le départ à Port-Navalo de la parade d’ouverture. Spectacle magnifique depuis Kerner. Bateaux de légende, voiliers, 2 et 3 mats, goélettes, etc… Des embarcations souvent mythiques qui font rêver aussi bien les marins les plus aguerris que les béotiens. Larguons les voiles
Le FRANÇAIS
Le Français
Le Français est un des derniers grands voiliers en bois. Anglais une grande partie de son existence, le Français était … Danois. Construit en 1948 au Danemark, le ‘Kaskelot’ (Cahalot) a commencé sa carrière comme ravitailleur au Groenland. Le bateau n’a que deux mats. En 1981, son propriétaire d’alors le transforme en trois mâts pour les besoins du cinéma jusqu’au début des années 2010. En 2018 il est rattaché au port de Saint-Malo. Rebaptisé ‘le Français’ en souvenir du bateau du commandant Charcot. Le Français a déjà participé à la Semaine du Golfe, en 2019, et en 2015 et 2017, sous pavillon anglais avec ‘Kaskelot’ inscrit sur sa coque.
l'HYDROGRAAF
l'Hydrograaf
40 m de long, 6,70 m de large avec sa coque noire et jaune, on le reconnait de suite. Construit dans les années 1910 à Rotterdam, ce navire équipé de deux moteurs et de deux hélices a eu 1001 vies. Il commence sa vie comme par une mission de cartographie des fonds marins, y compris pendant la Grande Guerre, Les Pays-Bas étant neutres. Pendant la seconde Guerre mondiale, le navire s’enfuit en Angleterre où il est réquisitionné pour intégrer le service de déminage de la Royale navy. A la libération, l’Hydrograaf reprend son service aux Pays-Bas. La reine Wilhelmina, le prince consort et la princesse Juliana l’empruntent pour des sorties de plaisance. La famille couronnée l’utilise également comme vaisseau royal lors des visites officielles aux iles zélandaises. Selon la légende c’est à son bord que St Nicolas apporte les cadeaux de noël aux petits néerlandais. Avant noël, les enfants peuvent le visiter pour voir la salles des emballages, la chambre à coucher et le bureau de saint Nicolas !
Le MARITÉ
Le Marité
Avec ses 45 m de coque, c’est le plus grand voilier en bois du patrimoine maritime français. Ce magnifique trois-mâts goélette mis à l’eau le 24 juin 1923 pêcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve. A l’origine il devait s’appeler Marie-Thérèse, prénom de la plus jeune fille de l’armateur. Un autre bateau portant déjà ce nom, le diminutif Marité sera retenu. Fait rarissime pour un bateau, ce nom suivra le navire toute sa vie, malgré les changements successifs de propriétaires.
Le MORGENSTER
Le Morgenster
Brick néerlandais construit en 1919, le Morgenster sillonne toujours les eaux du Nord de l’Europe comme navire-école. Conçu pour la pêche, le navire était un dériveur de hareng jusqu’en 1970. Il poursuit sa carrière, toujours dans la pêche… mais sportive jusqu’en 1979 date de sa revente. Ancrée au large des côtes, il devient un studio de radio pirate. En 1993, il est racheté et devient un navire-école. En 2006, il subit une grande rénovation de la coque. Lancé le 2 juin 2008, le navire-école accueil 36 stagiaires.
Le SHTANDART
Le Shtandart
Avide de gloire, le star Pierre 1er Le Grand, il fonde Saint-Pétersbourg, ville ouverte sur la mer Baltique. Les conflits étant nombreux, le tsar commande les premiers qui constitueront la flotte de la Baltique. La première frégate Shtandart, dont le tsar a ordonné les moindres détails est achevé en 1703. Pierre 1er Le Grand a un attachement particulier pur ce bateau, et souhaite que le navire-amiral soit à jamais conservé en souvenir du savoir-faire maritime russe. Désarmé en 1711, puis transformé en bateau musée impérial, le navire, mal conservé est détruit en 1727. Aujourd’hui, sa réplique navigue grâce à un groupe de passionnés.
Sans oublier le plus ancien voilier français en état de naviguer : Le Black Joke. Le centenaire : Enchantement IV et les Sinagots (§ Sinagot du 9/8/2020)
Le 1er mai, symbole de la lutte ouvrière, dans le monde entier. A Paris et dans le reste de la France, les manifestants agitent les drapeaux syndicaux. Cette année, tous les syndicats (légalisés qu'en 1884 par la loi Waldeck-Rousseau), défileront dans un même cortège, pour cette fête annuelle du travail.
En France, l’origine de cette manifestation remonte en 1887. Le 1er mai 1891, pour la deuxième fois, les organisations ouvrières du monde entier se préparent à agir par différents moyens dont la grève pour l’obtention de la journée de 8 heures, conformément aux directives de l’Internationale ouvrière.
A cette époque dans les usines austères et insalubres, le travail dure 12 h/jour, parfois 15, six jours sur sept. Les salaires des ouvriers du textile sont particulièrement bas.
Lors du 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, malgré le que droit de grève est reconnu par la loi Ollivier du 25 mai 1864, dix manifestants sont tués lors de cette manifestation. Ce drame conduit le Parlement à voter la journée de huit heures. C’est seulement en 1919, que le 1er mai sera déclaré jour chômé. Ce jour "fête du travail et de la concorde" deviendra férié et payé en 1941 sur décision de Philippe Pétain (il voulait ainsi se mettre les ouvriers de son coté, et disons-le, flatter son égo, le 1er mai étant le jour de la Saint Philippe !).
Suprimé à la libération et, ré-introduit en 1946, le 1er mai, est définitivement proclamé "journée fériée, chômée et payée pour les salariés en 1948".
Une célébration venue d’outre atlantique.
En fait, la date du 1er mai n’est pas anodine, malgré que ce jour-là, on rend hommage au 3 mai 1886.En Amérique, on l’appelle le « moving day », historiquement, c’est ce jour-là que la nouvelle année comptable débutait pour les entreprises, qui en profitaient pour renouveler ou pas les contrats de travail de certains de leurs ouvriers. À l’appel des syndicats, 340.000 ouvriers manifestent à travers tout le pays pour l’instauration de la journée de travail de 8 heures.
Certains ouvriers décident de prolonger le mouvement jusqu'au 3 mai. C’est le cas de ceux des usines de matériel agricole McCormick à Chicago, qui décident d’aller chasser les "jaunes" embauchés pour faire le boulot à leur place, suite au non renouvellement de leur contrat de travail. Accueillis par la police, ça dégénère : deux ouvriers sont tués. Le lendemain, un meeting de protestation est organisé, et là ce sont huit policiers qui sont tués par une bombe lancée par des syndicalistes anarchistes.
Tout étant parti de ce 1er mai 1886, cette journée devient le symbole dans le monde entier de la lutte ouvrière. D’autant plus que ces terribles événements ont permis aux ouvriers américains d’obtenir, mais à quel prix, la journée de travail de 8h. Voilà pourquoi, en France, lorsque les ouvriers souhaitent obtenir la même chose, ils décident de manifester le 1er mai.
On peut considérer que la fête du 1er mai est un ‘shift day’ (décalage de jour) de la célébration du 3 mai de Chicago.
Le ‘concert de casseroles’, est devenu la musique accompagnant les déplacements des membres du gouvernement.
Pourquoi ce type de concert?
Les premiers concerts de casseroles remontent au Moyen-Âge, vers le 14e siècle. À cette l’époque, on appelait cela un "charivari", du latin "caribaria", qui signifie "mal de tête". Ce que provoque un concert de casseroles.
Cette protestation sonore servait à manifester son désaccord à l’occasion d’un mariage. Par exemple, lorsque l'on estimait qu’il y avait un trop grand écart d'âge entre les deux époux… Ou pour exprimer que l'on était choqué par un remariage un rapide d’un veuf ou d’une veuve. Dans ce cas, le bruit des ustensiles représentait symboliquement la voix du mort qui désapprouvait cette nouvelle union.
Ces concerts pouvaient durer plusieurs jours, jusqu’à ce que les cibles du charivari se rachètent en payant une rançon. Souvent un coup à boire, mais cela pouvait aussi être une petite somme d’argent.
Au 19e siècle, les Républicains opposés au roi Louis-Philippe, se firent entendre sans succès par un concert de casseroles. Mais il arrive que cela fonctionne… En Islande
Les Islandais et la "révolution des casseroles"
En 2008, à la suite de la faillite de la banque Lehmann Brothers, par effet domino, les trois plus grosses banques islandaises s’écroulent. Les Islandais, qui avaient le niveau de vie le plus élevé du monde, se retrouvent d’un coup avec une inflation à 18% et une monnaie qui perd la moitié de sa valeur. L’île est placée sous perfusion du FMI, et le premier ministre montré du doigt.
La population prise à la gorge a l’impression d’être le dindon de cette farce, et se révolte.
"La révolution des casseroles".
Tous les samedis à partir d’octobre 2008, les Islandais se rassemblent devant le Parlement à Reykjavik et commencent à jouer de la casserole. On a nommé cela "la révolution des casseroles". De 2000, ils passent vite à 20.000, ce qui est énorme pour un pays de 334.000 habitants. Sous pression, le 26 janvier 2009, le premier ministre Geir Haarde démissionne.
Que ce soit dans une casserole ou une poêle, il n'y a pas que des pommes de terre que l'on peut faire sauter…. Il y a aussi un gouvernement. "Slaemar frettir fyrir Emmanuel Macron" : en islandais, cela veut dire "mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron" !
Le 19 avril 1943, les derniers Juifs du ghetto de Varsovie se soulèvent contre leurs oppresseurs.
En novembre 1940, quelques mois après l'invasion allemande, les Juifs de la capitale polonaise et des environs, sont regroupés dans un quartier transformé en ghetto.
Dans ce ghetto de 300 hectares, sont parqués environ 500 000 juifs, (150 000 habitant/km2), quatre fois la densité d’une ville normale. Isolé du reste de la ville par des barrières, des murs et des façades aveugles, le ghetto est coupé en deux par une artère, (les Juifs passent d'un côté à l'autre par une passerelle).
Les habitants reçoivent de leurs geôliers une ration quotidienne de 184 calories (pain noir, légumes défraîchis, viandes avariées…). Cette ration quotidienne est dix fois inférieure au minimum permettant de se maintenir en bonne santé.
Pour survivre, les Juifs, vont devoir chercher d'autres sources d'approvisionnement par des petits boulots, des trafics illicites ou le marché noir.
La surpopulation, le manque d'hygiène, de nourriture, de médicaments, les épidémies, le froid et la chaleur, les humiliations et les brutalités de tous ordres ont raison d'un grand nombre d'habitants du ghetto.
Sans espoir de survie, encore moins de victoire, ils vont tenir tête héroïquement aux soldats et SS allemands.
Comme tous les ghettos, celui de Varsovie est administré par un conseil juif (« Judenraat »). C’est Adam Czerniakow (ingénieur), qui a été désigné par la mairie pour le présider.
Le 22 juillet 1942, les Allemands lui demandent une liste d'enfants en vue de les transférer vers l'Est, dans des camps de travail (c'est le motif officiel). Homme d'honneur, ne supportant pas de participer à cette ignominie, il se suicide.
C'est donc sans Czerniakow que les Allemands commencent la « Grande déportation »... Jour après jour, 5 000 à 6 000 personnes partent en train vers Treblinka.
Le 12 septembre 1942, lorsque cette première déportation s'achève, il ne reste que 60 000 survivants dans le ghetto.
La révolte
Le 18 janvier 1943, au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, pendant que la Wehrmacht est prise au piège à Stalingrad, les Allemands entament une deuxième déportation : « Aktion ». Les ultimes survivants du ghetto de Varsovie n'ont plus de doute sur le sort qui les attend... Une centaine de jeunes organisent la résistance. Ils s'enfuient, se cachent et ripostent aux tentatives allemandes tant bien que mal, avec les quelques armes dont ils disposent.
Lorsque le 19 avril 1943, les 850 soldats allemands pénètrent en force dans le ghetto pour liquider celui-ci, les résistants juifs (3 000 environ), regroupés principalement dans l'Organisation des Combattants Juifs, commandée par le jeune Mordechai Anilewicz, et dans l'Union Juive Armée de Pawel Frenkiel, les attendent de pied ferme, barricadés dans leurs bunkers et leurs caves.
C'est le premier soulèvement d'une ville dans l'Europe nazie et une manifestation éclatante de la capacité de résistance des Juifs.
Le général SS Jürgen Stroop, qui dirige l'opération, surpris par la rébellion, fait venir 2 000 hommes et des chars en renfort.
6 000 Juifs trouvent la mort dans les combats ou se suicident (Mordechai Alinewicz, le 8 mai 1943), 7 000 sont fusillés sur place. Les autres sont déportés. Une poignée vont échapper à la mort en s'enfuyant par les égouts. Le ghetto est rasé sitôt l'insurrection écrasée.
Des héros ordinaires
Parmi ceux qui ont réussi à s’échapper, Marek Edelman. Marek rejoint la résistance non-communiste et reste en Pologne après la chute du nazisme, poursuivant la lutte contre toutes les oppressions. Il décède à 90 ans, couvert d'honneurs le 2 octobre 2009.
Le chef du soulèvement, Mordechai Anielewicz, est un jeune Juif ordinaire, (fils d'une poissonnière), a comme les autres insurgés, aucune formation ni aptitude pour l'action militaire. Rien, dans son enfance, ne laisse entrevoir de prédispositions à l'héroïsme, sinon la conscience du bien et du mal, du devoir et de la lâcheté.
Le 23 avril 1943, il écrit dans une dernière lettre : « Les Allemands ont fui par deux fois du ghetto. L'une de nos compagnies a résisté 40 minutes et une autre s'est battue pendant plus de six heures... Nos pertes en vies humaines sont faibles et ceci est également une réussite...
Grâce à notre radio, nous avons entendu une merveilleuse émission relatant notre lutte. Le fait que l'on parle de nous hors du ghetto nous donne du courage.
Soyez en paix, mes amis de l'extérieur ! Peut-être serons-nous témoins d'un miracle et nous reverrons-nous un jour. J'en doute ! J'en doute fort ! Le rêve de ma vie s'est réalisé. L'auto-défense du ghetto est une réalité. La résistance juive armée et la vengeance se matérialisent. Je suis témoin du merveilleux combat des héros juifs... » (source : Yad Vashem, Jérusalem)
Cette tragédie va devenir pour les Juifs et les adversaires du nazisme le symbole de l'esprit de résistance et du renouveau.
Dans un émouvant geste de contrition, le 7 décembre 1970, le chancelier allemand Willy Brandt s'agenouilla devant le Mémorial du résistant juif du ghetto de Varsovie.
Origine des ghettos
Au Moyen Âge les ghettos du sont nés du souci des juifs de se regrouper pour mieux résister aux exactions et aux pogroms (émeute populaire violente, dirigée contre les habitants de confession juive). Pogrom, expression russe signifiant « destruction totale » ou « saccage » (on écrit aussi pogrome).
C'est au Maroc, à Fès, en 1438, que fut établi le premier « mellah » (quartier réservé aux juifs). Le souverain voulait que les juifs de sa capitale s’établissent dans ce quartier pour les soustraire aux violences que leur faisaient subir les musulmans
C’est pour les mêmes raisons, que fut établi en 1516, à Venise le premier quartier réservé du monde chrétien.
Situé sur un terrain proche d'une fonderie, où étaient jetés les déchets de celle-ci, ce quartier pris le nom de ghetto (du vieil italien « ghettare », jeter). Le mot allait connaître hélas une triste renommée.
Les nazis prirent le même prétexte pour créer les ghettos, quitte à susciter eux-mêmes des pogroms… Un premier pas vers l'élimination des Juifs.
Le retour des ghettos en 1939
Lorsque les Allemands en 1939, occupent l'ouest de la Pologne, ils rencontrent sur place des communautés juives très importantes, (en moyenne dix pour cent de la population). Concentrées dans les villes, elles ont développé une culture originale. Varsovie, compte 380 000 juifs sur 1 300 000 habitants.
La majorité des trois millions de juifs polonais d'avant-guerre parlent et écrivent le yiddish, une langue qui mêle l'allemand et l'hébreu. Ils font du commerce, publient des livres et composent des chansons dans cette langue. Ils éduquent aussi leurs enfants en yiddish, le polonais, le russe et l'allemand étant réservés à l'enseignement supérieur.
En Pologne comme en Tchécoslovaquie et dans tous les autres pays d'Europe centrale et orientale que viendront à occuper les nazis, les Juifs sont progressivement regroupés dans des ghettos.
Sources : bibliothèque perso, articles traitant du sujet.
Le 13 avril 1943, la radio allemande annonce la découverte d'un charnier dans la forêt de Katyn, près de Smolensk, entre Pologne et Biélorussie. Il s'agirait des restes de 4 143 officiers polonais exécutés par les Soviétiques lorsque ceux-ci s'étaient emparés en 1939-1940 de la partie orientale du pays, conformément au pacte germano-soviétique.
Pendant plusieurs décennies, les communistes rejettent le crime sur les nazis.
Une révélation embarrassante
Après leur entrée en guerre contre l'URSS en 1941, les Allemands découvrent dans la forêt de Katyn les dépouilles de centaines de jeunes officiers polonais en uniforme, assassinés d'une balle dans la nuque et jetés dans des fosses communes.
Le régime hitlérien, venant de subir une cuisante défaite à Stalingrad, décide de porter cette découverte sur la place publique dans l'espoir de dissocier les Soviétiques de leurs alliés anglo-saxons.
L'URSS nie l'accusation du crime mais le gouvernement polonais en exil à Londres, demande dès le lendemain une enquête de la Croix-Rouge internationale. Staline, rompt immédiatement les relations diplomatiques avec le général Wladislaw Sikorski, le 23 avril.
Churchill, ayant besoin de Staline pour combattre Hitler, s’en 'émeut au sein de l'alliance et afin d'affaiblir le gouvernement polonais en exil à Londres, Staline crée le 31 décembre 1943 un Comité de Libération Nationale composé de communistes polonais (il sera plus tard appelé « Comité de Lublin »).
Comité accepte sans broncher la version soviétique selon laquelle les massacres de Katyn seraient le fait des nazis.
Un crime circonspect
Dès mai 1943, une commission de la Croix-Rouge mène une enquête sur place avec l'aide des Allemands. La conclusion est irréfutable : les massacres ont bien été commis en avril et mai 1940, au moment où les Soviétiques occupaient la région. Par souci de ne pas alimenter la propagande nazie, la Croix-Rouge garde secret le rapport.
Il apparaîtra plus tard que, dès mars 1940, les hommes de la police politique soviétique (NKVD) avaient reçu du Politburo (le gouvernement soviétique) et de son chef Staline l'ordre d'exécuter comme « contre-révolutionnaires » les prisonniers polonais qui appartenaient à l'élite intellectuelle du pays.
Mesure motivée par la volonté de revanche sur la défaite subit par l'Armée Rouge en 1920, et surtout par la volonté de préparer la main mise soviétique sur la Pologne en éliminant d'emblée les fortes têtes susceptibles de s'y opposer !
C'est ainsi que sont exécutés à Katyn plusieurs milliers d'officiers extraits du camp de Kozielsk (des massacres similaires ont lieu dans d'autres forêts du pays...). On évalue au total à 22.000 le nombre d'officiers et de jeunes gens issus des élites intellectuelles et politiques du pays sommairement exécutés dans l'ensemble de la zone occupée par les Soviétiques.
50 ans de mensonge
Lors du procès de Nuremberg, les procureurs soviétiques tentent de faire inscrire le massacre de Katyn parmi les crimes de guerre imputables aux accusés nazis. Le tribunal se refuse à cette mascarade qui eut jeté le doute sur l'ensemble du dossier d'accusation.
Les Soviétiques et le gouvernement communiste de Varsovie (Pologne) vont tenter contre vents et marées d'effacer le souvenir de Katyn, allant jusqu'à ériger en symbole de la barbarie nazie un village homonyme, Khatyn, rasé par les Allemands.
Il faut attendre la fin de la guerre froide (12/5/1947 – 26/12/1991) pour que Mikhaïl Gorbatchev reconnaisse enfin la responsabilité des Soviétiques. Katyn s'inscrit dans la longue liste d'agressions du ‘grand frère russe’ à l'encontre de la Pologne. Ce lourd passé explique l'attachement de la Pologne post-communiste aux États-Unis et à l'OTAN, seules puissances capables de la protéger des menaces venues de l'est.
De concert avec Hitler, par le massacre délibéré des Polonais instruits, Staline, à d'une certaine manière, atteint son but : transformer le visage de la Pologne.
Avant la Seconde Guerre mondiale, la Pologne était une société relativement moderne, tirée par des élites urbaines attachées à la laïcité, qu'elles fussent juives ou catholiques. Leur massacre délibéré et leur remplacement par des nouveaux venus issus du monde rural ont fait de la Pologne, en l'espace de deux générations, une société anachronique au cœur de l'Europe, attachée à la petite propriété paysanne et à une pratique religieuse traditionnelle, sinon passéiste.
Il a fallu attendre l'avènement de Karol Wojtyla (Jean-Paul II), la chute de l'URSS et l'adhésion de Varsovie à l'Union européenne pour que change cet état de fait.
Parfois, malheureusement, le crime paie…
Sources : Les amis d’Hérodote. Lecture historique.
Cent ans, déjà quelle nous a quitté, celle dont Jean Cocteau a inventé pour elle l’expression « un monstre sacré », « la Divine » pour Victor Hugo, « Notre-Dame du théâtre » pour Sacha Guitry.
Née Rosine-Sarah Bernard en 1844… Peut-être le 25 septembre, rue de la Michodière, le 22 octobre boulevard Saint-Honoré, le 23 octobre 1844 rue de l'École-de-Médecine à Paris… enfin, on n’en est pas sûr, son acte de naissance ayant été détruit dans l'incendie de l'Hôtel de ville de Paris en 1871, avec tous les registres d'état civil.
On a tout dit sur Sarah Bernhardt : qu'elle a fait le tour du monde dans le costume de Phèdre, qu'elle dormait dans un cercueil, qu'elle collectionnait les fauves et les amants...
Sa mère, Judith-Julie Bernhardt, juive d’origine hollandaise, s’est installée avec sa sœur dans la capitale où elles deviennent « modistes », c'est-à-dire courtisanes. Surnommée ‘Youle’, elle fait tourner les têtes du Tout-Paris, si bien que l’on ne sait pas trop qui est le père de la petite Sarah, « parti en voyage en Chine » après avoir séduit sa mère. La belle ‘Youle’, seulement âgée de seize ans lorsqu’elle devient mère, met Sarah en nourrice en Bretagne, ou elle ne reçoit aucune éducation. Suivant sa « nounou » qui a déménagé à Paris, elle croise un beau jour sa tante qu'elle n'arrive pas à convaincre de l'emmener avec elle.
Refusant d'être abandonnée de nouveau, la petite se jette par la fenêtre ! Elle parvient ainsi à ses fins au prix d'un bras et une rotule brisée. Un succès chèrement payé, qui témoigne de cette incroyable force de caractère qui accompagnera Sarah toute sa vie.
Après une longue convalescence, elle est mise en pension à Auteuil pour essayer d’acquérir un soupçon de culture. Elle y découvre le théâtre, et renouvelle aussi ses excentricités en se jetant dans un bassin, le jour où sa tante vient la chercher. De nouveau, les médecins viennent à son chevet…, ils ne donnent à ‘Fleur de lait’, tellement qu’elle a le teint pâle, que peu d'années à vivre.
Elle se refait une santé, pour mieux aller terroriser les sœurs de Notre-Dame-de-Sion à Versailles où elle reste pensionnaire pendant 6 ans. Elle y est baptisée et, joue à la perfection le rôle de l'ange Gabriel pour une pièce écrite en l'honneur de l'archevêque.
Enfin assagie, elle songe même à entrer dans les ordres mais de nouveau, elle adopte un comportement suicidaire pour provoquer l'autorité des sœurs. Restée toute une nuit dans un arbre du parc, elle y attrape une pleurésie qui la renvoie dans ses foyers. Il est temps de prendre une décision : le conseil de famille, après réunion, décide d'en faire une artiste.
Verdict étrange, s’autant que Sarah n'a pas du tout le physique de l'emploi. Extrêmement maigre, dotée d'une chevelure sauvage qui lui a déjà valu le surnom de « la Négresse blonde », elle ressemblerait plutôt à « une éponge sur un manche à balai » (Alexandre Dumas) !
Le duc de Morny, demi-frère de l'empereur Napoléon III, protecteur de la famille, a compris qu'il pouvait offrir à la jeune frondeuse des opportunités de rencontres et de carrière. Elle entre donc au Conservatoire grâce à une lecture inspirée des Deux pigeons de La Fontaine. Elle se fait tacler direct par un comédien de la Comédie-Française, on n’est pas en classe ici. Drôles de débuts pour une comédienne... Mais les autres membres du jury l’encouragent à continuer. Ce n’est pas de la bienveillance, c’est la protégée du duc de Morny, c’est du piston. « Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre… ». A la fin du poème, on lui annonce qu’elle est reçue… Le duc de Morny, a dû y mettre le prix, car le résultat n'est jamais annoncé à la fin de l’audition.
Là-dessus, elle intègre rapidement la Comédie-Française, avant de la quitter tout aussi rapidement pour avoir giflé une sociétaire. Gifle qui va lui couter très cher. On est à la Comédie-Française, alors quand les sociétaires jouent un psychodrame, ils y vont à fond !
Le psychodrame.
Chaque année à la Comédie-Française, les comédiens viennent saluer en procession le buste de Molière le jour de son anniversaire. Petite sauterie sympa, où Régina, la petite sœur de Sarah l’accompagne. Les deux sœurs avancent main dans la main pendant la procession. Devant elles marche madame Nathalie, une vieille sociétaire. Régina marche accidentellement sur la traîne de la robe de madame Nathalie. La vieille actrice se retourne et envoie valdinguer la gamine, qui se cogne contre une colonne et tombe au sol à moitié sonnée, le visage en sang. Le sang de Sarah ne fait qu’un tour… Elle gifle madame Nathalie… Et elle vient de se faire une ennemie mortelle, d’autant plus qu’elle refus de s’excuser.
Quelques jours plus tard, Sarah obtient le rôle de Dolorès dans la pièce éponyme de Bouilhet. Son premier grand rôle. Mais en sortant de répétition, elle tombe nez à nez avec madame Nathalie dans les coulisses du théâtre. La vieille actrice la dévisage avec malveillance avant de triompher : « Mademoiselle, je vous pardonne car je me suis vengée : ce rôle qui vous plait tant, vous ne le garderez pas ! ». Quelques heures plus tard, le directeur du théâtre envoie un mot à Sarah pour lui faire part du changement de distribution sous prétexte qu’elle trop jeune pour tenir un premier rôle ! De rage elle claque la porte de la Comédie-Française.
C'est l'occasion d'aller prendre un peu l'air du côté de la Belgique ! L'expérience n'est pas concluante : elle en revient quelques mois plus tard, enceinte du prince Henri Joseph de Ligne (excusez du peu !), et est aussitôt être mise à la porte par sa mère.
Après la naissance de Maurice, « l'homme de sa vie », qui deviendra un auteur de théâtre, elle tâte de la carrière de courtisane. Et avec quel succès ! En bonne comédienne, elle se forge une image de femme fatale, manipulant à loisir les hommes qui forment sa « ménagerie ».
En 1865, à vingt ans, celle qui a définitivement adopté l'orthographe « Bernhardt » pour son nom est enfin recommandée au directeur du théâtre de l'Odéon, avec ordre de « se montrer plus docile ». C'est efficace : elle s'installe pour sept ans dans les meubles, y peaufinant sa connaissance du répertoire classique.
Elle côtoie George Sand et Alexandre Dumas, qui lui confie le premier rôle féminin de Kean (1868), tandis que Nadar tire son plus célèbre portrait.
En 1880, elle part aux Etats-Unis, accueillie à New-York par la Marseillaise. Elle donnera 27 représentations, mais là, il va y avoir un petit choc des cultures …
Alors que Sarah monte en scène et commence à déclamer, le public se met à siffler et à tirer en l’air. Outrée, la star quitte la scène. Son producteur la rattrape et lui explique qu’aux States, lorsque le public est content, il siffle et tire, comme au saloon.
Tous admirent son timbre étonnant et un art de la pose unique. Elle sait surtout vivre totalement ses rôles :
A soixante-cinq ans, elle interprète Jeanne d’Arc, et lorsque l’un des acteurs campant un juge lors de son procès lui demande son âge, elle répond avec conviction : « Dix-sept ans ! Le public se lève et applaudit Sarah Bernhard, elle est la divine. Hélas, un mal terrible la ronge…
En 1914, à soixante-dix ans, elle reçoit la Légion d’honneur pour avoir diffusé la langue française partout dans le monde.
Au début de la première guerre mondiale, elle se retire dans le bassin d’Arcachon pour se reposer, une tuberculose osseuse lui dévore le genou droit. La gangrène s’installe et en 1915, elle accepte d’être amputée. Remise de son opération, elle se voit proposer une prothèse en bois. Toujours rebelle, après avoir fait trois pas avec sa jambe de pirate, elle envoie promener sa prothèse… je cite « Vous avez déjà vue une star avec une jambe de bois ? ». Si elle ne peut plus marcher, elle aura une chaise à porteur. La Voix d’or à un nouveau surnom :la mère la chaise !
C’est la guerre et sur le front, dans les tranchées, il y des soldats ‘crèvent’. Étant trop âgée pour être infirmière, la grande Sarah Bernhard, en 1916, part à l’arrière des lignes de front pour jouer son répertoire (en restant assise), pour remonter le moral des troupes.
A presque quatre-vingt ans, elle emportée le 26 mars 1923 par une maladie rénale. Officiellement, la grande Sarah, n’aura pas d’obsèques nationales, comme Victor Hugo. Déjà c’est une femme et en plus à cette époque, toute actrice est aussi considérée comme une cocotte. Sur le chemin du cimetière du Père Lachaise, la foule se presse pour un dernier hommage à la divine. Dans son cercueil en bois de rose, elle repose dans le caveau de la section 44 du Père Lachaise.
« Elle a trouvé des cris qui nous ont remué jusqu'à l'âme parce qu'ils partaient du fond et du tréfonds de la sienne » (Auguste Vitu). Ainsi n'était-elle jamais aussi spectaculaire que dans les scènes d'agonie ! (...).
Ses excentricités font souvent oublier ce qu’ell à fait pour la France. C’était une véritable heroïne, c’était un monument, c’était Notre-Dame du Théâtre !
Sources : Entrez dans l’histoire (Lorant Deutsch) – Les amis d’hérodote
Alors que les éboueurs poursuivent leur grève dans toute la France, fêtons la poubelle.
Née à Paris en 1883 grâce au préfet Eugène Poubelle, ce récipient fête cette année ses 140 ans. Soucieux de la propreté de Paris, Eugène Poubelle, inspiré par les travaux de Pasteur sur l’hygiène, remet au goût du jour une idée vieille de trois cents ans et abandonnée.
A la suite d’épidémies de peste, Louis XII s’était déjà penché sur le problème des ordures ménagères.
En 1506, le roi décrète que la royauté se chargera du ramassage des ordures et de leur évacuation. En échange de la collecte des déchets ménagers le roi instaure une taxe provoquant un tollé général. Le souverain abandonne alors l’idée.
Il faut attendre 300 ans, pour qu’Eugène Poubelle remette la collecte des ordures au cours du jour en décrétant l’obligation d’avoir chez soi un récipient fermé pour déposer ses déchets.
Le père de la poubelle
En 1883, Eugène Poubelle devient le 21e Préfet de la Seine. Poste, directement administré par l’État. Ce poste équivaut dans les faits à celui de Maire de Paris. Arrivé à la tête du département en octobre, Eugène Poubelle, particulièrement préoccupé par la propreté bouleverse le quotidien des Parisiens grâce à sa mesure-phare, le ramassage des déchets.
Dès le 24 novembre 1883, il publie l’arrêté préfectoral qui fait de lui ce qu’il est aujourd’hui : le père de la poubelle ! L’arrêté oblige les propriétaires parisiens à mettre à la disposition de leurs locataires “un récipient de bois garni à l’intérieur de fer blanc” muni d’un couvercle et destiné à recevoir les ordures ménagères. Il est également prévu de procéder à un ramassage quotidien de ces récipients et à un tri sélectif : une première boîte contiendra les déchets alimentaires, une seconde sera dédiée aux chiffons et papiers. Une troisième, enfin, contiendra les débris de vaisselle, de verre, de poterie et les coquilles d’huîtres… les écolos d’aujourd’hui n’ont rien inventé !
Lors de sa mise en place au matin du mardi 15 janvier 1884, la mesure suscite une levée de bouclier. Le Préfet est accusé de vouloir récupérer le marché des “chiffonniers”, d’imposer des dépenses supplémentaires aux propriétaires et un surcroît de travail aux concierges chargés de sortir ces nouveaux récipients. Le journaliste du Figaro, Georges Grison, dans son édito du 16 janvier 1884, évoque les récipients demandés par le préfet à ses administrés parisiens sous le nom, particulièrement péjoratif à ce moment-là, de “boîtes Poubelle”.
C’est après cet article que le nom du Préfet Poubelle, entre dans le quotidien des Parisiens. Devenu un nom usuel, le mot “poubelle” intègre le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle en1890. Aujourd’hui, on aurait du mal à trouver un autre mot pour parler de nos boîtes à ordures ! Voulant un Paris plus propre et plus hygiénique, il instaurant en 1892 le tout-à-l’égout.
Eugène Poubelle
Né le 15 avril 1831 dans une famille bourgeoise installée à Caen. Après des études de droit et l’obtention d’un doctorat, il est chargé de cours au sein de plusieurs universités françaises. Professeur émérite, Eugène Poubelle ne débute sa carrière administrative qu’à l’aube de ses quarante ans, lorsqu’Adolphe Thiers, président de la République, le nomme Préfet de la Charente. Entre 1871 et 1883, il est Préfet de Charente, d’Isère, de Corse, du Doubs, des Bouches-du-Rhône et enfin de Paris.
Brièvement passé par la diplomatie, en devenant ambassadeur de France au Vatican, Eugène Poubelle termine sa carrière en tant que conseiller général de l’Aude.
C’est également lui en 1892, qui autorise les femmes à exercer la médecine en France.
Mort à son domicile parisien, le 15 juillet 1907 il est enterré au cimetière de Carcassonne.
Paris, ne l’a pas oublié, une rue porte son nom. Située dans le 16e arrondissement, elle est l’une des voies les plus petites de la capitale ne possédant qu’un seul numéro, le 2 !
Sources : Paris ZigZag, Le Figaro .. Image -Paris ZigZag
Le 9 mars 1945, les Japonais attaquent les garnisons françaises d'Indochine, portant ainsi un coup fatal à la présence coloniale de la France dans le Sud-Est asiatique.
Retour en arrière
Les Japonais en guerre contre la Chine, profitent de la défaite de la France face à Hitler pour occuper l'Indochine française. Le 25 septembre 1940, ils soumettent les troupes françaises d'Indochine mais laissent en place l'administration coloniale et le gouverneur général nommé par le gouvernement de Vichy, l'amiral Jean Decoux.
Celui-ci maintient vaille que vaille la présence française et préserve la sécurité de ses habitants, pendant que l'occupant met l'Indochine en coupe réglée et exploite le caoutchouc naturel (15% des exportations mondiales en 1939).
Les Japonais s'emparent de l'Indochine
Cinq ans plus tard, repoussés par la contre-offensive américaine, les Japonais craignent que des Français venus de la métropole ne tentent de les chasser.
C'est ainsi que le 9 mars 1945, ils attaquent avec brutalité les garnisons françaises encore présentes sur place. Attaque qui fera au moins de 2.650 morts parmi les Français, dont le général Émile Lemonnier commandant de la 13e brigade de Langson. Le général Langson refuse à deux reprises de signer une capitulation sans conditions. Il est décapité au sabre le 10 mars.
3.000 prisonniers sont prisonniers dans les camps de la mort, dont celui de Hoa-Binh. Parmi les 19.000 civils français que compte l’Indochine, 3.000 sont également internés, torturés. Les autres sont astreints à résidence forcée sous la férule de la police politique de l'armée impériale nippone (la Kempeitai).
Le 10 août 1945, Hô Chi Minh, le leader communiste-nationaliste dénonce la tutelle japonaise et proclame l'indépendance de la République démocratique du Viêtnam.
Dans le même temps, comme pour ajouter à la confusion qui règne sur le terrain, les Alliés réunis àPotsdam (Capital du Land de Brandebourg, banlieue de Berlin) projettent de couper en deux la péninsule indochinoise suivant le 16e parallèle (future frontière entre Nord- et Sud-Vietnam). Le maintien de l'ordre reviendrait au nord de cette ligne aux Chinois nationalistes de Tchang Kai-chek, le sud aux Britanniques ! Quant à la France elle se trouve évincée !
La reconquête
Voulant effacer le souvenir de la défaite de 1940 et restaurer en tous lieux la grandeur de son pays, le général Charles de Gaulle, qui dirige le gouvernement provisoire de la République française, met tout en œuvre pour restaurer la souveraineté de la France sur ses colonies d'outre-mer. Il veut aussi couper court à d'autres tentatives indépendantistes au sein de l'Empire colonial.
Le 24 mars 1945, il déclare son intention de constituer en Indochine une fédération de colonies et de protectorats qui comprendrait les trois provinces du Viêt-Nam (Tonkin, Annam et Cochinchine) ainsi que le Cambodge et le Laos.
Sous les ordres du lieutenant-colonel Jacques Massu, des soldats français s'emparent le 23 septembre de Saigon, capitale de la Cochinchine (le Viêt-Nam du sud). Opération facilitée par la capitulation officielle du Japon trois semaines plus tôt.
Quelques jours plus tard arrive un corps expéditionnaire sous les ordres du général Leclerc de Hauteclocque, héros de la Libération nommé par de Gaulle commandant en chef des troupes d'Extrême-Orient, sous les ordres de l'amiral Georges Thierry d'Argenlieu, gouverneur général d'Indochine.
Leclerc chasse Japonais et Chinois du Vietnam et du Cambodge. Il fait une entrée triomphale à Hanoï le 18 mars 1946...
Tandis que l'amiral Thierry d'Argenlieu s'accommode d'une restauration du protectorat, le général Leclerc revient en France avec la conviction qu'il est urgent de négocier et qu'il faut se résigner à la décolonisation.
Derrière le retour apparent à l'ordre ancien, tout est prêt pour une première guerre d'Indochine.