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  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 20:10

De tous les villages de l’arrondissement de Meaux qui ont subi l’invasion allemande, Varreddes est le village où l’ennemi a laissé les plus cruels souvenirs.

Début septembre 1914, l’armée franco-anglaise est en retraite depuis la frontière Belge. Depuis plusieurs jours, sur la route de Soissons, le village est traversé par des familles qui fuient le nord.

 bataille-Multien.jpg

Mardi 1er septembre :

L’artillerie française est sur les collines à gauche, celle des anglais à droite et les allemands pris entre les deux feux sont forcés de reculer et de fuir.

22h30 : La receveuse des postes reçoit l’ordre de quitter Varreddes, après avoir rendu les appareils inutilisables.

La nouvelle se répand très vite, et malgré l’heure tardive, c’est la panique dans le village. Chacun rassemble à la hâte ce qu’ils ont de plus précieux, on enterre le reste ; on lâche la basse-cour, barricade autant que faire se peut les maisons et prend la route direction le sud, jusqu’aux  frontières du Loiret.

Sur les 800 Varreddois, une centaine reste au village, dont une trentaine d’hommes

Environ  40.000  anglais qui reculent, arrivent à Varreddes, par la route de Soissons.

exode-2-copie-1.jpg 

Mercredi 2 septembre

Au dire des témoins, 40 000 de nos alliés passent ainsi dans la commune.

Dans la nuit du mercredi au jeudi 3, une partie des alliés se dirige sur Meaux, l’autre partie quitte Varreddes le jeudi matin, vers 5 heures dans la direction de Trilport.

La journée du jeudi et la nuit suivante se passent dans l’attente.

 Vendredi 4 septembre,

Vers 8 heures du matin des uhlans apparaissent, font le tour du village afin de s’assurer qu’il n’y a plus d’anglais et vers 9 heures, par la route de Barcy, le gros de l’armée allemande, (50000 hommes environ) envahit Varreddes. Ces hommes consacrent leur journée au pillage des maisons inhabitées.

 Samedi 5 septembre :

Les allemands quittent Varreddes le matin, une patrouille de cavaliers français les localise à l’ouest de Penchard.

5_septembre.jpg

varreddes-le-depart

12h 30, à Monthyon, c’est le début de la bataille, les premiers coups de canons de 77 sont tirés par les allemands sur l’artillerie française en train de se déployer.

Von Gronau donne l’ordre à ses divisions d’infanterie d’attaquer les Français et à sa D.C. de les déborder par le nord.

Les deux adversaires vont se disputer les lignes de crêtes qui suivent le cours de l’Ourcq.

                  Au sud, la brigade Marocaine refoule les Allemands mais ne parvient pas à s’emparer de la colline de Penchard.

Elle subit de grosses pertes en attaquant dans une plaine découverte, sous le feu de troupes allemandes qui occupent une position dominante, 19 officiers et 1150 hommes de troupe ont péri pour cette seule journée.

Cette brigade Marocaine composée de 4000 hommes répartis en 5 bataillons (qui comporte un certain lieutenant Juin, futur maréchal,) sera à l’issue de la bataille de la Marne, quasiment réduite à néant, seul 700 à 800 hommes seront encore valides.

  Au centre, la 55e division de réserve se lance à l’assaut des hauteurs de Monthyon en partant de la ligne Plessis-l’Evêque - Iverny – Villeroy, où le lieutenant Charles PEGUY servant dans le 276e régiment d’infanterie, est tué, d’une balle dans la tête alors qu’il refusait de se coucher sur le sol.

 Au nord, des combats se déroulent à Saint-Soupplets et les français ne parviennent pas à s’emparer de la localité.

Vers 14h, un avion français survole Varreddes et dans un virage, l’avion pique et vient s’écraser près du pont de la route de Soissons, à la Maladrerie.

Chute-avion-Varreddes.JPG

Les habitants courent vers le lieu du crash, mais cinq uhlans arrivés avant les Varreddois, les chassent.

Les malheureux aviateurs Français sont fouillés, dépouillés de leurs papiers, alors les villageois sont autorisés à relever les corps, les placer dans des cercueils pour les inhumer. 

La puissance de feu est tellement intense que les funérailles des aviateurs (le lieutenant Jean  et le sergent CAHEN), n’auront lieu que le lendemain au cimetière où ils reposent encore.

 Pendant qu’un convoi de soldats français prisonniers traverse le village, le curé FOSSIN malgré son âge, fait de son mieux pour soigner et apaiser les souffrances des soldats tant français qu’allemands qui se trouvent dans l’église transformée en ambulance.

Vers 18h, malgré leur succès, le général allemand VON GRONEAU ordonne à ses troupes de se replier sur Trocy, Etrépilly et Varreddes car il constate que les troupes françaises sont supérieures en nombre.

Vers 22h, Les allemands réinvestissent Varreddes.

 Dimanche 6 septembre : C’est l’offensive générale des armées françaises

6 septembre

A l’aube :

  La VIe armée relance l’offensive 


  Le 7e Corps d’Armée, attaque les crêtes du Multien 


  La 55e division de réserve s’empare de Monthyon 


  La brigade marocaine s’empare des collines de Penchard

 Vers Meaux, les Français s’emparent de Chambry, Barcy et Marcilly, mais les barrages d’artillerie allemande empêchent les troupes de progresser plus avant.

9h :

Le groupe de Lamaze atteint le front de Chambry - Barcy - Oissery.

En milieu de matinée :

VON LINSINGEN(2ème Corps d’Armée), engage la 3ème division sur la ligne Varreddes-Etrépilly et bloque le mouvement débordant par le nord que doit effectuer le 7ème Corps d’Armée français.

La bataille s’engage en avant  de Varreddes, elle ne se terminera que le 9.

Lundi 7

Dès 5 heures du matin, les bombardements recommencent, les obus tombent.

 Preau-Varreddes.jpg

Dans l’ambulance de l’église sont rassemblés les blessés légers où toute la journée le Père FOSSIN leur apporte soulagements et consolations.

D’autres ambulances sont établies dans Varreddes : dans la mairie, l’école, la cour et le préau sont bondés de blessés ; 44 allemands devaient y mourir et être enterrés dans le jardin. Un obus tombe sur cette dernière ambulance, tuant deux majors.

Les blessés trouvent refuge chez les habitants: 50 chez M. GUILLOUX, 60 chez Mme DUCLOS; 10 chez M. ULYSSE ; 10 chez le docteur TABARD ; l’école communale des filles est remplie de plusieurs centaines de blessés allemands qui sont soignés dans le village.

Cette bataille est tellement  violente que le Père FOSSIN curé, écrira dans ses notes : « Nous avons reçu une pluie de fer », l’église ne suffit plus pour recevoir les blessés et les morts. Le curé FOSSIN fait de son mieux pour soulager toutes ces souffrances.

Des batteries allemandes sont postées derrière le presbytère ; les canons anglais placés à Fublaines les prennent sous leur feu.

Quant aux morts, on ne peut en évaluer le nombre ; 135 seulement ont été enterrés sur la commune, les Allemands ayant dans la nuit relevés les autres.

Cette pluie de fer contraint les Allemands d’envisager la retraite. Du coup leur humeur change.

Jusque-là, ils n’avaient pas dépassé le stade d’envahisseurs brutaux ; mais leur échec les rend féroces.

Tout ce qui n’a pas encore été pillé ou saccagé l’est. Dans les maisons, toutes les victuailles sont mangées, le linge volé, les meubles détruits pour le plaisir. Tout est fouillé en vue de trouver de l’argent.

Ces soldats deviennent de vulgaires voleurs.

Un sous-officier entre dans la ferme de M. Eugène LERICHE, lui place son revolver sous le nez  et exige de l’avoine sous 10 minutes, si non il lui brûlera la cervelle. Le pauvre homme court dans le village, la solidarité fait qu’il trouve de l‘avoine.

Les habitants, qui se sont réfugiés dans les caves, en sont extraits et obligés de faire cuire des pommes de terre pour l’envahisseur.

Les batteries allemandes sont postées à la ‘Terre-qui-choit’, lieudit situé près du pont du canal, à la sortie de Varreddes direction Soissons.

D’autres canons sont en position jusqu’à Etrépilly, la grosse artillerie dans la côte du Gué-à-Tresmes ; des tranchées sont construites entre Varreddes et Etrépilly.

Pendant la lutte, la vie continue tout de même, M. Léon Leriche, cultivateur, descend dans sa cour des bottes de foin pour ses chevaux, une dizaine de soldats allemands le regardent faire lorsqu’un obus tombe au milieu du groupe, éclate, tue cinq ou six soldats et blesse légèrement le cultivateur.

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Published by Pierre
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