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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 09:52

 

Wernher Von Braun devant le moteur de la fusée Saturn V

Afin de pouvoir emmener un équipage sur la Lune, la NASA, développe la fusée Saturn. 

L'agence spatiale américaine Nasa a été fondée en 1958 pour fédérer les efforts de recherche spatiale américains. Wernher Von Braun directeur du centre de vol spatial Marshall de l'agence (HuntsvilleAlabama), prend en charge la conception de la fusée géante Saturn V.

Défi sans précédent sur le plan technique et de l'organisation : mettre au point une fusée dont la grandeur fait apparaître des problèmes jamais rencontrés, ainsi que 2 nouveaux moteurs aussi bien par leur puissance  (F1), que par leur technologie (J-2), sans compter la date fixée par le président Kennedy pour le premier alunissage.

Bref, la NASA n’a que 8 ans pour développer ce lanceur.

Pour développer, tester et lancer la fusée Saturn V, la NASA crée de nouvelles installations adaptées à la dimension du projet :

  • Le Centre de vol spatial Marshall, situé près de Huntsville dans l'Alabama. Il emploiera jusqu'à 20 000 personnes.
  • Le Centre spatial Kennedy (KSC), situé sur l'île Meritt en Floride, site d'où sont lancées les fusées du programme Apollo. Le centre effectue la qualification de la fusée assemblée, contrôle les opérations sur la fusée jusqu'à son décollage. Il employait en 1965 environ 20 000 personnes. Au cœur du centre spatial, le complexe de lancement comporte 2 aires de lancement et un immense bâtiment d'assemblage, le VAB (haut de 140 mètres), dans lequel plusieurs fusées Saturn V peuvent être préparées en parallèle. 

Jusqu'en 2011, le complexe sera utilisé pour lancer la navette spatiale américaine.

 

Caractéristiques principales de Saturn V

La fusée est composée de 3 étages (S-IC, lS-II et S-IVB) et 11 moteurs fusées.

Tuyères 1er étage Saturn V

Le 1erétage (S-IC) estconstruit par la société Boeingau centre d’assemblage Michoud, (Nouvelle-Orléans) où plus tard seront construits les réservoirs externes de la navette spatiale

Le premier étage, 40 mètres de haut, 10 mètres de diamètre pèse 2 300 tonnes, la presque totalité du poids du S-IC provient du carburant (2 000 tonnes au décollage). 

Les 5 moteurs fusées (F-1) ayant une poussée de 3 500 tonnes propulsent la fusée pendant environ les 65 premiers kilomètres de décollage, consomment 15 tonnes de carburant par seconde.

2ème étage de Saturn V

Le deuxième étage (S-II)construit par North American Aviationen Californie, utilise de l’oxygène et de l’hydrogène liquides. 

Composé de 5 moteurs-fusée J-2,  excepté le moteur central, ils sont inclinables pour naviguer dans l'espace. Ils présentent une disposition des moteurs similaires au premier étage. 

25 mètres de haut, 10 m de diamètre pour 480 900 kg, le deuxième étage fait avancer Saturn V dans les hautes couches de l’atmosphère

 

3ème étage de Saturn V

 (S-IVB), troisième étageest fabriqué par la société Douglas Aircraften Californie.

Cet étage est utilisé deux fois au cours d’une mission lunaire :

  • une première fois pour la mise en orbite après la séparation du deuxième étage, 
  • une seconde fois pour la manœuvre de l’injection dit "translunaire ". 

Le troisième étage, 17,5 m de haut, 6,5 m de diamètre pour un poids de 120 tonnes est équipé d’un   moteur-fusée J-2.

Au total Saturn V pèse 3 038 tonnes, mesure 110,6 mètres de haut. 

Son premier vol eut lieu le 9 novembre 1967et a été utilisé sans aucun échec entre 1967 (Apollo 4) et 1973 (Skylab 1).

Les misions accomplies avec Saturn V

Ecussons des missions Apollo

Missions sans équipage

  • Apollo 4 (9 novembre 1967), premier essai en vol de la fusée Saturn V. C’est un succès complet.
  • Apollo 6 (4 avril 1968) est une répétition plus complète d'Apollo 4. 
Module de service

Missions avec un équipage

  • Apollo 1(27 janvier 1967)

Mission : Vol d’essai, contrôle du vaisseau Apollo

Ce vaisseau n’a pas volé, l’équipage est décédé dans le vaisseau pendant un exercice de compte à rebours, suite à un incendie. Il est populairement appel » Apollo 1.

Equipage : Ed White – Gus Grissom – Roger Chaffe.

  • Apollo 7 (11-12 octobre 1968- 147h – 163 orbites)

Mission : Apollo 7 fut la première mission habitée du programme Apollo et la première mission à diffuser des images pour la télévision.

Equipage : Wally Schirra – Don – Eisele – Water Cunningham.

  • Apollo 8(21-27 décembre 1968). 

             La mission Apollo 8 est le second vol habité à quitter l’orbite terrestre. 

Equipage : Franck Borman – James Lovell – William Ander.

  • Apollo 9(3-13 mars 1969- 10j - 241 h). 

                  Premier essai en vol avec les équipements prévus pour une mission lunaire : fusée Saturn V, module lunaire et le vaisseau Apollo. 

             Equipage : James McDivitt – Russel Schweickart – David Scott.

  • Apollo 10(18-26 mai 1969 – 192 h)). 

             La NASA envisage que cette mission soit celle du premier alunissage. 

                  Les Soviétiques n'ayant pas l'air d'avancer dans leur programme ‘habité sur la Lune’, la NASA décide d'une dernière mission de test des vaisseaux.

Equipage : Gene German – Tom Stafford – John Young.


Missions habitées sur la Lune

  • Apollo 11(16-24 juillet 1969 – 8 jours – 195h 18 mn)

Le 20 juillet 1969, les astronautes Neil Armstrong et Buzz Aldrin, après leur alunissage dans la mer de la Tranquillité deviennent les premiers hommes à marcher sur la Lune.

Equipage :Neil Armstrong - Buzz Aldrin – Mike Collins (resté dans le module de commande)

  • Apollo 12(14–24 novembre 1969 – 10 jours – 244h 36 mn)

30 secondes après son décollage, la fusée Saturn V est frappée par la foudre. Le module lunaire fait un alunissage dans l'Océan des Tempêtes à environ 200 mètres de la sonde spatiale Surveyor 3.

Equipage : Charles Conrad – Alen Bean – Richard Gordon.

  • Apollo 13(11-17  avril 1970 – 142h 54 mn)

Mission interrompue à la suite de l'explosion d'un réservoir d'oxygène liquide durant le passage de la Terre à la Lune. La trajectoire de transit Terre-Lune avait été calculée pour qu’en absence de manœuvre, le CSM puisse revenir vers la Terre après avoir fait le tour de la Lune. L’équipage a donc pu revenir sur terre.

Equipage : Jim Lovell – Jack Swigert – Fred Heise.

  • Apollo 14(31 janvier - 9 février 1971 – 9 jours – 216h 1mn).

L'équipage n'arrive pas à amarrer le module CSM au module lunaire après 5 tentatives, Apollo 14 atterrit dans la région accidentée de Fra Mauro (objectif initial d'Apollo 13).

Equipage : Alan Shepard – Stuart Roosa – Edgar Mitchell.

  • Apollo 15(26 juillet -  août 1971 – 12 jours – 295h 11 mn)

Première mission à emporter un module lunaire. L’optimisation du lanceur Saturn V,  à permis d’augmenter la charge embarquée et d'allonger le séjour sur la Lune de 35 heures à 67 heures.

                  Equipage : Dave Scott – Jim Irwin – Al worden.

 

  • Apollo 16(16- 7 avril 1972 – 11 jours – 265h 51mn)

Première mission à se poser sur les hauts plateaux lunaires.

                  Equipage : John Young – Charlie Duke – Tom Mtingly.

  • Apollo 17(7-19 décembre 1972 – 12 j – 301h 52mn)

Dernière mission sur la Lune. L'astronaute Eugene Cerman et son compagnon Harrison Schmitt, un géologue civil américain, (seul astronaute scientifique du programme Apollo à avoir volé), sont les derniers hommes à avoir marché sur la Lune.

Equipage : Eugene Cerman – Harrison Schmitt – Ron Evans.

Au total, 12 hommes ont marché sur la Lune… et tant pis pour les irréductibles qui ne croient pas que Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont marché sur la Lune.

(Sources et photos: Site Nasa- voyages.fr- Wikipedia)

 

 

 

 

 

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6 juillet 2019 6 06 /07 /juillet /2019 18:19

Dans quelques jours, 17 ans après Tintin (On a marché sur la lune - original en 1952 et 1èrepublication en 1954), on fêtera les 50 ans des premiers pas de l’homme sur la lune.

Pour en arriver jusque là il aura fallu relever de nombreux défis.

L’odyssée de l’espace commence en Allemagne pendant la 2èmeguerre mondiale avec les fusées V1 et V2 et après la fin du conflit avec la guerre froide entre les USA et l’URSS. La conquête de l’espace devient un enjeu politique.

Le 4 octobre 1957 les russes envoient le 1ersatellite artificiel autour de la Terre : ‘Spoutnik’ et ils récidivent le 12 avril 1961 avec le 1ervol orbital habité.

Youri Gagarine est le 1erêtre humain à être satellisé.

Les américains n’apprécient pas la plaisanterie… disons le, ils sont vexés.

John Kennedy

John Kennedy le 25 mai 1961 annonce devant le Congrès le lancement du programme Apollo, devant amener des astronautes américains sur la lune avant la fin de la décennie. 

Il décide donc de conquérir la lune… Et pour cela le président mettra le paquet : Il débloque d’énormes crédits, Les fonds donnés à la NASA vont passer de 500 millions de dollars (en 1960), à 5,2 milliards de dollars (en 1965) sur douze ans, près de 30 milliards de dollars (120 milliards de dollars d'aujourd'hui) seront investis dans cette aventure.

En réalité, c'est à partir de 1957, que la conquête de la lune commence. Alors que Spoutnik n'a pas encore été lancé, Wernher von Braunqui développe pour le compte de l'armée propose d'utiliser le lanceur Jupiter-C, variante plus puissante du V2. 
Le président Eisenhower, (principal acteur du débarquement des forces alliées de 1945), refuse catégoriquement que le concepteur des sinistres V2 puisse être associé au programme civil spatial des USA… Mais 
Spoutnik et Youri Gagarine vont lui faire changer d’avis, d’autant plus que l'Amérique subit un bel échec  lors de la première tentative de satellisation.

Eisenhower est contraint de revenir sur sa décision et Werner von Braun devient un héros national, le 31 janvier 1958, après le lancement réussi du premier satellite américain : Explorer 1.  

Le programme Mercury (1961-1963)  va permettre à l'Amérique de redresser la tête : 

Le 5 mai 1961, Alan Shepard s'envole à bord d’une fusée Mercury-Redstone 3, pour un premier vol suborbital (3 semaines après le vol de Youri Gagarine).

Fusée Mercury-Redstone3

Le 20 février 1962, John Glenn devient, à bord de Mercury-Atlas 6, le premier américain à être satellisé autour de la terre… L’honneur est sauvé.

Pendant ce temps là, les Russes ne restent pas inactifs. Ils semblent bien avec le vol de la première femme  cosmonaute Valentina Terechkova 16 juin 1963) et la première sortie dans l'espace d'Alexis Leonov (18 mars 1965), être les mieux placés pour atteindre la lune avant les USA. 

Mais, l'Amérique, grâce au programme Gemini (1965-1968), progresse.  

Fusée Gemini

Le  23 mars 1965, Gemini 3, premier vol habité du nouveau programme, s'envole avec à bord, Gus Grissom et John Young. 

Ces nouvelles capsules spatiales, possèdent d'appréciables capacités de pilotage préfigurent les prochaines capsules du projet Apollo.  

Les dix vols habités Gemini permettent à l'Amérique de maîtriser toutes les techniques indispensables à un alunissage. 

L'Amérique a comblé son retard, la course vers la lune s'intensifie avec le programme APOLLO (1968-1972).

Dès 1959, les études sont lancées à l'agence spatiale américaine, sur la manière de poser un engin habité sur la Lune. Trois scénarios principaux se dégagent :

  • L'envoi direct d'un vaisseau sur la Lune (Direct Ascent) : une fusée de forte puissance envoie le vaisseau complet ; celui-ci atterrit sur la Lune, puis en décolle avant de retourner sur la Terre.
  • Le rendez-vous orbital autour de la Terre (EOR pour "Earth-Orbit Rendez-vous") : pour limiter les risques, les composants du vaisseau sont envoyés en orbite terrestre par plusieurs fusées moins puissantes.

Les différents éléments seront assemblés en orbite, en utilisant une station spatiale comme base. Le déroulement du vol du vaisseau, par la suite, est similaire à celui du premier scénario.

  • Le rendez-vous en orbite lunaire (LOR pour "Lunar Orbital Rendez-vous") : une seule fusée, mais le vaisseau spatial comporte deux sous-ensembles qui se séparent une fois que l'orbite lunaire est atteinte.

Un module dit " lunaire " se pose sur la Lune avec 2 des 3 astronautes et en redécolle pour ramener les astronautes jusqu'au module dit " de commande ", resté en orbite autour de la Lune, qui prend en charge le retour des astronautes vers la Terre. 

Cette solution permet d'économiser du poids par rapport aux deux autres scénarios, et permet de concevoir un vaisseau destiné à sa mission lunaire.

Le 7 novembre 1962, les responsables de la NASA, font le choix du 2èmescénario : le LOR qui a l’avantage du gain sur le poids à placer en orbite

 

La route de la lune est ouverte… mais pour emmener le matériel et les astronautes il faut une fusée puissance, très puissance.

Pour ce faire, la NASA va développer dans les années 60, une super fusée : Saturn V.

Nous en parlerons dans le prochain article.

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28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 17:22
Mire 819 Lignes

Le journal télévisé, le plus vieux programme encore diffusé à la télévision française fête cette année ses 70 ans.

La grand-messe, comme il était coutume de le désigner, a pourtant débuté dans l'anonymat le plus complet. 

Avant de parler de la naissance du journal télévisé, petit retour en arrière sur les débuts de la télévision.

En 1880, Maurice Leblanc ose les principes de la télévision telle que nous la connassons encore aujourd’hui.

En 1884, Paul Nipkow (ingénieur allemand), avec son disque présente le premier système de balayage rapide.

L’invention du tube cathodique en 1887 par Karl Ferdinand Braun sera déterminante dans le développement des téléviseurs. 

Le 26 janvier 1926, l’écossais John Logie Baird, effectue à Londres la première transmission publique de télévision en direct (télévision à système mécanique sans tube cathodique, baptisé Télévisor).

Mais c’est l’américain d’origine  russe Vladimir Zworykin qui la même année, présente son kinescope où l’écran du tube cathodique devient  le fameux ‘petit écran’ … de télévision.

Dès 1936, La télévision anglaise (BBC) présente un journal télévisé.

Il faut attendre 1940 pour que la NBC (National Broadcasting Company) aux USA diffuse son tout premier bulletin d'information à l'écran.

En France en revanche, l'avenir de la télévision est jugé trop incertain pour se lancer dans l'aventure du journal télévisé. 

En France

14 avril 1931 : René Barthélemy réalise la première transmission d'une image (définition 30 lignes) de Montrouge à Malakoff et l’année suivante un programme expérimental en noir et blanc (définition : 60 lignes) d'une heure par semaine, « Paris Télévision »est mis en place.

Henri de France (futur inventeur du procédé SECAM –télévision couleur) fonde la Compagnie générale de télévision (CGT) fin  1931. (Un de mes meilleurs formateurs professionnels avec Paul Duru).

Le 26 avril 1935, a lieu depuis le studio du 103 rue de Grenelle, la première émission officielle française de télévision : une séquence de 20 minutes durant laquelle la comédienne Béatrice Bretty déclame un texte relatant sa récente tournée en Italie. 

Radio-PTT Vision, 1ère chaîne de télévision régulière française, est née.

La tour Eiffel sert d’antenne émettrice avec une puissance de 10 kW à partir de novembre 1935.

Pendant la guerre la télévision française passe sous le commandement des allemands qui créent la chaîne Fernsehsender Paris (à partir du 7 mai 1943 elle diffuse des émissions pour distraire les soldats du Reich dans les hôpitaux).

Après la Libération, le 23 mars 1945 est créé la Radiodiffusion française (RTF).

P. Dumayet - J. Sallebert - P. Sabbagh - G. De Caunes - P. Tchernia

Des débuts difficiles : En 1949, Vital Gayman, directeur du journal parlé de Paris-Inter à la RTF, décide la création d'un journal télévisé.

Il confie le projet à Pierre Sabbagh, à lui de constituer une équipe. 

A cette époque la radio est toute puissante, peu de journalistes de la radio sont disposés à perdre leur audience  et leur notoriété pour tenter l'aventure télévisuelle. Il en est de même des journalistes de la presse écrite qui méprisent la télévision, vue, après la radio, comme une nouvelle concurrente.

Pierre Sabbagh rencontre donc quelques difficultés pour constituer son équipe mais trois hommes de radio acceptent de relever le défi : 

Jacques Sallebert, reporter à la radio, 

Georges de Caunes, ancien présentateur de Paris-Actualitéssur Paris-Inter et 

Pierre Dumayet, journaliste littéraire intègre à l'équipe Pierre Tchernia, jeune diplômé de l'Institut des Hautes Études Cinématographiques (IDHEC).

Les premiers sujets se font de façon archaïque, il n'y a pas de présentateur, les sujets sont annoncés à l'aide d'un carton filmé en direct.

Le premier journal télévisé : Le premier journal télévisé est diffusé le 29 juin 1949 à 21 heures pendant 15 minutes, pour environ 3000 téléspectateurs (soit moins de 1% des foyers ; 24000 postes sont recensés en 1952, 683200 en 1975) et une redevance sur les récepteurs (postes) de télévision est fixée !!. 

Pour Pierre Sabbagh, il n'y a que deux façons de rendre le journal attractif : une voix et un commentaire capables de capter l'attention du téléspectateur des images spectaculaires.

C'est donc dans une montgolfière, que Pierre Sabbagh et Michel Wakhevitchferont le tout premier reportage du journal télévisé.

Peu après le décollage la nacelle perd de l'altitude, heurte une ligne à haute tension, le ballon s’écrase dans un champ et s'enflamme. L'équipe parvient tout de même à tout mettre dans la boite… L’événement restera dans les annales ! 

Dès novembre 1949, le journal télévisé du soir est rediffusé dans une version raccourcie le lendemain à 12 h 30. Avec la mise en service de l'émetteur 819 lignes de la tour Eiffel le 15 novembre, le journal télévisé passe à quatre éditions par jour. Comme il est impossible d'enregistrer une émission en direct, chaque édition du midi et du soir réalisée pour l'émetteur 441 lignes doit être refaite également en direct pour l'émetteur 819 lignes. 

En 1951, le journal télévisé du soir est déplacé à 20 h 30,  le service des reportages de la télévision est doté d'un car de reportage permettant d'établir les premiers directs en extérieur.

En 1957, l’horaire du journal est fixé à 20h et commence toujours par ‘Mesdames, messieursbonsoir’ phrase qui n’a pratiquement pas changé depuis le début.

La RTF devient l’ORTF en 1964.

 

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 16:56

Au matin du 6 juin 1919, son corps est découvert sans vie, les pots de médicaments vides ne laissent aucun doute. Son biographe, le Dr Jean-Jacques Schneider avance une hypothèse :

Nicole se savait atteinte d’un cancer incurable, après avoir assisté tant et tant de mourants pendant la Grande Guerre, elle aurait préféré, en médecin, abréger ses propres souffrances.

Qui est cette Nicole ?

Nicole Girard-Manginfut la seule femme médecin-major de l’armée française engagée dans la Première Guerre Mondiale. 

Portrait d’une femme exceptionnelle.

Elle nait à Paris le 11 octobre 1878.

En 1896, à 18 ans, elle obtint une licence en sciences naturelles et commence des études de médecine. Admise à l’externat des hôpitaux de Paris en 1899,  elle interrompt ses études pour se marier avec André Girard et travailler avec son mari à l’exploitation du champagne.

En 1903, après son divorce  elle reprend ses études de médecine et présente en 1906 sa thèse sur les poisons cancéreux.

Remarqué sur la prophylaxie antituberculeuse, elle devint une référence dans son domaine, la tuberculose et les maladies pulmonaires.

En 1914 à 36 ans, le Dr Nicole Girard-Mangin, prend la direction du Dispensaire anti-tuberculeux du Professeur Robin à l’hôpital Baujon, tout en enseignant à la Sorbonne.

1914, la Grande Guerre éclate. 

Nicole Girard-Mangin figurant sur des listes comme médecin de l’Assistance publique et comme membre du Comité de Secours aux blessés militaires, les autorités militaires lui envoient un ordre de mobilisation, sans remarquer le prénom « Nicole » derrière le titre de Docteur. 

C’est donc par erreur que Nicole fut mobilisée et envoyé à Bourbonne-les-Bains.

L’accueil et tout son parcours de médecin militaire ne fut pas un long fleuve tranquille aux cotés de ses collègues, la misogynie jouant à fond.

Elle écrit à sa famille : « … Arrivée à Bourbonne-les-Bains, le médecin chef me reçoit avec ahurissement et méfiance : “ Une femme ! On m’envoie une femme et on m’annonce un homme! ” », « … « J’avais demandé le renfort d’un médecin auxiliaire, pas d’une midinette ».

« … Je présente mes diplômes de médecine : « Vous m’en voyez désolée, mais je suis affectée dans votre établissement et je me sens parfaitement apte à remplir les fonctions qui m’incombent. »

« … Partout, j’étais accueillie comme vous savez. Puis, après quelque temps, nous apprenions à nous connaître. On me faisait des excuses, on admettait que j’étais capable de quelque chose ».

L’armée française ne possédant pas d’uniformes pour les femmes médecin militaire, on lui en un créer un sur le modèle britannique. 

Elle écrit : « Il est fort probable que peu d’années, que dis-je, peu de mois après notre victoire, j’aurai un sourire amusé pour mon accoutrement singulier. (…) Ce sera du reste injuste et ridicule.

Je dois à ma casquette d’avoir gardé une coiffure correcte, même en dormant sur des brancards; d’avoir tenu des heures sur un siège étroit sans gêner le conducteur. 

Je dois à mes multiples poches d’avoir toujours possédé les objets de première nécessité, un couteau, un gobelet, un peigne, de la ficelle, un briquet, une lampe électrique, du sucre et du chocolat. (…)

Enfin, je dois à mes caducées et mes brisques le prestige qu’il m’a fallu parfois auprès des ignorants et des sots »

Mobilisée dans la région de Verdun durant l’hiver 1914-1915, le médecin lui interdit l’entrée des salles puis l’affecte dans des baraquements bombardés.

Elle y reste pendant toute « l’épopée de Verdun », soignant les non-transportables et les 168  typhiques. Lors d’une évacuation, au volant d’une ambulance elle est blessée au visage.

Malgré ses nombreux heurts avec l'administration militaire, (lorsqu’elle réalise à qui elle a affaire, l’armée prétend la rémunérer comme une simple infirmière).

Ses compétences, son efficacité, lui valent, en décembre 1916 d’être nommée médecin-capitaine.

Dans un courrier à sa famille elle note :

Mon ordre était rédigé en ces termes : « Le docteur Girard Mangin sera affecté en qualité de médecin traitant et recevra les allocations en argent et en nature d’une infirmière titulaire mobilisée à la région de Verdun ».

A la même date on lui confie la direction de l’hôpital-école Edith Cavell à Paris, (Edith Cavell était une infirmière belge fusillée par les Allemands. (On en reparlera en octobre). 

Après la guerre

À la fin de la guerre elle poursuit son travail au sein de l’hôpital-école Edith Cavell. 

Investie au sein du mouvement féministe L’Union des femmes françaises, elle donne des conférences sur le rôle des femmes pendant la guerre, assiste également aux réunions de la Croix-Rouge consacrées à la lutte contre la tuberculose, et joue un rôle actif dans la création de la Ligue nationale contre le cancer.

En juin 1919, à l’âge de 41 ans, elle est retrouvée morte à son domicile à Paris. 

Nicole Girard-Mangin repose au cimetière du Père-Lachaise, sans avoir reçu la moindre citation ni décoration.

Reconnaissance

Il faudra attendre un siècle pour qu’enfin la reconnaissance arrive.

En mars 2015, la Poste lui consacre un timbre et en septembre 2018  la Ville de Paris une allée : L'allée Nicole Girard-Mangin (située sur le terre-plein central du boulevard de Ménilmontant, en face du passage de la Folie-Regnault et se termine au numéro 67 du boulevard de Ménilmontant).

En 2019, deux écoles de la fonction publique choisissent le nom Nicole Girard-Mangin comme nom de promotion: 

La promotion 2018-2019 des IRA de Metz et la 58e promotion des élèves fonctionnaires directrices et directeurs d'hôpital de l'École des hautes études en santé publique (EHESP) eu égard à son rôle primordial pour la santé et la cause des femmes.

Qu’aurait-il fallu qu’elle fasse de plus pour que son nom soit attribué à une rue ?

 

 

 

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13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 15:11

Au soir du 6 juin 1944, tous les objectifs fixés par l'état-major, n'ont pas été atteints (en particulier la prise de Caen, confiée à Montgomery, mais les Alliés ont finalement réussi à établir cinq têtes de pont sur une centaine de kilomètres le long du littoral normand.

L’implantation est solide, ils peuvent mettre en place toute la logistique indispensable pour une offensive de longue haleine.

Préparé pendant deux ans le débarquement de Normandie a donné lieu à une mobilisation industrielle et technologique sans précédent :

Hobarts

Les navires de transport de troupes n’étant pas conçus pour accoster sur les plages, il a été prévu de débarquer les soldats à marée basse grâce à des 'barges d'assaut' spéciales.

Ces «Higgins Boats» construites à La Nouvelle-Orléans par l'industriel Andrew Jackson Higgins, s'ouvrant à l'avant  libéreraient 36 hommes de troupe en tout juste 19 secondes !!

Il a fallu également concevoir des tanks amphibies avec hélices et enveloppe étanche.

Ces «Hobart's Funnies» du général Hobart, ont permis aux soldats d'ouvrir le passage sur les plages d'Utah, Gold, Junoet Sword. 

Malheureusement à Omaha, sous l'effet des vagues, 27 des 29 chars amphibies ont coulé et leur absence a mis en difficulté le débarquement.

Pour  faire suivre le matériel et le ravitaillement indispensables à la poursuite de l'offensive, une fois les têtes de pont assurées, Winston Churchill a imaginé avec l'amiral Mountbatten un port artificiel.

C'est ainsi qu'en face du village d’Arromanches-les-Bains, près de Gold, plusieurs dizaines de vieux navires surnommés 'gooseberries' (indésirablesen français) ont été coulés dès le 6 juin pour constituer une digue de fortune. 

Plus au large, des radeaux métalliques appelés ‘bombardons’ ont constitué des brise-lames flottants.

Dans les jours suivants, la digue a été renforcée par des caissons en béton de 7 000 tonnes, les « Mulberry Harbours ».

Ces caissons préfabriqués sur les bords de la Tamise, puis remorqués jusqu'en Normandie pour être mis en eau et coulés devant la plage, pouvaient atteindre 65 mètres de long !

Pour l'accostage des navires à l'intérieur du port artificiel ainsi créé, on aménagea des pontons flottants avec des flotteurs coulissants le long de piliers ancrés au fond de l'eau (Ce principe innovant a été repris plus tard par les compagnies pétrolières pour l'aménagement des plates-formes offshore).

Les pontons étaient reliés à la plage par des passerelles métalliques posées sur des barges, permettant aux Alliés de débarquer en 10 jours 557 000 hommes, 81 000 véhicules et 186 000 tonnes de matériels divers.

La Résistance française en sabotant plusieurs centaines de voies ferrées, bloquant l'arrivée de renforts allemands fut d’une aide précieuse. Ainsi à la fin juillet, pas moins de 1 500 000 hommes ont débarqué.

À la fin août, deux millions d'hommes, 438 000 véhicules et trois millions de tonnes de matériels avaient déjà débarqué sur le sol français.

Général Bradley

Dès le 7 juin, les Américains du général Bradley font leur jonction à Isigny, entre Utah et Omaha. 

Du fait de l’échec des troupes peu motivées de Montgomery qui n’arrivent pas à prendre Caen dans la journée (il s'y était engagé), les Alliés vont piétiner pendant plusieurs jours sur une tête de pont profonde d'à peine une dizaine de kilomètres.

Montgomery, n’est vraiment pas à la hauteur (et ce n’est pas fini !!), il se laisse surprendre par une contre-offensive des blindés allemands du colonel Meyer.

Sans véritable nécessité stratégique, l’aviation Allié pilonne les villes de la région  pour désorganiser les communications ennemies. Bombardements  causant 14 000 victimes dans la population civile, dont 2 500 dans les premières heures du débarquement.

La 1ère armée américaine du général Bradley se lance vers Cherbourg et entre le 26 juin dans la ville en ruines mais n'en tireront aucun profit, le port ayant été rendu inutilisable par les Allemands.

Montgomery, piétine toujours devant Caen, et se résout en désespoir de cause à faire une nouvelle fois appel à l'aviation, qui le 6 juillet 1944, où Caen est littéralement pulvérisée par deux mille tonnes de bombes. Cela ne sert pas les Britanniques, leurs blindés étant bloqués par les gravats ! 

La population Caennaise  est meurtrie et les soldats allemands, ayant subi très peu de pertes, vont résister jusqu'à la fin juillet.

Avec l’échec de la prise de la capitale normande les Alliés désespèrent de sortir de la presqu'île du Cotentin.

 

La guerre des haies

Les Américains vont donc débloquer la situation à partir de Cherbourg en engageant à la fin juillet une offensive vers la Bretagne : C'est l'opération Cobra.

Ils doivent briser la résistance de Saint-Lô et surtout affronter les difficultés du bocage normand avec ses hauts talus, ses haies épaisses et ses chemins creux, qui freinent la progression des blindés et privent les hommes de toute visibilité. 

Général Patton

Le général George Patton, libéré de son rôle d'épouvantail dans l'opération Fortitude, prend la tête de la 3e Armée. Ses chars  ouvrent une brèche dans le front à Avranches, le 31 juillet.

Les Ve et VIIe Armées blindées allemandes (venues de la vallée de la Seine), sur ordre de Hitler tentent un ultime sursaut contre Mortain, (au sud de la Manche,) enfoncer un coin entre la 1ère et la 3e Armée américaine, mais elles se font piéger dans la « poche » de Falaise.

Les combats, sont meurtriers, parfois au corps à corps, mettent aux prises les Allemands et les Polonais de la 1ère division blindée du général Maczeck. 

Les allemands perdent plus de six mille hommes, (tués au combat ou par les bombardements aériens), et laissent 50 000 prisonniers aux Alliés. Les Alliés perdent 1 500 hommes. 

Au terme de la bataille, le 21 août 1944 le gros des troupes allemandes, soit cent mille hommes, arrivent néanmoins à s'en sortir et refluer vers l'Allemagne.

La « guerre des haies » aura duré près de huit semaines.

La Normandie est complètement libérée le 12 septembre 1944 avec la prise du Havre.

 

La libération de la France

Rattachée à la IIIe armée américaine du général Patton, la 2eDB (division blindée) du général Leclerc quitte son camp d'entraînement au Maroc en avril 1944 pour rejoindre l'Angleterre et, sur les instances du général de Gaulle, il débarque en Normandie le 1er août.

Le 25 août, Leclerc avec l'entrée des chars de la 2e DB, libère Paris.

Il faudra encore un mois pour que la plus grande partie de la France soit libérée (certaines poches de résistance ne se rendront qu'après la capitulation de l'Allemagne).

 

Sur le front  de l'ouest, c’est la guerre…. des chefs 

Montgomery souhaite en finir avant Noël 1944 et préconise une attaque frontale sur la Ruhr le cœur industriel de l'Allemagne.

Eisenhower l'Américain que l’on soupçonne de vouloir empêcher les Britanniques de s'attribuer l'honneur de la victoire afin de faciliter la réélection du président Roosevelt(novembre 1944) est partisan d'une progression sur un front plus large. 

Le dimanche 17 septembre, Montgomery tente de mettre son plan en œuvre en lançant une offensive aéroportée sur le pont d'Arnhem (Hollande), dernier pont sur le Rhin avant la Ruhr.

Les Allemands, ayant été prévenus de cette opération ont contre-attaqué avec succès. C'est un échec sanglant, sur les 11 000 hommes engagés seulement 3 000 rescapés !! (C’est en souvenir de ce drame, que les paras britanniques portent un ruban noir à l'arrière de leur béret).

Suite à ce désastre, malgré la popularité (surfaite) de « Monty », depuis sa victoire d' El-Alamein son limogeage est souhaité, mais il n’en sera rien.

Général Rundstedt

Finalement en décembre, Anglais et Américains se rallient à l'idée d'une percée dans les Ardennes, où le général allemand Gerd von Rundstedt a lancé une contre-offensive de la dernière chanceoù plus de 75 0000 hommes sont engagés des deux côtés. 

Il faudra encore cinq mois de combats avant que l'Allemagne ne capitule. 

 

Sur le front de l'Est… on avance.

Les Soviétiques en début 1944, franchissent le Dniepr, envahissent la Roumanie et la Bulgarie. 

Staline profitant du répit apporté par le débarquement lance l'opération ‘Bagration,’ (nom d'un général russe des guerres napoléoniennes), le 22 juin, (date du 3ème anniversaire de l'invasion de l'URSS) une puissante offensive contre la Wehrmacht.

Avec l'appui des partisans qui sabotent les communications ennemies, les Soviétiques progressent avec rapidité et pénètrent à l'intérieur de l'Allemagne historique...

8 mai 1945, capitulation de l’Allemagne, fin du nazisme,  c’est l’heure de la reconstruction de l’Europe.

 

À l'autre bout de l'Eurasie, le Japon, quant à lui, résistera jusqu'à la capitulation du 2 septembre 1945. (à suivre)

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6 juin 2019 4 06 /06 /juin /2019 15:28

A l'aube du 6 juin 1944, `L’opération aéronavale ‘Overlord’ (Suzerain en français – Reine de toutes les batailles) la plus gigantesque de l'Histoire, attendue depuis plus d'une année par les Européens qui luttaient contre l'occupation nazie commence.

Remarquable tant par les qualités humaines des participants que par les prouesses d'organisation logistique, d'innovation technique et industrielle.

Staline-Roosevelt-Churchill

Les trois chefs d'État alliés Staline, Churchill et Roosevelt se rencontrent à Téhéran, du 28 novembre au 1er décembre 1943pour discuter des modalités du débarquement de Normandie. L'Allemagne est désormais la cible principale.

Dès la fin 1943, le débarquement est préparé dans le plus grand secret en Angleterre.

3 500 000 hommes venus de tous les pays alliés et des pays occupés sont entraînés intensivement en prévision du Jour J (« D Day » en anglais) dans l’Angleterre devenu un immense camp retranché avec partout des camps militaires, des aéroports de fortune...

Dwight Eisenhower, dit « Ike »

Le commandement de cette opération revient au général Dwight Eisenhower, dit « Ike », un Texan de 54 ans, (un des adjoints du général américain George Marshall, (qui avait été pressenti pour diriger le débarquement, mais le président Roosevelt préféra le garder à ses côtés). 

« Ike », a été préféré au généralGeorge Patton, jugé trop impulsif.

Averti du débarquement par des messages codés de la radio anglaise (la BBC), les réseaux de résistance s'activent à l'intérieur des terres.

Parmi les messages codés, deux vers de Verlaine, diffusés sur les ondes en deux temps ; le premier quelques jours avant le jour J (D-Dayen anglais), le second quelques heures avant :

« Les sanglots longs des violons de l'automne
Blessent mon cœur d'une langueur  monotone ».

La préparation du débarquement a été jusqu'à la dernière minute pleine d'aléas.

Le 27 avril 1944, de jeunes Américains à l'entraînement sur la plage de Slapton Sands, au sud de l'Angleterre sont attaqués par des vedettes allemandes venues de Cherbourg, 120 sont tués par les Allemands... mais 300 par des tirs amis !

Début juin, en raison de la tempête qui sévit sur la Manche, le général Eisenhower doit reporter le débarquement du 4 au 6 juin.

Le 5 juin, à 4h15, informé par le colonel James Stagg, responsable de son service météo, d'une accalmie de 36 heures au-dessus de la Manche. Eisenhower décide d'engager sans délai l'opération Overlordtout en rédigeant un communiqué pour le cas où l'opération échouerait.

Eisenhower est soucieux, l’opération aéronavale ‘Overlord’, va t’elle réussir ?

Homme d’honneur, il écrit une lettre au cas où le débarquement échouerait:

« Notre débarquement dans la région de Cherbourg et du Havre ne nous ayant pas permis de nous implanter durablement en territoire hostile, j’ai dû prendre la décision d’ordonner la retraite des troupes engagées. Ma décision d’attaquer à cet endroit et à ce moment précis était soutenue par les meilleurs renseignements possibles. Les troupes, l’aviation et la marine ont fait tout ce que la bravoure et le sens du devoir leur permettaient d’accomplir. Je suis la seule et unique personne qui puisse être blâmée ou incriminée pour cette tentative malheureuse. 

J’en assume seul la responsabilité. (Dwight D. Einsenhower)».

Le débarquementcommence dans la nuit du 5 au 6 juin par une immense opération aéroportée.

Les Alliés larguent d'abord de faux parachutistes, (des mannequins gonflables qui crépitent et explosent en touchant le sol, ayant pour effet d'affoler les troupes allemandes et de les disperser dans l'arrière-pays).

Vers minuit, trois cents ‘pathfinders’ (éclaireurs) sont parachutés sur la presqu'île du Cotentin derrière les marais du littoral. Ils balisent les terrains d'atterrissage destinés aux planeurs qui les suivent.

23 500 parachutistes de trois divisions aéroportées (2395 avions et 867 planeurs) sont lâchés derrière les lignes allemandes. 

Jour J :

A 5h30, les avions alliés et une demi-douzaine de cuirassés bombardent les fortifications des plages et des falaises. 

Une heure plus tard débute l'opération amphibie sous les ordres de l'amiral britannique Bertram Ramsay.

Cinq divisions (deux américaines, deux britanniques et une canadienne) commencent à débarquer sur autant de plages aux noms codés :

Utahet Omaha (troupes américaines), la plus à l’ouest Gold (troupes britanniques), Juno (troupes canadiennes) et Sword (troupes britanniques et détachement français) la plus à l’est.

A l'aube de ce 6 juin 1944, sur un front de 35 kilomètres une armada de 4266 navires de transport, 722 navires de guerre et 130 000 hommes, Britanniques, Étasuniens ou Canadiens pour la plupart, s'approche des côtes normandes, protégé par plus de 10 000 avions.

Les troupes, sous le commandement du général Dwight Eisenhower, sont constituées en majorité de soldats anglo-canadiens et ce sont eux qui vont assurer la réussite de l'opération. 

Les hommes progressent sur les plages sous le feu des Allemands qui tirent du haut des blockhaus, ces derniers étant eux-mêmes pilonnés par les cuirassés alliés depuis le large.

La résistance de la Wehrmachtest rude, en particulier sur les falaises d'Omaha Beach.

Le débarquement sur les plages :

Utah Beach:

A l'est de Sainte-Mère-Église, la défense d'Utahest assurée par un lieutenant de 23 ans, Arthur Jahnke, qui a sous ses ordres 75 hommes, (de jeunes gens polonais ou baltes enrôlés de force).

Le soir du 6 juin, 23 000 hommes ont pu débarquer avec leur barda de 34 kilos sur la plage au prix de 200 victimes. Le plus dur a été la traversée des marais dans l'arrière-pays.

Pointe du Hoc:

Entre Utahet Omaha, un commando de 225 hommes du 2e bataillon de Rangers, sous les ordres du lieutenant-colonel James E. Rudder, escalade avec grappins, échelles et cordes la pointe du Hoc, une falaise de quarante mètres de haut afin de détruire à titre préventif une batterie de cinq canons de longue portée.

Montant à l'assaut bien après le lever du jour, du fait d'un retard de quarante minutes sur le planning, le commando supporte le feu ennemi ne pouvant bénéficier de l'effet de surprise.

Deux jours plus tard, après avoir repoussé une contre-attaque allemande, le commando ne comptera plus que 90 hommes en état de combattre.

Omaha Beach:

Les bombardiers devant frapper préventivement les défenses allemandes ont craint de toucher les barges qui se dirigeaient vers la côte, ont largué leurs bombes trop loin à l'intérieur des terres et manqué leurs objectifs.

Les Alliés éprouvent donc les plus grandes difficultés sur la plage Omaha.

Les soldats de la première vague sont fauchés par la mitraille dans les barges de débarquement ou sur la plage. Les survivants piétinent plusieurs heures sur le sable. Les opérations de débarquement sont interrompues et le repli est même un instant envisagé par le général Bradley, au risque de compromettre toute l'opération Overlord !

Le général Norman Cota (51 ans) et le colonel George A. Taylor (45 ans), débarqués à 8h15 rassemblent leurs hommes en défiant le feu ennemi et l'on prête George A. Taylor les mots suivants : « Il y a deux sortes d'hommes sur cette plage : ceux qui sont morts et ceux qui vont mourir. Foutons le camp d'ici ». Avec les soldats du génie, ils finissent par ouvrir une brèche dans les défenses et pénétrer dans l'arrière-pays.

Au large les destroyersprotègent la flotte de débarquement, en dirigeant leurs canons vers les casemates allemandes. 

Vers midi, la plage Omahaest enfin pacifiée. Norman Cota et George A. Taylor ont réussi, mais les pertes sont lourdes : 30% du total des pertes du 6 juin. 

Gold Beach:

Les 25.000 Britanniques de la première vague d'assaut débarquent sur cette plage sans rencontrer trop de résistance.

Se dirigeant vers l'intérieur des terres, ils sont acclamés par les villageois.

Juno Beach :

13 000 Canadiens débarquent sur la plage Junoavec quelques dizaines de minutes de retard.

Retard fatal : la marée qui commence à remonter recouvre les pièges et les mines enfouis dans le sable. Plusieurs barges sont touchées. Les hommes arrivent à débarquer et traverser la plage. Se dirigeant vers l'intérieur, ils se heurtent à une division de Panzerque le général von Runstedt a pu enfin mettre en service, avec l'agrément de Hitler.

Sword Beach :

Dès 7h30 la plage Swordest dégagée par les Britanniques et c’est au son de la cornemuse, que la brigade du commandant écossais Lord Lovat se dirige vers le pont de Bénouville, sur l'Orne (Pegasus Bridge).

Pont stratégique pour faciliter la pénétration des troupes vers l'intérieur du pays, Il avait été neutralisé, dans la nuit, par un groupe de parachutistes de la 6st British Airborne

Philippe Kieffer

N’oublions pas parmi les troupes qui ont débarqué à Swordles 177 fusiliers-marins des ‘Forces Françaises Libres ‘ commandé le capitaine de corvette Philippe Kieffer, qui s'illustre par la prise du casino de Riva-Bella, à Ouistreham, transformé par les Allemands en forteresse.

Un lourd bilan 

Au soir du 6 juin, 135 000 hommes ont déjà réussi à poser le pied sur le sol français et réussi à établir cinq têtes de pont sur une centaine de kilomètres du littoral normand.

Ils n'ont pas atteint tous les objectifs fixés, mais leur implantation est solide, ils peuvent mettre en place toute la logistique indispensable à une offensive de longue haleine.

Les Américains déplorent 3 400 tués et disparus, les Britanniques 3 000, les Canadiens 335 et les Allemands 4 000 à 9 000. 

30% des pertes alliées se sont produites sur la plage Omaha (852 tués ; 2176 blessés ; 1692 disparus).

Du fait du bombardement des villes normandes par l'aviation alliée, 2 500 à 3 000 civils français sont  morts dans cette seule journée.

Mais au total, les pertes des Alliés s'avèrent beaucoup moins importantes que le général Eisenhower ne le craignait.

En définitive la chance a souri aux Alliés, ils n'ont eu à affronter que deux avions de chasse allemands.

A part une contre-attaque au petit matin sur Sainte-Mère-Église, les redoutables Panzers (chars d'assaut allemands),  sont inexplicablement restés en réserve à l'intérieur des terres.

Overlord, la bataille la mieux connue de la Seconde Guerre mondiale du fait de sa puissance technologique... et grâce à Hollywood, par le film ‘Le jour le plus long’, hâta sans conteste de plusieurs mois la capitulation de l'ennemi commun.

Mais le véritable tournant de la guerre fut les batailles d'El-Alamein, Stalingradet Koursk, beaucoup plus meurtrières que le Débarquement lui-même.

Après elles, la chute du nazisme ne fut plus qu’une question de temps.

Les cimetières blancs des falaises témoignent encore aujourd'hui du prix de ces actions héroïques de cette jeunesse (moyenne d’âge de 23 ans) qui donna leur vie loin de chez eux pour la liberté de l’Europe et la démocratie.

Un peuple qui oubli son passé est appelé à le revivre.

 Wiston Churchill

Pour info : Le Président Roosevelt refusa toujours de reconnaître la légitimité de la France Libre, préférant maintenir une ambassade auprès de Pétain et du régime de Vichy jusqu’en novembre 1942, puis usant des manœuvres les plus tortueuses pour tenter d’écarter Charles de Gaulle du pouvoir et installer, à sa place, des dirigeants plus malléables.

Ainsi, en août 1944, soit plus de deux mois après le débarquement de Normandie, le Président Roosevelt espérait encore installer au pouvoir à Paris Édouard Herriot – homme politique radical de la IIIe République et Pierre Laval (la figure la plus honnie de la Collaboration), avec lequel il avait d’ailleurs des liens de parenté par allianceCe projet scandaleux, minutieusement décrit par de Gaulle dans ses Mémoires de guerre, avait été ourdi par une étroite concertation entre le chef de la CIA Allen Dulles, l’ambassadeur d’Hitler à Paris Otto Abetz et le dauphin de Pétain.

 

Bientôt je vous parlerez d’un  6 juin… 1919

 

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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 16:32

Belle balade sur le chemin des anciens ‘marais salants de Lasné’. 

La récolte du sel ayant totalement disparue du golfe du Morbihan dans les années 60, ces marais salants créés artificiellement au XVIIème siècle ont été réhabilités en 2003 et sont devenu un lieu de découverte de la nature et de séjour pour de nombreux oiseaux migrateurs.

Au cours de la promenade on aperçoit l’ile de Tascon reliée à la terre par un radier (chaussée submersible) d’environ 400 mètres de long permettant d’y accéder 2 heures avant et après la marée basse.

Marie Lefranc, l’enfant du pays, dans son roman ‘Enfance marine’décrivant son enfance dans la presqu’île de Rhuys, parle de L’île de Tascon, pays de ses grands-parents :

… « C’est de la race de ces hommes, de ces femmes que je suis issue » (extrait d’Enfance marine-1959)

C’est sur l’ile de Tascon ‘si petite que les cartes n’en font pas mention’ que naquit Louis le père de Marie Lefranc, le 1erfévrier 1849. Louis, ce fils de pêcheur, vint au monde quelques semaines après la mort de son père noyé au cours d’une tempête’ tout ce qui restait du disparu était la maisonnette de pierre avec, dans la huche, le pain d’une journée, encerclée dans son clos, son bout de vigne et son lopin de terre pour nourrir la veuve et ses trois enfants.

En 1849 ‘Prozat’ devint paroisse, prit le nom de Saint Armel et établi en commune en 1858.

A cette époque, la population se composait de cultivateurs, de vignerons, de paludiers, de douaniers et d’artisans. Certains exerçaient 2 à 3 métiers. Le sel et le ramassage du goémon représentent une part importante de l’activité locale.

Le goémon permet de fertiliser la terre, le ba’hun, est recherché en particulier pour garnir les matelas.

A 7 ans le petit Louis fut placé hors de l’ile comme berger… Pas question d’école !

Un vieil homme paralysé lui apprit à lire à la lueur de la chandelle. Fort courageux, ‘il avait droit chaque année, à une paire de sabots, un pantalon de toile, un chapeau au ruban de velours’.

Ses 10 ans échus, il fut prêt à se mettre à ce métier de pêcheur. ‘Les pêcheurs de cet îlot perdu ne comptaient pour rien les crevasses de leurs mains, la cuisson de leur peau sous le soleil ou le gel’.

Jeune homme, ‘il commença à faire la traversée le dimanche pour aller au village de Saint Armel, le matin à la grand messe, l’après midi pour aller au jeu de boules. Le curé lui donna des leçons de calcul et lui fit faire des dictées’.

A 22 ans, il entra dans les douanes. Cette année-là, il se rendit au pèlerinage de Saint Anne d’Auray, il se trouva assis près d’une jeune fille aux yeux bleus ‘au retour, ils s’étaient promis’ « l’enfance était terminée ».

Aujourd’hui, l’île de Tascon compte 7 habitants à l’année.

Au retour, en passant par Saint Armel, dégustation du ‘Gochtial’, un pain brioché ayant la forme d’une miche ronde et galbée, sa croûte brune et brillante protège une mie dense et onctueuse.

Né au XIXème siècle dans une boulangerie du Hézo, ce mi-pain mi-brioche, le gochtial ou ‘gwestall’ , signifiant ‘pain-gâteau’ est une spécialité de Saint Armel. Inutile de chercher la recette, elle est tenue secrète.

Au siècle dernier le gochtial était vendu à l’occasion de la Saint Vincent (22 janvier), aujourd’hui pour le bien des papilles on le trouve toute l’année.

 

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 06:07
La Belle Poule

Quelle belle surprise faites par les enfants qui nous ont offert  la maquette de la ‘Belle poule’.

La Belle Poule :

Cette goélette à hunier, appelée aussi ‘goélette paimpolaise’, la réplique des goélettes de Paimpol qui pêchaient la morue au large de l'Islande, également appelé "goélette islandaise’ est avec sa sœur jumelle ‘l’Etoile’ ces voiliers-écoles constituant aujourd’hui de véritables ambassadeurs de la Marine nationale. 

Construite en chêne, doublée cuivre en1932 à Fécamp, (Seine-Maritime), la Belle-Poule à été mise en service le 20 juillet 1932, L'Étoile  le 20 novembre de la même année. 

Initialement prévues avec un double hunier, les goélettes seront finalement gréées avec un seul hunier à rouleau

En juin 1940, la Belle Poule et l'Etoile rejoignent les Forces Françaises Navales Libres en Angleterre. En novembre 1940, alors qu'elles rejoignent Portsmouth, les deux goélettes sont bombardées par l'aviation allemande, sans être touchées.

10 janvier 1941, deux bombes incendiaires qui visaient le cuirassé Courbet tombent sur le pont de la Belle Poule. Grièvement blessé, le commandant Blonsard parvient tout de même à sauver le voilier. 

Les deux goélettes sont mises en réserve le 13 mai 1944 à West-Hartlepool en Ecosse.

En septembre 1945, la Belle Poule et l'Etoile rentrent à Brest. 

Derniers bâtiments à avoir fait partie des Forces Navales Françaises Libres, elles arborent au beaupré le pavillon à croix de Lorraine.

En 1975 d'importants travaux de rénovation sont réalisés, elles reçoivent toutes deux un nouveau moteur Baudoin de 0,2 MW (285 ch)

Basées à Brest, la ‘Belle Poule’ comme ‘l’Etoile’ sont aujourd’hui des navires écoles de la Marine Françaiseservant à l'entraînement des futurs chefs du quart passerelle de la Marine nationale.

Outre leur mission principale de formation elles participent souvent aux rassemblements de gréementstraditionnels, notamment à l'Armada de Rouenen 1989, 1994, 1999 (a cette occasion, un timbre a été émis), 2003 et 2013.

En 2018 elle participa à la tall ship regatta  (course internationale de voilier école) où elle  termine second derrière l’arawak.

A l'occasion du 75e anniversaire du Débarquement de Normandie (D-Day),la ‘Liberty Tall Ships 2019’sera accueillie lors de ‘l'Armada de Rouen 2019’ (du 6 au 13 juin), ‘L’étoile’,sœurjumelle de la ‘Belle Poule’ prendra le départ de cette course (en catégorie B) reliant Rouen (départ 6 juin) au port de Scheveningen  (arrivée 20 juin) à La Haye (Pays-Bas).

Bâtiments ayant porté le même nom :

Héritière d'une tradition de frégates de la Marine royale puis Nationale, son nom serait issu d'un bateau corsaire célèbre sous François Ier, la Belle Paule.

La première fut une frégate de 26 canons, armée en 1765 à Bordeaux, elle participa au premier combat de la guerre d'indépendance des États-Unis,

La deuxième portait 40 canons, construite à Nantes entre 1801 et 1802, elle est capturée par les Anglais en 1806, débaptisée pour servir dans la Home Fleet.

La troisième (60 canons) lancée en 1834, ramena les cendres de l'Empereurde Sainte-Hélèneen 1840.

Caractéristiques :

Gréement : Goélette paimpolaise à huniers

Chantier naval : Chantier naval de Normandie Fécamp

Armateur : Ecole navale Lanvéoc- Poulmic

Port d’attache : Brest

Longueur : 37,50 mètres ; (coque : 25,3 m)

Maitre-bau : 7,20 m ; tirant d’eau : 3,60 m

Hauteur du grand mât : 21,6 m

Déplacement : 225 – 275 tonnes

Voilure : 424 m2 (9+3 voiles) : clin foc, grand foc, petit foc, trinquettemisainehunier, voile d'étaigrand-voile, flèche, auxquelles s'ajoutent fortune, voile de cape et foc ballon)

Vitesse maximale sous voiles : 11,5 nœuds par grand vent

Equipage :

1 officier, 5 officiers-mariniers ; 10 quartiers maitres et matelots et 20 élèves.

Équipements/Armements :

1 moteur diesel  Baudoin : 0,2 MW (285 ch)

1radar de navigation, système de transmissions par satellite.

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6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 15:25

Le 5 mai anniversaire des 130 ans d’une tour qui devait durer… 20 ans : la tour Eiffel.

C’est à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889, date qui marquait le centenaire de la Révolution française qu’un grand concours est lancé dans le Journal officiel.

L'objet du concours : « étudier la possibilité d’élever sur le Champ-de-Mars une tour de fer, à base carrée, de 125 mètres de côté et de 100 pieds de hauteur (300 mètres). 

Parmi les 107 projets présentés, c’est celui de Gustave Eiffel, qui est retenu. 

Les deux principaux ingénieurs, de l'entreprise Eiffel Émile Nouguier et Maurice Koechlin, ont l'idée en juin 1884 d'une tour très haute, conçue comme un grand pylône formé de quatre poutres en treillis écartées à la base et se rejoignant au sommet, liées entre elles par des poutres métalliques disposées à intervalles réguliers.

Pour rendre le projet plus acceptable par l'opinion publique, les ingénieurs  demandent à l'architecte Stephen Sauvestre de mettre en forme le projet.

L'entreprise Eiffel maîtrise parfaitement le mode de construction métallique des rivets posés à chaud : L’assemblage est d'abord réalisé sur place par des boulons provisoires, puis remplacé au fur et à mesure par des rivets posés à chaud.

En se refroidissant, les rivets se contractent, assurant le serrage des pièces les unes avec les autres. 

Il faut une équipe de quatre hommes pour poser un rivet le premier le chauffe, le second le tient en place afin que le troisième forme la tête, pour que le quatrième achève l'écrasement à coups de masse.

Avant même la fin de sa construction, la Tour est critiquée par le monde des lettres et des arts : « …"ce squelette de beffroi"(Paul Verlaine);… 

…"cette haute et maigre pyramide d'échelles de fer, squelette disgracieux et géant, dont la base semble faite pour porter un formidable monument de Cyclopes, et qui avorte en un ridicule et mince profil de cheminée d'usine" (Maupassant) .

Construite en 2 ans, 2 mois et 5 jours (28 janvier 1887-31 mars 1889), cettemerveille de précision fut pour l’époque une prouesse technique reconnue par tous les chroniqueurs.

Face au succès populaire que rencontre  la ‘Tour’, les polémiques s'éteignent d'elles-mêmes.

Cette construction hors norme mérite quelques chiffres :

Il n'a fallu que cinq mois pour construire les fondations et vingt et un mois pour réaliser le montage de la partie métallique de la Tour.

Les piles reposent sur des fondations en béton installées à quelques mètres sous le niveau du sol sur une couche de gravier compact. Chaque arête métallique dispose de son propre massif, lié aux autres par des murs. Les 4 piliers forment un carré de 125 m de coté.

Côté Seine, on a employé des caissons métalliques étanches, où l'injection d'air comprimé permettait aux ouvriers de travailler sous le niveau de l'eau.

La Tour montée à l’aide d’échafaudage en bois et de petites grues à vapeur fixées sur la tour elle-même, des ‘boites à sables’et des vérins hydrauliques (remplacés après usage par des cales fixes), permettent de régler la position de la charpente métallique au millimètre près.

En janvier 1887,  le premier étage est achevé le 1er avril 1888, le deuxième le 14 août1888.

Le montage s’achève définitivement avec le sommet, le 31 mars 1889 où Gustave Eiffel sera décoré de la Légion d'Honneur sur l'étroite plate-forme du sommet.

Pour construire ‘la Dame de fer’,  5 300 dessins d’atelier  seront nécessaire, 50 ingénieurs et 150 ouvriers dans l’usine de Levallois-Perret et entre 150 et 300 sur le chantier.

Coté ‘ferraille’: Chacune des 18 038 pièces métalliques, sont dessinées et calculées avant d'être tracées au dixième de millimètre.

2 500 000 rivets (1/3 seulement ont été directement posés sur le site et un poids total de 10 100 tonnes.

7300 tonnes de fer, 60 tonnes de peinture !!

Tour par elle même :

Hauteur initiale : 312 m ; hauteur actuelle : 324 m 

1erétage : 57 m, 445m2

eétage : 115m, 1430m2;

3eétage : 276m, 250 m2

Symbole de la France, vitrine de Paris, c’est le monument le plus visité au monde.

Elle devait durer 20 ans, elle fut sauvée grâce aux expériences scientifiques et les premières transmissions radios, puis de télécommunication, les premières émissions de radio publique en 1925 et de télévision noir et blanc, puis couleur jusqu’à la TNT d’aujourd’hui.

La Tour n’est pas la seule réalisation de cet ingénieur passionné, véritable génie qu’était Gustave Eiffel.

Je vous en parlerai dans le prochain article.

Source : Site de la Tour Effeil

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 16:19

 

 

 

 

 

 

 

 

Joyeux 1er mai

à mes lecteurs .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Protégé par deux feuilles, parfois trois, ses fleurs en forme de petites clochettes disposées le long d’une hampe unique, toutes tournées du même côté, le muguet est plus que jamais la fleur emblématiquedu 1er mai

Offrir du muguetce jour-là, c’est souhaiter beaucoup de bonheur… et si le brin comporte 13 clochettes, c ‘est du bonheur pour toute l’année! 

La légende grecque veut que le muguet fût créé par Apollon, afin d’offrir à ses neuf nymphes aux pieds nus un tapis doux et parfumé sur lequel marcher.

La chrétienté dit que Saint Léonard, ermite réfugié en forêt dût se battre contre un dragon. Sorti vainqueur on dit que les gouttes de sang qu’il versa au cours de la bataille donnèrent naissance à des pieds de muguet. 

Le brin de muguet a souvent été associé à Marie, les larmes versées au pied de la Croix par la Vierge auraient donné naissance aux fleurs de muguet en forme de clochettes blanches.

Au Moyen Age, mai était le mois des « accordailles » (mariages)  et la tradition voulait que l’on accroche un bouquet de muguet à la porte de la bien-aimée, la blancheur des fleurs symbolisant la pureté.

A la Renaissance, dans les campagnes françaises, il était de coutume de s’offrir du muguet pour chasser les difficultés de l’hiver.

La légende veut qu'en 1560, Charles IX et sa mère Catherine de Médicis visitant le Dauphiné, le chevalier Louis de Girard de Maisonforte offre au jeune roi, en guise de porte bonheur, un brin de muguet cueilli dans son jardin à Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Le roi, à partir de 1651 à chaque printemps offre un brin de muguet aux dames de la cour en disant : « Qu'il en soit fait ainsi chaque année ». La coutume d’offrir un brin de muguet le 1ermai  s’étend rapidement à travers tout le pays.

Une autre version veut qu'en 1560, Catherine de Médicis charge le chevalier de Saint-Paul-Trois-Châteaux, d’une mission secrète auprès des Borghèse, riche famille italienne.

Ce dernier en guise de réussite de sa mission, offre au roi à la cour de Fontainebleau un bouquet de muguet trouvé dans les bois.

A la Révolution dès 1793, Fabre d’Églantine dans le calendrier républicain propose une fête du Travail : « jour du travail » le 3e jour des sans-culottide (le « tridi »), mais associe le muguet au « jour républicain », le 26 avril (7e jour du mois de floréal) et non le 1ermai, rompant ainsi avec la tradition royale.

Le 1ermai 1895 le chansonnier Félix Mayol, (auteur de « Viens poupoule »), arrivant  à Paris, se voit offrir un bouquet de muguet par son amie parisienne Jenny Cook. Le soir de sa première, il porte à sa jaquette un brin de muguet. Le concert fut un tel succès qu’il décide de conserver ce porte-bonheur, le brin de muguet devenant son objet fétiche.

La tradition de pouvoir vendre le muguet sur la voie publique remonte à Claude-François de Payan, ami de Robespierre.

Avec l'avènement des congés payésen 1936, la vente du muguet par les particuliers et les associations sur la voie publique est officiellement tolérée le 1ermai,en respectant toutefois les autres obligations légales (vente de muguet du jardin ou des bois et non pas de muguet acheté). 

En 1941 sous l’Occupation, le maréchal Pétain déclara le 1er mai « Fête du Travail et de la concorde sociale »afin de rallier les ouvriers au gouvernement de Vichy. Le jour devient férié, chômé et payé. L'églantine rouge, associée à la gauche, est remplacée par le muguet.

Depuis 1982, le muguet est la fleur nationale de la Finlande. Les noces de muguet symbolisent 13 années de mariage.

En l’honneur de Félix Mayol, figure toulonnaise, le RTC, club de rugby de la ville, a intégré le muguet dans son emblème.

À la Belle Époque, les grands couturiers français offrent le 1ermai un brin de muguet à leurs petites mains et à leurs clientes. Christian Dior en fait l’emblème de sa Maison de couture et un parfum : Diorissimo de Dior.

Le muguet fleur sans aucune connotation amoureusepeut s’offrir  sans modération !!

Joyeux premier mai…

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