De passage à Vannes, nous découvrons en plein centre piétonnier au fond d’une impasse un petit restaurant haut en couleur : ‘La mère 6 sous.’
Au regard du menu : selon l’humeur du chef... ; Nous entrons.
Le décor des deux salles nous emporte dans une brocante : un ancien poste de radio, un ancien landau des années 50 et des affiches et photos d’époque…
Le menu arrive, en première page l’histoire de ‘La mère 6 sous’ :
Georgette est née en 1916 en Alsace. Son père, rémouleur, passait de rue en rue, aiguisant les couteaux en échange de menue monnaie.
La petite famille ne roulait pas sur l’or mais Georgette ne ressentait aucun manque, car son frère, sa soeur et elle, avaient toujours l’assiette bien remplie par une maman qui faisait des miracles avec peu de denrées.
Le week-end prenait des airs de fête, le père mettait son joli bleu du dimanche fraichement repassé, et la mère préparait sa flammekueche et son parmentier de bœuf qui parfumaient la maison.
Après le repas, le père prenait son accordéon et accompagnait la mère, qui es d’une belle voix reprenait les airs célèbres de ces années là.
Les années passèrent, Georgette devint une ravissante femme, faisant tourner le cœur des garçons. Elle travaillait dans un bistro, proche des halles où les garçons « boucher » s’empressaient à leur pause du midi de venir déguster un bon pot-au-feu.
Elle fit la rencontre de Victor, son bel amoureux pour qui son cœur chavira.
Ils partirent en noces, et furent heureux jusqu’à ce triste jour de septembre 1939 où Victor dû prendre les armes et partir au front, et ne revint jamais.
Georgette, veuve inconsolable, décida de quitter l’Alsace pour rejoindre sa grande tante qui habitait en Bretagne et tenait un petit bistro à Vannes.
Cette vieille dame n’ayant pas d’enfants, considéra vite Georgette comme sa propre fille.
Lorsque sa grande tante ferma les yeux, Georgette hérita de son bistrot et affiche le prix de chaque plat à 6 sous permettant ainsi aux plus pauvres de s’offrir un moment de bonheur. Et pour parfaire ces moments heureux, un accordéoniste venait à la fin de chaque repas accompagner Georgette dont la voix au joli vibrato n’avez rien perdu de sa douceur.
La légende de la mère 6 sous était née.
Elle mourut heureuse ayant apporté beaucoup de bonheur autour d’elle, laissant ce beau restaurant, dont les murs embaument encore le fumet de ses bons plats et résonnent de sa jolie voix…
La cuisine est traditionnelle avec des spécialités locales, sans chichi mais avec générosité et si le service est à l ‘avenant il n’en est pas moins très sympathique.
Les rois de France, jusqu'à la Révolution, changent d'emblème à leur guise et nul ne se soucie de vénérer leurs couleurs.
C’est sous Henri IV (1589-1610), que les couleurs bleu, blanc et rouge commencent à émerger.
Le 17 juillet 1789, peu après la prise de la Bastille, Louis XVI est accueilli à l'Hôtel de Ville par une foule arborant sur la tête une cocarde aux couleurs de Paris : le bleu et le rouge.
L’origine du drapeau tricolore reste encore largement méconnue, cela laisse la place à de multiples récits et anecdotes (pas toujours vérifiés) mais rendent la naissance du drapeau national plus pittoresque voire poétique.
Ainsi, La Fayette, raconte dans ses Mémoires qu’ il obligea Louis XVI à porter la cocarde tricolore, signe de « l'alliance auguste et éternelle entre le monarque et le peuple», pour se rendre à l’hôtel de ville de Paris le 17 juillet 1789 (3 jours après la prise de la Bastille).
Le blanc représentant la monarchie, le bleu et le rouge, la ville de Paris.
Devenu chef de la Garde nationale le 31 juillet 1789, il aurait officialisé la cocarde tricolore en la remettant solennellement à la municipalité de Paris avec ces paroles : « Je vous apporte une cocarde qui fera le tour du monde ».
Cette démarche est également revendiquée par Jean Bailly, maire de Paris.
Pour d'autres témoins, c'est le roi en personne et de sa propre initiative, qui a associé les rubans bleu et rouge de la Garde nationale à sa cocarde blanche.
Ceci dit, il n'est pas certain non plus que le roi se soit présenté devant les Parisiens avec la cocarde blanche qui le définit comme chef des armées !
Toujours est-il que l’année suivante, lors de la Fête de la Fédération au Champ de Mars, la cérémonie est entièrement pavoisée de bleu, blanc et rouge.
Jacques François de Menou (député de la noblesse de Touraine aux Etats Généraux en 1789), lors de la séance du 24 octobre 1790 à l'Assemblée nationale fait adopter le remplacement du pavillon blanc des vaisseaux de guerre et navires de commerce français par un pavillon à trois bandes verticales : rouge près de la hampe, blanc au centre (cette bande sera plus large que les autres) et bleu enfin.
C’est le 15 février 1794 (27 pluviôse an II), sur l'initiative du pasteur André Jeanbon, (dit Jeanbon Saint-André), député de Montauban, que la Convention Nationale décrète qu'à compter du 1er prairial An II(20 mai 1794), le pavillon sera formé des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales posées verticalement »pour mettre fin à la fantaisie des couleurs dans la Marine française, sujette à confusion dans les combats.
Ces règles destinées aux pavillons des navires s'appliquent dans la foulée à l'ensemble des drapeaux de la Nation.
La légende voudrait que ce soit le peintre Louis David qui ait choisi l'ordre des couleurs… pour des raisons d'esthétisme que le bleu soit fixé à la hampe.
Peu importe, le drapeau tricolore prend sa forme définitive.
À plusieurs reprises, le drapeau tricolore fut menacé.
Il disparaît avec le retour de la monarchie de 1814 à 1830, puis lors des « Trois glorieuses », les 27, 28 et 29 juillet 1830 les républicains arborent sur les barricades, , le drapeau tricolore comme signe d'insurrection et de ralliement contre Charles X.
Louis-Philippe réaffirme que le drapeau de la France est le drapeau bleu, blanc, rouge et proclame : « La nation reprend ses couleurs ».
Lors de la proclamation de la République, le 25 février 1848, les insurgés veulent un drapeau totalement rouge. Lamartine, homme politique harangua la foule et en poète trouve les mots pour sauver le drapeau national : « ... le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. [...] Si vous m'enlevez le drapeau tricolore, sachez-le bien, vous enlevez la moitié de la force extérieure de la France, car l'Europe ne connaît que le drapeau de ses défaites et de nos victoires dans le drapeau de la République et de l'Empire. En voyant le drapeau rouge, elle ne croira voir que le drapeau d'un parti ; c'est le drapeau de la France, c'est le drapeau de nos armées victorieuses, c'est le drapeau de nos triomphes qu'il faut relever devant l'Europe. La France et le drapeau tricolore, c'est une même pensée, un même prestige, une même terreur au besoin pour nos ennemis (Alphonse de Lamartine).
Le drapeau tricolore est aujourd'hui le seul emblème national de la France, défini par l'article 2 de la constitution de la Cinquième République.
Le pavillon particulier de la Présidence de la République.
Il apparaît pour la première fois avec le décret du 20 mai 1885 qui précise : « Le bâtiment monté par le président de la République arbore au grand mât le pavillon carré aux couleurs nationales, au centre duquel ses lettres initiales sont brodées en or. Toute autre marque distinctive est alors rentrée. L’embarcation montée par le Président de la République porte le même pavillon à l’avant et le pavillon national à la poupe».
La plupart des présidents de la République ont orné le blanc du drapeau national de leurs initiales.
Chef de l'État français pendant la Seconde Guerre mondiale, le maréchal Pétain, fait frapper le blanc de son pavillon personnel de son bâton de maréchal orné d’une francisque
Le général de Gaulle choisit de reprendre sur sa marque personnelle ‘la croix de Lorraine’, symbole de la France libre.
Valéry Giscard d'Estaing choisit, un faisceau de licteur
François Mitterrand un arbre, mi-chêne mi-olivier.
Jacques Chirac, a utilisé un drapeau tricolore sans autre signe distinctif, ainsi que les Présidents suivants.
C’est au cours d’un circuit pédestre de la pointe de Kerners et de la Palisse, que l’on découvre sur le coté du chemin, l’allée couverte du Grand Niol, édifice mégalithique, entre Arzon et Kerners (56).
Ce monument mégalithique compte parmi les premières architectures de pierre édifiées dès le Vème millénaire par es sociétés d’agriculteurs/éleveurs du Néolithique.
Ces constructions, exposées au fil du temps à diverses dégradations, nous parviennent aujourd’hui sous différentes formes plus ou moins complètes.
L’allée du Grad-Niol apparaît conservé sous l’apparence d’un monticule de terres et pierres appelé ‘tumulus’ abriant un tombeau mégalithique communément désigné par le terme de ‘dolmen’.
Ce tombeau, constitué de gros blocs de granit entre lesquels s’intercale une maçonnerie de pierres sèches, présente un couloir conduisant à une chambre funéraire dotée d’un petit cabinet latéral aménagé à l’entrée.
Exploré en 1895 par F. Gaillard, l »édifice a livré les restes d’un équipement mobilier composé d’outils en pierre (pierre de flèches, haches polies), d’éléments de parure (variscite*) et quelques fragments de céramiques.
On remarque la présence d’éléments en béton, qui résulte de restaurations effectuées depuis 1936 afin de préserver l’équilibre fragile de cette structure menaçant de s’écroule.
Plusieurs piliers portent des gravures typiques du répertoire de l ‘époque : signe en U, en crosses, en écussons, haches emmanchées.
Ces gravures, dont les tracés se perdent parfois dans les cassures, témoignent du réemploi des dalles ornées, prélevées sur quelques autres architectures pour servir de matériau de construction.
Les surfaces des deux dalles de couverture conservent la cicatrice d’une tentative de débitage beaucoup plus récente (ligne de mortaises modernes), attestant la pérennité de cette pratique de récupération des matériaux responsable de la disparition d’un bon nombre de monuments mégalithiques.
Quitter le chemin de randonnée pour admirer ce monument vaut le détour, respectons et protégeons cet héritage.
Sources : panneau iconographique : C. Boujot – Service Régional de l’Archéologique de Bretagne.
Mardi 30 octobre ; j’assistais avec un grand nombre de Sarzeautins à la mise en place du clocheton de l’église Saint Saturnin (Evêque martyr de Toulouse).
Spectacle impressionnant de voir s’élever à 26 mètres du sol ce clocheton de 9,5 mètres de hauteur, 2,7 m d’envergure et d’un poids de 5,4 tonnes (8 tonnes avec sa cloche).
Retour en arrière sur l’église et cette rénovation.
L’église St Saturnin
L’église actuelle datant du XVIIème siècle a été reconstruite suite à l’effondrement de la toiture sur l’emplacement d’une première église, qui a règnée pendant 7 siècles (elle était certainement de style romane).
Le 6 aout 1683, bien que la reconstruction n’était pas terminée, tout Sarzeau assistait à la bénédiction de la nouvelle église dont la première pierre avait été posée par le recteur Vincent de Serent le 8 septembre 1670.
Sur cette nouvelle église, à la croisée du transept s’élevait un clocheton, qui au cours des siècles s’est détérioré et menaçait outre la sécurité, la charpente de l’église.
En 1989, la municipalité décida de retirer le clocheton, ce qui fut fait le 16 mai.
Fin février 2018 commençait le chantier de rénovation de la charpente afin d’accueillir le nouveau clocheton avec sa cloche.
Une des difficultés techniques de ce chantier fut l’absence de documents originaux : pas de plan du vieux clocheton et comble de malheur, le clocheton avait été détruit lors de sa dépose !! Seule la croix de 2 mètres de haut en fer forgé et équipée d’une girouette a été conservée et retrouvera sa place au dessus du clocheton.
L’architecte du chantier a dû faire des relevés sur place et reconstituer l’ensemble grâce à des photos et aux documents d’époque.
La fabrication de cette structure en chêne a nécessité plus de 500 heures de travail dans les ateliers Perrault installés depuis 1760 dans la région Angevine à St Laurent ce la Plaine.
Ensuite le clocheton, transporté sur le parvis de la mairie le 3 septembre 2018 où Sarzeautins et visiteurs ont pu pendant les deux mois de travaux découvrir le travail des professionnels de l’entreprise Lesturtel, recouvrir cette charpente de plomb et d’ardoise comme à l’originale.
Restauration de la cloche
Des réparations de soudure étaient également nécessaires à la bélière d'une des cloches de l'église.
Cette cloche, don du capitaine des douanes Yves-Joseph Cadet avait été fondue en 1847 à Villedieu, dans la Manche.
Le parrain effectif, Paul Roucel, capitaine, fils d'un ancien maire de la commune et la marraine Louise du Bodan, propriétaire du château du Guerric, assistaient le 5 octobre 1849, à la bénédiction de cette cloche.
Yves-Joseph Cadet , son généreux donateur qui devait être le parrain, n'eut jamais le plaisir d'entendre le tintement de sa cloche, ayant disparut en janvier 1849.
La nouvelle cloche
Avant de rejoindre le sommet du toit de l’église, dimanche 28 octobre, à l’occasion de la messe dominicale eu lieu le baptême de la nouvelle cloche ‘Anne-Marie’, en présence des autorités civiles, religieuses et Annie Larzul, Yves Borius, ancien maire de Sarzeau (qui avait fait déposer le clocheton) marraine et parrain.
Le prénom de la cloche ‘Anne-Marie’ fut choisi par monsieur David Lappartient (maire de Sarzeeau) très attaché au prénom d’Anne de Bretagne, et par le père Joubaud, curé doyen de la commune, en hommage à Marie.
Ce nouveau clocheton devrait orner l’église pour les 400 prochaines années… Un pan de l’histoire de Sarzeau est retrouvé !
Cet été au cœur de la Bretagne, nous découvrons Ploërmel et son horloge astronomique
Genèse de cette horloge :
A Ploërmel, au coeur de la Bretagne, Jean-Marie de La Mennais et Gabriel Deshayes, fondent l’Institut des frères de l’Instruction Chrétienne.
Le frère Bernardin (Gabriel Morin 1812-1876), professeur de mathématiques, d’astronomie et de navigation dans les trois unités d’enseignement fonctionnant alors de pair dans cette institution (collège secondaire, école primaire supérieure et noviciat des frères), voulu dans un projet pédagogique créer une horloge astronomique pour illustrer ses cours.
Entièrement imaginée par le Frère (Des calculs complexes réalisés uniquement avec un compas et un rapporteur) et construite avec ses élèves, le soir après les cours, entre 1850 et 1855
Les élèves ont dû fabriquer chaque pièce (1200 pièces d’engrenages et 250 pignons) dans du carton avant de demander aux frères artisans de les modéliser en laiton.
Les lois de 1903-1904 expulsent le 12 février 1904 les frères de Ploërmel, et l’horloge sera mise en vente aux enchères, au poids du métal… il n’y aura aucun acquéreur.
Le rachat de la maison en 1909 permet d’y installer l’école La Mennais et de créer une école d’agriculture. Après 1940, celle-ci sera transférée à La Touche et les groupes de frères reprennent possession des locaux.
Chef d’œuvre d’horlogerie :
Placée dans un kiosque, dans la cour intérieure du couvent de la congrégation des frères de Ploërmel, cette horloge astronomique très élaborée est remarquablement précise.
Dotée de dix cadrans et d’un système planétaire elle donne l’heure solaire, la date du jour, les fuseaux horaires du monde entier, la carte du ciel, la position de la lune par rapport au soleil.
L’horloge : lecœur du système :
Tous les cadrans reçoivent leur mouvement de l’horloge centrale par trois tiges horizontales que l’on voit derrière les cadrans, elle se remonte à la main tous les jours.
L’horloge comporte deux parties principales:
L’horloge proprement dite avec ses dix cadrans portés sur un même tableau et le système planétaire qu'elle met en mouvement.
Elle sonne les heures, les quarts d'heure et l'angélus à l'heure solaire (6 h, 12 h et 18 h).
Le système planétaire est représenté par les huit planètes connues à cette époque (Terre, Soleil, Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne).
Ne figure donc pas Neptune (découverte en 1846) et Pluton (découverte en 1930). On peut supposer que si ces astres avaient été connus de lui, le frère Bernardin les aurait mis en mouvement !
Toutes les données sont actualisées minute par minute, calculées à partir de Ploërmel.
Les planètes gravitent tout autour du soleil à leurs distances proportionnelles respectives.
Les cadrans :
Cadran N° 1 : Il indique l’heure moyenne de notre fuseau (Greenwich). Notre heure légale en France est avancée d’une 1 heure en hiver et de 2 heures en été.
Cadran N° 2 : Ce n’est pas une horloge, c’est un calendrier qui indique la date (petite aiguille) et le jour (grande aiguille).
Cadran N° 3 : Le mois lunaire qui compte 29,453 jours moyens.
La grande aiguille (dorée) indique les phases de la lune et la petite (blanche) indique le mois, la saison et le signe du zodiaque.
Cadran N° 4 : L’équation du temps, (différence entre le temps vrai et le temps moyen) est donnée par la petite aiguille blanche.
Le temps vrai est celui indiqué par le cadran solaire, il suit donc les irrégularités de la marche du soleil.
Le temps moyen, absolument régulier est donné par une horloge mécanique par exemple.
La différence entre le temps vrai et moyen peut aller jusqu’à 17 minutes en plus ou en moins. Cette différence provient, entre autre, du faite que la terre parcourt autour du soleil n’est pas un cercle parfait, mais une ellipse presque circulaire et à vitesse irrégulière (loi de Kepler).
La grande aiguille (dorée) tourne en sens inverse des aiguilles d’une montre.
Les deux rectangles sont mobiles et indiquent le lever et le coucher du soleil. Ils sont mus par deux roues excentriques situées derrière les cadrans.
Ils sont au bas vers le 21 juin et au plus haut vers le 12 décembre.
Cadrans 5 et 6 : Ils donnent le temps moyen pour le monde entier.
Ces cadrans font un tour sur eux-mêmes en 24 heures.
Il est midi au bas du cadran 5 et au sommet du cadran 6.
Il est minuit au bas du cadran 6 et au sommet du cadran 5.
Cadran N° 7 : Il donne les positions de la lune, de la Terre et du Soleil.
A la nouvelle lune, les deux aiguilles sont l’une sur l’autre.
` A la pleine lune, elles sont dans le prolongement l’une de l’autre.
Pour le 1eret dernier quartier, elles forment un angle droit.
Cadran N° 8 et 9 : Ces cadrans donnent l’aspect de la voûte céleste à chaque instant pour Ploërmel.
La ligne jaune représente l’écliptique (trajet du soleil à travers les constellations du zodiaque) tout au long de l’année.
Ces deux cadrans font un tour en un jour sidéral (23h 56 mn)
Cadran N° 10: La position du soleil et la mesure du temps :
La grande aiguille (dorée) fait le tour du cadran en un an, elle donne la position du soleil sur l’écliptique par son ascension droite et sa déclinaison.
L’aiguille blanche fait un tour par siècle, elle marque les années.
La petite aiguille (noire) fait un tour en mille ans !! Elle marque les siècles.
Notes :
L’horloge astronomique commença à fonctionner en 1855, elle est classée monument historique par arrêté ministériel du 25 juin 1982.
En 1920 l’horloge a été restaurée par la maison Terraillon de Morez (39), puis en 1979 par la maison Unger de Strasbourg où trois pignons ont été refaits.
Le système planétaire a été restauré en décembre 2008, avec la participation de la Région Bretagne la DRA).
Pour aller plus loin :
Les planètes du système solaire : position en partant du Soleil
Le Soleil :
Il fait partie d’un système stellaire d’environ 140 milliards d’étoiles : la Voie lactée, notre galaxie. Etoile centrale de notre système planétaire autour duquel tourne 8 planètes (plus 5 planètes naines et des milliards d’astéroïdes)
Mercure :
1èreplanète du système solaire (les premières traces écrites sur Mercure date des sumériens).
Vénus :
L’étoile du berger est la 2èmeplanète du système, c’est l’astre le plus brillant après le Soleil et la lune.
Connue depuis l’âge de bronze, les babyloniens l’avait associée à la déesse Ishtar
La Terre :
3èmeplanète de notre système solaire, elle est âgée de 4,6 milliards d’années.
La Terre possède un satellite : la Lune.
Mars :
Connue de la préhistoire, c’est la 4èmeplanète en partant du Soleil.
Elle dit son nom au dieu grec de la guerre Arès, puis à son équivalent romain, la couleur rouge de sa surface évoquant le sang des champs de batailles.
Jupiter :
Au 5èmerang, c’est la plus grosse planète du système solaire.
Elle est connue depuis la préhistoire. Jupiter est le 4èmeobjet le plus clair du ciel après le Soleil, la Lune et Vénus. En observant ces 4 satellites en 1610, Galilée découvre pour la première fois un mouvement non-centré sur la Terre, ce qui fut un point majeur de la théorie héliocentrique de Copernic.
Elle doit son nom au dieu le plus important des romains qui gouverne la terre et le ciel, elle est également associée au dieu grec Zeus.
Saturne :
6èmeplanète, 2ièmeplus grosse du système solaire.
En 1610, Galilée observe une étrangeté de chaque coté de la planète… mystère jusqu’en 1656 où le hollandais Christian Huygens découvre que c’était des anneaux.
Elle doit son nom au dieu romain qui préside la période précédant le solstice d’hiver.
Uranus :
Sa découverte par William Herschel est très récente. Elle date du 13 mars 1781. Elle avait pourtant été observée beaucoup plus tôt, mais confondue avec une étoile.
Son nom est du à la divinité grecque du ciel, le père du cosmos (Saturne) et le grand père de Zeus (Jupiter).
Uranus fut d’abord baptisée la planète de Herschel, nom de son inventeur qui voulait l’appeler ‘L’astre Georges’ (nom du roi Georges III). En 1781, Johann Bode la nomma … Uranus
Neptune :
Cette 8èmeplanète est la première découverte grâce à des calculs mathématiques.
C’est en cherchant à expliquer les anomalies observées dans les mouvements d’Uranus, que le mathématicien Jean Joseph Urbain Le Verrier, déduit l’existence de Neptune. Le Verrier s’adresse à son ami Johann Gottfried Galle qui la découvre le 23 septembre 1846.
Neptune avait déjà été observée en 1795 par Lalande qui l’avait prise pour une étoile mais… 234 ans auparavant le 28 décembre 1612 Galilée l’avait remarqué alors qu’il observait Jupiter.
Pluton :
Classée comme planète pendant 76 ans, avant que l’UAI (Union Astronomique International) la classe dans une nouvelle catégorie des planètes : les planètes naines.
C’est Clyde Tombaugh, astronome amateur qui observant le ciel le 18 février 1930.
L’ennui, c’est qu’ils ne le savent pas… Ainsi commence le livre de Mickaël Launay, lu avec passion.
Nous employons à longueur de temps certainement sans (trop) connaître leurs origines : les signes des quatre opérations de base.
Les savants anciens n’avaient pas de langage spécifique pour écrire les mathématiques.
Les symboles pour les quatre opérations élémentaires (+ ; - ; ÷ ; x), ne furent inventés qu’à la Renaissance.
Pendant cinq millénaires, des Mésopotamiens aux Arabes en passant par les Grecs, les Chinois et les Indiens, les formules mathématiques étaient écrites avec le vocabulaire des langues du pays du mathématicien.
Pour faire face à cette complexité, les mathématiciens musulmans dans les derniers siècles du Moyen Âge vont peu à peu simplifier ce langage, mais c’est en Europe entre le XVe et XVIe siècle que le mouvement va prendre toute son ampleur.
Dans un premier temps, de nouveaux mots spécifiques aux mathématiques apparaissent, ainsi le mathématicien gallois Robert Recorde propose au milieu du XVIe siècle une nomenclature de certaines puissances du nombre inconnu.
C’est l’Allemand Johannes Widmann vers 1460 qui est le premier à employer les signes ‘+’ et ‘-‘ pour désigner l’addition et la soustraction.
Début du XVIe siècle, l’Italien Tataglia est l’un des premiers à utiliser des parenthèses ‘( )’ dans des calculs.
L’Anglais Robert Recorde, en 1557 utilise pour la première fois le signe ‘=’ pour désigner l’égalité.
Le Néerlandais Rudolph Snellius en 1608, se sert d’une virgule pour séparer la partie entière et la partie décimale d’un nombre.
En 1621, l’Anglais Thomas Harriot introduit les signes ‘< > ; pour marquer l’infériorité ou la supériorité de deux nombres.
L’Anglais William Oughtred, en 1631, utilise la croix (x) pour noter la multiplication et devient en 1647 le premier à utiliser la lettre grecque pi (π) pour désigner le fameux rapport d’Archimède.
L’obèle (signe de la division ÷), fut employé pour la première fois en 1659, par l’Allemand Johann Rahn.
En 1525, l’Allemand Christoff Rudolff désigne la racine carré par le signe ‘√’ (sans la barre horizontale) auquel le français René Descartes rajoute une barre horizontale en 1647 : (√)
Tout cela ne s’est pas fait de manière linaire et ordonnée, ainsi un siècle après l’introduction des signes +et – la communauté mathématique ne les avait pas toujours complétement adoptés et beaucoup de ces savants utilisaient encore les lettres Pet M, initiales des mots latins plus et minus, pour désigner l’addition et la soustraction.
Dans son ouvrage l’Isagoge, le savant français François Viète (souvenez vous, l’adversaire du calendrier grégorien (article : les détracteurs du calendrier du 29/12/2009), lance un vaste programme de modernisation de l’algèbre en introduisant le calcul littéral avec des lettres de l’alphabet. Sa proposition est aussi simple que déroutante : nommer les inconnus des équations par des voyelles et les nombres connus par des consonnes.
Cette répartition des voyelles et consonnes sera abandonnée au profit d’une suggestion de René Descartes : les premières lettres de l’alphabet (a ; b ; c…) désigneront les quantités connues et les dernières (x ; y et z)seront les inconnus.
C’est cette convention que nous utilisons encore aujourd’hui et la lettre « x » est devenue jusque dans le langage courant symbole d’inconnu et de mystère.
Et comme l’écrit si bien l’auteur « pas besoin de grand chose pour faire des mathématiques, il suffit d’un soupçon d’audace, d’une bonne dose de curiosité et d’un peu d’imagination … mais il faut aussi accepter lorsque l’on fait des sciences, plus on en sait sur un sujet, plus on mesure l’étendue de notre ignorance. »
Source : Le grand roman des maths de Mickaël Launay (Flammarion)
Vous dites ? Lanturlu ? Je tombe de haut. Vous avez bien dit Lanturlu ?... seriezvous le fils de Casimir ? ce brave Casimir qui me sauva la vie à Champigny, quand nous étions dans la mobile ?... Et vous alliez me tuer, dans votre automobile !
Les Lanturlu se suivent et ne se ressemblent pas, ricanaisje à demi-voix ; mais je me hâtais d’ajouter : Mon père s’appelle en effet, Casimir Lanturlu : est-ce que vous seriez par hasard, M. Célestin Mitonnet ?
Justement, et ma fille que voici se nomme Célestine.
Bon, je vois, ce que vous allez me répondre : qu’il y a réellement du céleste en elle. Fariboles, Monsieur ! laissons là ces fadaises ! Faites-nous savoir plutôt – mais là sérieusement – si votre père est riche.
Quatorze mille francs de rente.
Moi, j’en ai vingtdeux mille… Enfin ça peut aller. »
Là-dessus je me mis à causer avec Mlle Célestine, l’entretenant de mes sentiments, de notre avenir commun, de l’infini plaisir que j’aurais à lui faire parcourir en automobile – oh ! du 20 kilomètre à l’heure tout au plus, afin de pouvoir bavarder gentiment en admirant le paysage – les diverses parties de la contrée qu’elle habite, cette belle <brie où elle est née et que, naturellement, elle met à plus haut prix que le reste du monde.
« Nous aurons un chauffeur, lui disais-je ; nous le choisirons vieux et prudent, et nous lui recommanderons de monter les côtes au pas tandis que grimperons à pied par les sentiers – ces jolis sentiers si étroits que des amoureux seuls peuvent y passer à deux -, histoire de marcher dans la verdure et de nous dégourdir les jambes en écoutant de plus près la chanson des oiseaux.
Tiens, mais qu’estce je deviens, moi, s’exclama M. Mitonnet, dans ces combinaisons ?
Dame, vous devenez mon beaupère.
Mais je ne vous aurai pas plus tôt donné ma fille que moi, je ne l’aurai plus ! »
En vérité, je vous le dis, cet homme est profondément égoïste !... Pour le contenter je répartis d’un air aimable :
« Vous viendrez vivre auprès de nous. Vous y gagnerez un enfant de plus…, sans compter la suite.
Quelle suite ? demandat-il, pendant que sa fille, l’ange de mes rêves, se mettait à rougir.
Et en attendant, poursuivisje sans répondre, nous serons deux à vous aimer. »
Cette considération le calma.
« Je ne puis pourtant guère songer à quitter définitivement mes chers administrés.
Et bien, vous ne les quitterez que de temps à autre, histoire de passer une semaine avec nous.
Bonne idée ! Et le soir je ferai ma partie de piquet – chacun son dada, n’estce pas – avec votre cher père, mon ami lanturlu.
Comptez sur lui, beaupère. Et maintenant adieu. »
Mais la grande banlieue est très hospitalière : on me retint à déjeuner. Repas copieux, du reste brochet de Marne à la mayonnaise, lapin de garenne chasseur, pigeons rôtis, salade, fromage et fruits variés. Oh ! Ce fromage, un poème ! Mais je n’insiste pas. Le tout arrosé d’un joli vin de Lorraine et d’un sauterne goutte d’or. Au dessert, M. Mitonnet me demanda de chanter. On chante encore à la campagne. Je ne me fis point prier et roucoulai de mon mieux – sans que la couleur du vin de Lorraine y fût pour rien – Les roses de mon jardinet, mon obsession actuelle. Ma fiancée applaudit, et me sera la main.
Cependant il fallait songer à revenir. Grâce aux bons soins d’un forgeron habile, l’automobile Proutprout, Teufteuf et Cie – ne pas oublier la marque – se retrouvait en état et ne demandait plus qu’à repartir dare-dare, lorsque Mlle Mitonnet décida – quelle humiliation pour l’admirable véhicule ! - de le faire conduire tranquillement par un cheval de labour à la plus prochaine gare, bureau de la petite vitesse. Quant à moi, je prendrais, pour rentrer à Paris, le train omnibus 997 qui s’arrêt à la halte voisine, et qui me ramènerait lentement mais sûrement. Ce que fille désire, son fiancé doit vouloir.
Je n’avais plus qu’à m’incliner, et c’est ce que j’étais en train de faire lorsque l’ion annonça le fermier du pays qui venait réclamer prix de mes victimes.
Mais alors M. Mitonnet eut un joli mouvement :
« Laisse cela, me dit-il, je vous donne ma fille et je paierai les oies. »
Médéric Carot.
Source : La Brie qui rêve, contes et légendes (Presse du Village)
Pour le soir de noël voici l’histoire du mariage de Lanturlu, conte de Médéric Carot, poète briard.
Et bien, c’est fait, dès demain les bans seront publiés… Mariage d’amour !... Vous n’en revenez pas ? Moi non plus, et pourtant… Mon Dieu oui, mesdames et messieurs, Frédéric Lanturlu, ce jeune très chic, expéditionnaire, s’il vous plaît, au ministère de l’Extérieur, poète intermittent, musicien d’occasion, et, par-dessus tout, amateur enragé d’automobilisme, Frédérique Lanturlu, l’enfant adoré de son père qui, n’ayant rien à lui refuser, ne lui refusera pas cela, Frédéric Lanturlu se marie, à sa grande satisfaction et l’ange de ses rêves.
La cause ? Il y a en a plusieurs.
D’abord une valse danse, l’automne dernier, dans un salon ami, avec une jeune personne très distinguée, de la grande banlieue.
Détail insoupçonné en l’occurrence, cette grande banlieue. On se quitta sans s’être parlé, à part quelques mots de stricte impolitesse, –sans avoir osé même s’informer l’un de l’autre.
J’ignorais son nom, sa naissance…Toujours vrais, toujours neufs, voyez-vous, ces bons vieux opéras comiques.
Mais le coup de foudre y était : il était en plein, le coup de foudre, -et même en partie double… coup de foudre, soit bénit !
Et dire que son mon accident d’aujourd’hui, cette première cause aurait pu demeurer à l’état d’incident isolés !…
Automobile, soit béni ! Car enfin, pensez-y mesdames et messieurs on aurait pu se connaître et l’on ne se connait pas… et l’on s’ignorera jusqu’à la fin des siècles ! Si nous trouvez que c’est drôle !...
Oh ! L’ange de mes rêves ! Comme l’hiver fut long ! et comme, aux premiers jours du renouveau, m’assiégèrent les songeries !...
C’est ce qui fait que ce matin, dès l’aube, je mettais mis à chanter - j’improvise facilement – une romance dans laquelle – sans le chercher, la fois ! – je dépeignais mon état d’âme.
Les roses de mon jardinet
A la brise se sont ouvertes ;
Le pinson, le Rossignolet
Font leur nid sous les feuilles vertes.
On n’entend plus dans les buissons
Que pépiements et que ramages ;
Que disent-ils dans leurs chansons
En lissant leurs jolis plumages ?
Ils disent que c’est le printemps.
Ils disent que la feuille de pousse.
Ils disent que la vie est douce
Aux gais amoureux de vingt ans.
Mon cœur aussi s’est réveillé
Avec les nids, les fleurs nouvelles ;
L’hiver il avait sommeillé,
Mais il a retrouvé ses ailes.
Je le sens palpiter en moi,
Chanter, bondir d’aise ;
D’où lui vient cet étrange émoi,
Et que faut-il pour qu’il s’apaise ?
Il faut que le printemps
Ramènes quand la feuille pousse,
Ce qui fait que la vie est douce
Aux gais amoureux de vingt ans.
Lorsque que le cœur c’est animé
Parmi le renouveau des choses,
Il n’est plus las d’avoir aimé
Il a senti s’ouvrir les roses
Et pareil, dans l’éclat du jour,
Au légers oiseaux qu’il adore
Il s’élance encor vers l’amour,
Au risque de souffrir encore.
Mais qu’importe ?
C’est le printemps !
Célébrons la feuille qui pousse
Et trouve que la vie est douce
Même quand on n’a plus vingt ans.
J’en étais là de mes couplets lorsqu’un toc toc, j’entends frapper à ma porte, et couplevent, l’aimable couplevent, le représentant bien de la maison Proutprout et Ciese précipite devant moi et me dit : « Voulez-vous faire du 120 à l’heure ? Système à essayer. Moi, je n’ai pas le temps aujourd’hui. La carrosserie ? Chef-d’œuvre d’élégance ; le moteur ? ah ! le moteur, mon cher, merveille de mécanique ! »
Et me voilà parti. Je fais du 120 à l’heure, voire du 150.
C’est stupide, c’est idiot ; on ne voit rien, on ne respire plus, le paysage est supprimé, le vertige vous prend, la machine, elle aussi, s’emballe, et tout à coup, au milieu de cris et de vociférations, je me sens précipité à terre.
Instinctivement, dans dernier quart de seconde, j’ai tourné la manette, et le devant de ‘automobile est allé s’aplatir –presque doucement, ma fi !- sur un perron au bas duquel se tiens un gros monsieur tout effrayé, et que domine, de sa silhouette gracieuse, une belle jeune fille aux cheveux blonds, toute effrayée aussi.
Quant à moi, si violente que m’ai parue la secousse, je suis demeuré debout. Tout d‘abord ahuri, je redresse la tête et me rends rapidement compte de la situation. Je suis au milieu d’un village. Narquois et bouche bée, des paysans m’entourent. Des victimes sont là, gisantes, sur la route. J’avais écrasé six oies, six magnifiques oies blanches, et failli écraser – à ce qu’il prétend, du moins – le très gros monsieur du perron qui vient d’aborder une charpe et qui – je m’en aperçois maintenant – est palmé, lui aussi. Un larghe ruban violet, là, à la boutonnière.
« Monsieur, je suis le maire de Béthisy-sous-Lagny, me dit cet important personnage, et je vous déclare procès-verbal.
Comment ! je manque de tuer, et …
Mais vous mettez par terre tout un régiment d’oies. Que diable ! il ne faut pas écraser ses semblables !
Vous dites, monsieur le Maire ?
Car enfin, par la même occasion, vous pourriez m’écraser, moi, tout aussi bien que ces oies !
Croyez que j’en aurais été désolé, monsieur le maire, pour les oies et pour vous.
Ah ! ça, vous vous moquer ?...
Monsieur le Maire, je paierai les oies.
Mais, mon Père, fit alors une douce voix –oh ! l’ange de mes rêves ! – tâchez donc de savoir si ce monsieur, par hasard, ne serait point blessé.
Merci, Mademoiselle, répondisje aussitôt, je n’ai pas une égratignure, et croyez que si j’étais blessé, l’intérêt que vous daignez me témoigner m’aurait guéri.
Monsieur !... fitelle en saluant toute confuse.
C’est que je ne vous ai pas oubliée, Mademoiselle, depuis que j’ai eu l’honneur de danser avec vous.
Ah ! oui, l’automne dernier. »
Cela fut soupiré plutôt que dit.
« Non, je ne vous ai pas oubliée, Mademoiselle, et plus d’une fois, dans mon sommeil.
J’ai revu, me causant des fièvres
Et des troubles délicieux,
Le fier incarnat de vos lèvres,
L’azur si tendre de vos yeux.
- Des vers ? Vous êtes poète, Monsieur ?... Croyez que, de mon coté aussi, je me suis souvenue. »
Cependant le maire de Bértisy s’impatientait.
« Tout cela est bel et bon, Monsieur, mais je vous dresse procès-verbal.
Et moi, j’ai l’honneur… je vous prie, monsieur le Maire… Enfin, je vous demande la main de Mademoiselle.
Je vous la refuse, Monsieur !
Mais moi, je vous l’accorde, fit résolument la jeune fille, je vous l’accorde, Monsieur,… si toutefois mon père, qui ne me refuse jamais rien, veux bien y consentir.
Verbalisons d’abord, reprenait l’autre d’un ton rageur…..
A suivre
Source : La Brie qui rêve, contes et légendes (Presse du Village)
Six marins reprirent la mer sur le ‘Jeanne Cordier’ : Gallène, Le Porh, Guillas, Le Dizès, Baucher, et le matelot lèger Ehanno y embarquèrent pour une campagne au Chili où ils firent escales en octobre 1905 et débarquèrent à Hambourg le 2 mai 1906.
Le fidèle François Le Ménach navigua jusqu’en 1921 et retrouva Le Tallec sur le Touraine’ et ‘l’Emilie Siegfried’.
La plupart des badennois de l’équipage finirent leurs jours à Baden.
Jean Jaouen le cuisinier disparu en mer le 19 avril 1908 à 80km des côtes d’Irlande alors qu’il était à bord du trois-mâts ‘Colonel de Villebois Mareil’.
‘Julian’, le chat du bord fut adopté par les demoiselles Mills. ‘J’ai bien regretté la pauvre bête : elle faisait partie de l’équipage’, avoua le capitaine au journal ‘Ouest Eclair’.
Désiré Varaine, devenu capitaine au long cours, fut pilote de la rivière de Saïgon, il est né le 13 juillet 1966 à Nice et enterré à Ploërmel
Le capitaine Raphaël le Tallec
Raphaël le Tallec, reconnu pour ses compétences, reçu des armateurs les commandements de trois beaux voiliers : ‘Touraine’, ‘Emilie Siegfried’et ‘Brenn’.
Ceux-ci chargeaient ‘du nickel’en Nouvelle-Calédonie qu’il connaissait bien.
Commandant le ‘Brenn’il échappa au chavirage en octobre 1911. Entre Madagascar les îles Crozet, couché jusqu’à être engagé, pavois sous l’eau, voiles emportées, barre à roue et appareil à gouverner détruits, le navire n’était plus manoeuvrable.
Pendant 70 heures, personne à bord ne put ni manger, ni dormir.
Un matelot de Baden, Jean-Marie Robert, âgé de 23 ans, fut emporté par dessus bord et perdu.
Le navire et son équipage s’en sortirent en rééquilibrant le chargement dans la soute.
Raphaël Le Tallec, mit son sac à terre définitivement en 1912 à Locmiquel en Baden auprès de sa deuxième épouse et de ses deux fils.
Mort pour la France
Raphaël Le Tallec :
C’est la Grande Guerre, non mobilisable, il s’engagea par solidarité avec les marins de
Locmiquel et par patriotisme.
Il souhaitait être incorporé dans l’aviation comme observateur en ballons captifs, ce poste étant proposé aux capitaines au long cours… hélas ! il avait dépassé l’âge requis. Alors ce grand marin fut nommé dans le 62èmerégiment d’infanterie.
En Champagne, il participe à la cruelle offensive de l’automne en septembre 1915 dans le secteur de Mesnil-les-Hurlus, Tahure.
Et c’est dans ces terres profondes, labourées par le fer et le feu que disparu Raphaël Le Tallec le 25 septembre 1915.
On n’a jamais retrouvé son corps, mais bizarrement le portefeuille du lieutenant Le Tallec, venant d’Allemagne en 1919… fut restitué à son épouse.
Le 17 mai 1920, par jugement, Raphaël Le Tallec fut reconnu ‘Mort pour la France’.
Nommé Chevalier de la légion d’honneur, il reçu la Croix de guerre avec palme, à titre posthume.
Vincent Le Quellec, lui fut tué dans la Somme le 12 juillet 1916
Georges Koun, renonça à sa carrière maritime en 1914. Engagé volontaire dans l’infanterie, il fut tué à l’ennemi le 26 juin 1916 à Fleury, devant Douaumont.
il reçu la Croix de guerre, à titre posthume et repose sans doute dans l’ossuaire de Fleury dans la Meuse.
Le vapeur 'Hinemoa' devant la pointe la 'Pointe de l'Anjou' le 8 mai 1905
Sauvetage :
La vie de ‘Robinson’ passa ainsi jusqu’au 7 mai 1905…
V’la le vapeur :
Le 7 mai, il pleuvait ; rassemblés dans la cabane, les marins, découragés, avaient perdu tout espoir d’être sauvés : ‘Quand donc viendra-t-il, ce vapeur ?
Le cuisinier était sur la côte, préparant lse quelques canards pour le repas du soir, nous entendîmes des cris : le vapeur, le vapeur !’.
Pris en charge, par le vapeur ‘Hinemoa’, nos naufragés choyés par les Néo-zélandais sur l’Île Auckland, les marins de ‘l’Anjou’rejoignirent la Nouvelle-Zélande en faisant escale aux îles Antipodes le 12 mai 1905.
A Port Chalmers et Dunedin, ils furent accueillis par une foule enthousiaste. La fanfare les accompagna jusqu’au vapeur ‘Waikare’qui les emmena à Sydney.
D’Australie, ils embarquèrent sur ‘l’Australian’jusqu’à Colombo (Ceylan) d’où, sur ‘l’Ernest Simon’ils rejoignirent Marseille par le canal de Suez.
‘Deux jours après, nous étions au pays natal et nous embrassions avec effusion parents et amis’.