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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 20:59

Toulon.jpg

 Le 19 décembre 1793 (29 frimaire), le général Dugommier reprend Toulon aux royalistes qui s’étaient accordés avec les Anglais fin Août.

Une délibération prise le 8 janvier 1794 trahit l’enthousiasme des officiers municipaux et des notables Varreddois qui avaient fait assaut de libéralités – vin, argent – envers les volontaires de la dernière levée de Meaux.

« Cejourd’huy dix neuf nivose Lan seconde de la republique française une et indivisible, nous officiers municipaux et conseil General y reunie et le commité de surveillance y joint avonts arretté nous trois corps dapres linvitation faite aux volontaire de notre commune de la dernière Réquisition caserné a Meaux de venir se joindre avec nous pour faire la fête en mémoire de la prise de toulons nous nous soumettions afournir chacun quarente sols et chacun deux bouteilles de vin pour régaler les volontaires avec nous en notre maison commune ledit jour vingt nivose.

Faites et arreté le jour et an que dessu et on signé tous lesdits membres.

Gaillet – moreau officier – Jean adam – Jeanpiettre officier – chibon officier – Debœuf  agent nationnal de la commune – andry – antoine Sandrin – Estienne piettre – Jean Denis Leriche – Jean Dominique Le duc – Arnoul Le Duc notable – Mathieu grapin – pierre Le duc – françois leriche – Etienne Piettre – françois miot – Jean Philippe Mesnil – BartheLemy hebuterne – Collinet.

Pour une fois les trois corps sont d’accord, cela ne va pas durer…

En février 1794, un litige s’élève entre les deux assemblées constituées du comité de surveillance et du district et la municipalité Varreddoise.

L’occasion en est fournie par l’abstention de Nicolas Vincent Palteau dont on connait la dramatique défense au domicile paternel (2 septembre 1793).

Le comité de surveillance du District remplit ses fonctions avec zèle. La lettre qui suit en donne la preuve.

 Extrait de la lettre du comité de surveillance a la municipalité du 1er Vantose (an II) (19 février 1794).

Cejourd hui Premier vantose an seconde de la republique française une et indivisible. Les membres composant le comité de surveillance Assemblées aux lieux ordinaire de leurs séance, Plusieurs membres se sont plaint que nicolas Vincent Plateau dans la liste des citoyens en état de porter les armes, Sur quoy ayant déliberé il a été arretté a la pluralité quil seroit écrit à la municipalité pour quil soit tenu de rendre compte des motifs quil lont empeché dinscrire ledit Plateau sur la liste des citoyens en état de porter les armes sous huitaine et par écrit faite et arreté le jour et an que dessu – Signé : Piettre Greffier.

Mais les municipaux de Varreddes jugent que l’inquisition du district va trop loin. Il faut croire que le ton de la lettre que vous venez de lire les ait vexés pour qu’ils répondent aussi vertement qu’on va le voir…

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 21:27

 

Sansculottes

Tous les moyens sont bons pour ne pas être volontaire. Voici un cas de défaillance vis-à-vis de la loi de recrutement.

François Jarry, malade, puis convalescent, enfin guéri, ne se hâte guère de rejoindre les drapeaux.

Il ne faut rien moins que la menace d’une dénonciation au Comité Révolutionnaire pour l’y décider.

An II, 3 messidor (21 juin 1794). Un réquisitoire sera donné au citoyen François Jarry, volontaire de la première Réquisition resté trois mois dans la commune « en convalaissance ». Il est requis de partir le 6 messidor « à Meaux au commissaire de guerre pour quil luy donne sa Route pour aller joindre la Bataillon qui luy sera désigné ». (18 signatures).

 Trois semaines après :

« Au nom de La Loy nous Requerons Le citoyen françoisn Jary pour la seconde fois de Rejoindre Les Drapeaux sous vingt quatre heures du Reçu du présent Etant En Etat de Rejoindre. Fautte dy satisfaire il sera Denoncé au comité Revolutionnaire faite et arretté en La maison commune Le vingt six mesidor Lan deux de Lere republicaine par nous maire et officiers Municipaux.

Duval maire – jean mesnil officier – grapin officier.

Chef officier – Debœuf a N. de la commune

 Un an après.

10 fructidor, an II (27 août 1795). Les citoyens Sénégat, Brigadier de Gendarmerie, et Piron, commissaire, viennent à Varreddes pour faire exécuter la loi du 10 thermidor à l’effet de faire rejoindre les militaires qui ont quitté leur corps pour rentrer dans l’intérieur de la République

Ordre à la municipalité de faire partir dans les 6 jours Alexandre Victor Adam – Isodore Denis – François Jary – sinon, la commune devra fournir un remplaçant par un militaire non parti. (4 signatures)

 C’est au livre de Greffe (disloqué par les manipulations) que les Varreddois du XXe ; siècle doivent ces précisions parfois émouvantes.

C’est encore lui qui va nous apprendre certaines réjouissances populaires…

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 20:35

le-soldat-de-la-revolution.jpg 

Le soldat de la Révolution - Imagerie de l'armée d'Alasace  d'après un bois gravé par L-J Soulas (Bibliothèque Nationale)

 

 

Tous les jeunes gens ne manquent pas de courage, ne fuient pas leurs responsabilités comme Nicolas Vincent Plateau.

Jean Nicolas François Depaix, 21 ans et Jean Nicolas Denis, 20 ans, relèvent l’honneur du village.

« Aujourd’hui trois septembre mil sept cent quatre treize seconde de la republique une et indivisible Lassemblée  Revoqué ausdit jour en vertu du troublement qui sest fait le jour presedent en vertu de Nicolas Vincent plateau qui en a eté lauteur  et avont recommencé ledit jour le rassemblement des garçons pour suivre le mode quil avoit prit hier  qui est de tirer au sort qui a eté, convenu par eux en présence des officiers municipaux et s’est trouvé que les citoyents Jean Nicolas françois depaix agé de vingt un ans taille de cinq pieds deux pouces six lignes chartier chez le citoyent Adam cultivateur demeurant a Varreddes natif dudit lieu cheveux et soucis bleus yeux bleu nez aquilin bouche ordinaire barbe naissante mantont ordinaire visage oval.

 

Et Jean Nicolas denis agé de vingt ans moins cinjours fils de jean Pierre Denis vigneron demeurant a Varreddes domiciliez chez luy taille de cinq pieds deux pouces cheveux et soucis blond foncée, yeux bleu nez ordinaire bouche ordinaire mantont rond barbe naissante marqué d’une couture a la joue gauche et on signé avec nous maires et officiers municipaux.

Jean nicolas françois depaix – Jean nicolas denis – Duval maire – chibon officier – Jeanmesnil officier – Jean Le bel officier.

Debœuf procureur de la commune.

 

Mais au bout de quelques jours (16 septembre) Jean Nicolas Denis est réformé et revient au village. Nouveau tirage. François Manche, 26 ans, taille 5 pieds 6 pouces, ira remplacer le cavalier déclaré inapte.

 

L’honneur du village est sauf, mais il y aussi les ‘tire-au-flanc’…

 

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 22:11

images

Parmi les volontaires, il en faut également pour les charrois de vivres et de munitions.

« Aujourd’hui par devant nous maire officiers municipaux de cette commune s’est présenté André Charles Adrien boucher, adjudant des charrois des armées de la république française muni de sa commission à l’effet d’y enroler volontairement les citoyens qui voudront servir dans les charrois des armées ; lesdits citoyens recevront pour traitement quarante sols par jour une fois arrivés au dépôt de St Denis, une fois en route double étape consistant en deux livres de viande, trois livres de pain, trois bouteilles de bierre ou de cidre ou une bouteille demi de vin.

Les officiers municipaux sont inviter de dresser une liste pour y inscrire les volontaires qui se destineront a ce service.

En cas quil senpressent quelques un les officiers municipaux sont priés de les adresser au citoyen inspecteur du depot des charrois a St denis et avons signé dans la chambre de la commune le dix huit du mois de juin mil sept cent quatre vingt treize an 2 de la republique française.

Boucher adjudant Des charrois

Des armées de la republique.

Duval maire

Moreau – Chibon

 Mais tous ne sont pas volontaires, il y a même des réfractaires…

Voici l’histoire d’un citoyen Varreddois absolument réfractaire à tout enrôlement.

Ce fut l’occasion d’un drame local auquel rien ne manqua : armes à feu, fourches, menaces, pugilat, et qui occasionna, comme on disait autrefois, un beau ‘troublement’ dans le village.

Le 24 août 1796, le service des ‘chariots des armées’ a adressé à Nicolas Vincent Plateau une commission de ‘conducteur-chartier’ pour le dépôt de Longpont, aux appointements de 10 sols par jour en assignats au dépôt, et de 36 sols et demi aux armées.

Laissons au rédacteur du livre de greffe, d’exposer les faits en leur saveur locale.

LE  DRAME

« Lan mil sept cent quatre vingt treize seconde de la republique une et indivisible le deux septembre a six heures apres midy nous maires et officiers municipaux nous ont transporté chez le nomé Jean Plateau fils Jean par ordres des citoyent assemblée pour concourir au recrutement de deux cavalier dont notre commune est chargé pour avertir son fils Nicolas Vincent Palteau pour concourir avec ses concitoyens et lui ont demandé sil vouloit y venir et a repondu quil était engagée dans les charois de larmé.

de retour a lassemble, la commune a convenu quil falloit y retourné avec la force pour le metre en arrestation.

Il est entré  toutes la municipalité chez ledit plateau elle luy a demande encore une fois sil vouloit concourir au recrutement avec les autres citoyents, il a repondu qui ne pouvoit pas servir deux fois, le citoyent Jean menil a dit quil avoit le droit de luy mettre les mains sur le corps et a repondu d’un air robuste en suifuiant et entrant dans une autrelogis sur le derrier prend moy et aussytot les garçon layant entendu dire, prend moy ont entré par une croize qui netoit point achevé et lon trouvé avec un fusil le bout du canon tourné sur eux et jean Baptiste moreau l’a desarmé et aussi tot en le desarmant a crié a luy son père a accouru avec une fourche on sest jette sur luy et on la dsarmé et ensuite touts le monde sest retiré et ont dresse le present proces verbal dont nous lavont signé avec les deposant.

Moreau officier – Duval maire

Jean nicolas charles Lebel officier – Jean mesnil oficier – Chibon officier – Debœuf procureur de la commune _ Signature des deposant – Adam.

Le citoyen Isidore Denis nous a declaré ne savoir signé.

Toutes les jeunes recrues de Varreddes n’ont pas, heureusement, la pusillanimité de Nicolas Vincent Plateau.

D’autre relèvent l’honneur du village…

 

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 18:00

Volontaires.jpg

 

La loi a prévu que des fonds de secours seront affectés aux familles de volontaires, les défenseurs de la patrie.

Nous sommes dans le temps de la révolution, il est intéressant de voir le fonctionnement de ce rouage  où il faut donc des vérificateurs et des distributeurs désignés sur place.

An II, 15 messidor (3 juillet 1794) sont nommés :

Vérificateurs : Charles Moreau et Etienne Pierre Laurent Nansot ;

Distributeurs : François Manche et Jean-Dominique Leduc.

Ces quatre citoyens sont requis de vérifier et distribuer « a leurs ames et conscience ». !! Suit 15 signatures.

An III, 30 vendémiaire (21 octobre 1794) Jean Adam et Jean-Pierre Charles Plateau, notaire public, sont désignés pour toucher l’argent du trimestre de Vendémiaire, et le distribuer en la maison commune aux pères et mères des défenseurs de la République.

13 floréal, an III (2 mai 1795) ; Vérification de la liste des ayants-droits aux secours accordés aux pères et mères des défenseurs de la République pour le trimestre de Germinal. Sont nommés :

Jean-Baptiste Hébuterne aîné et Jean-Pierre  Grapin maçon, pour toucher et distribuer.

Charles Landri et Jean Doyen pour vérifier la liste. (12 signatures).

6 fructidor, an III (23 août 1795). En exécution des lois du 21 pluviôse et du 13 prairial, accordant des secours aux pères et mères indigents des défenseurs de la patrie, sont nommés :

Vérificateurs : Jean Doyen et Charles Landri ;

Distributeurs : Antoine Sandrin et Jean Nicolas Denis (11 signatures).

Mais la République n’oublie pas également les réfractaires…

Pour infos: de 1791 à 1793, les 5 discrits (Meaux, Melun, Provins, Nemours et Rosny) ont fourni 6 bataillons:

1er bataillon formé le 25 août 1791

2ème bataillon formé le 23 sept. 1791

3ème bataillon formé le 20 août 1792

4ème bataillon formé le 28 sept. 1792

6ème bataillon formé le 23 oct. 1792

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 22:02

 

photo-cercle

Crédit photo: mairie de Varreddes

 

Le mot et la fonction ‘maire’ ont une origine lointaine et ont subi une évolution compliquée.

AU IXème siècle, Irminon, abbé de Saint Germain-des-près, emploie le mot ‘maior’ pour désigner celui qui dirige un domaine.

Au cours des siècles suivants le mot ‘maire’ désigne celui qui administre le village  pour le compte du seigneur et juge les petits délits.

C’est à la Révolution de 1789, que nous devons d’avoir dans chaque agglomération l’institution municipale, qui se traduit dans les faits par :

  • Le nom de la commune appliqué au lieu considéré,
  • l’existence d’un conseil municipal pour représenter les citoyens et par celle –ci l’élection     
  • du    maire pour présider à l’administration de la commune.

Le texte voté le 14 décembre 1789 est la première des grandes lois municipales qui jalonnent l’histoire institutionnelle de la France :

L’article 4 de la loi du 14 décembre 1789 stipule : «Le chef de tout corps municipal portera le nom de maire. »

Ce texte sera complété le 22 décembre, par la loi qui divise le territoire français en départements, districts, cantons et municipalités (44.000 correspondant aux paroisses de l’Ancien Régime).

Les maires élus en 1790 sont des hommes riches. Les humbles, écartés par le suffrage censitaire, sont de simples spectateurs des affaires municipales.

La loi du 14 décembre 1789, autorise le public  à consulter le registre municipal, il est également autorisé à assister aux séances du conseil municipal de 1792 à 1795, (il sera ensuite interdit jusqu’en 1877).

La 2ème République en 1848, adopte le principe de l’élection au suffrage universel des conseillers municipaux.

Le 5 avril 1884, sous la 3ème République est votée ‘La charte des Communes’, structurant la gestion et le fonctionnement des collectivités locales, fondement de l’actuelle administration des communes, mais il faudra attendre 1945 pour rencontrer des femmes à la tête des communes.

Ce n’est que le 2 mars 1982, sous la 5ème République, que les communes se libèreront partiellement de la tutelle de l’Etat, grâce à la ‘loi DEFERRE’ qui donnera une plus grande autonomie aux communes.

Le maire est élu pour une durée de 6 ans.

 

Liste des Maires de Varreddes

DUVAL  Jean, Nicolas

1792  à   1799

PLATEAU  Jean- Pierre

1799  à   1801

LAURENT  Jacques, François

1801  à   1802

DUVAL  Jean, Nicolas

1802  à   1824

BILLIEUX  Saint Germain

1824   à   1844

DELESSEUX  Jean, Alexandre

1844   à   1855

DENIS  Jean, Louis

1855   à   1859

BARTELEMY Laurent

1859   à   1864

AILLERET Pierre

1864   à   1865

DELESSEUX Jules

1865   à   1867

COLLINET Désiré

1867   à   1876

CLAIRET Victor

1876   à   1891

GUILLOUX Ernest

1891   à   1908

DENIS Jules, Auguste

1908   à   1911

LIEVIN François, Isidore

1911   à   1919

GUILLOUX Eugène

1919   à   1923

SALINGRE Maurice

1923   à   1938

SEVIN Jules

1938   à   1940

FAVRE Gustave

1940   à   1941

BOUCHE Léon

1941   à   1945

DENIS Guy

1945   à   1965

BLANCHARD Victor

1965   à   1971

MENIL Pierre

1971   à   1993

SARFATI Michèle

1993   à   2014

MENIL Jean-Pierre

2014   à   20..

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 22:18

Siège Bastille

 La loi a prévu que des fonds de secours seront affectés aux familles de volontaires, les défenseurs de la patrie.

Nous sommes dans le temps de la révolution, il faut donc des vérificateurs et des distributeurs désignés sur place.

An II, 15 messidor (3 juillet 1794) sont nommés :

Vérificateurs : Charles Moreau et Etienne Pierre Laurent Nansot ;

Distributeurs : François Manche et Jean-Dominique Leduc.

Ces quatre citoyens sont requis de vérifier et distribuer « a leurs ames et conscience ». !! Suit 15 signatures.

An III, 30 vendémiaire (21 octobre 1794) Jean Adam et Jean-Pierre Charles Plateau, notaire public, sont désignés pour toucher l’argent du trimestre de Vendémiaire, et le distribuer en la maison commune aux pères et mères des défenseurs de la République.

13 floréal, an III (2 mai 1795) ; Vérification de la liste des ayants-droits aux secours accordés aux pères et mères des défenseurs de la République pour le trimestre de Germinal. Sont nommés :

Jean-Baptiste Hébuterne aîné et Jean-Pierre  Grapin maçon, pour toucher et distribuer.

Charles Landri et Jean Doyen pour vérifier la liste. (12 signatures).

6 fructidor, an III (23 août 1795). En exécution des lois du 21 pluviôse et du 13 prairial, accordant des secours aux pères et mères indigents des défenseurs de la patrie, sont nommés :

Vérificateurs : Jean Doyen et Charles Landri ;

Distributeurs : Antoine Sandrin et Jean Nicolas Denis (11 signatures).

Mais la République n’oublie pas également les réfractaires…

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 22:27

  

    Cassini

  Malgré les problèmes soulevés par la terreur, les Varreddois étaient de rudes frondeurs dans les années 1790 surtout lorsqu’on s’en prenait à leurs intérêts temporels.

Provoqué par l’incapacité d’un arpenteur de Chauconin chargé d’établir le rôle de la contribution foncière, l’incident que voici fournit la preuve de leur esprit de justice en matière fiscale et de leur énergie pour faire valoir leur droit.

Mis en veine de résistance par une récente protestation (12 mars 1794) qui a obtenu son effet au sujet d’un transport de blé à Meaux, ils osent, deux mois après ce fait, d’essayer d’un procédé analogue en fait de répartition d’impôt.

(texte ci-dessous en français d’époque)

« L’an mil sept quatre vingt treize de la République française le dix neuf mai assemble general de la commune tenu a lissu des vespres apres avoir été annonc » par son procureur a effet de reclamer contre le citoyen reaume arpenteur et demeurante a la pareoisse de chauconin adjudiciaire des ouvrages a faire pour laditte commune conformement a la loy.

Concernant la declaration des biens de chaque propritaire renfermé dans le sein de notre territoire tant interne quexterne et representée aux cityoens administrateurs du district de Meaux que ledit reaume nous a presentée une matrice de rolle que nous avons trouvé informe déjà a notre connoissance ; que dailleur nous navons pas verifier sur les etats de section qui sont la base de ce travaille puisque ledit reaume ne nous en a point presenté, et que quantité de proprietaires tant interne quexterne nont pas encore fait leurs declaration que dailleurs dapres l’article il ne sagit pas dune seule matrice de rolle mais bien de deux et conforme l’une a l’autre.

En consequence nous navont pas pu recevoir une ouvrage aussi imparfait ; le dit reaume vous a presenté cette matrice par nous refusé apres avoir solicité en particulier quelque signatures, dans ce point de vue lassemblees generalle espere que vous voudrez bien considerer sa reclamation et lui rendre justice, faites a varreddes le jour et an que dessu et on signé : »

Suit la signature de 62 personnes dont Deboeuf procureur de la commune.

Nos Varreddois obtinrent gain de cause au bout de neuf mois. Ils eurent cette fois une matrice cadastrale plus exacte, parce que dressée par des gens de la paroisse.

Le 4 ventôse, an II (22 février 1794), l’assemblée municipale charge le citoyen Plateau, notaire, de dresser le Rôle de la contribution foncière et mobilière de l’année 1793, faire les mutations, refondre la matrice de 1792, moyennant la somme de 1.200 livres, à charge pour lui de verser 40 sols par homme et par jour à Jean Dominique Leduc et à Jean Nicolas Dominique Duval pour assister à l’opération qui devra être finie pour le 13 prairial suivant ; de fournir une matrice au District, et une à la commune ; de corriger toutes les erreurs ; et de soumettre le travail à la commune durant 15 jours.

Malgré cette régularisation, l’Etat avait toujours besoin d’argent, de dons en nature, alors il créa…. Les dons patriotiques… (a suivre)

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 20:38

 

Présentation               SAM2G

Bien avant son ouverture, le Musée de la Grande Guerre a souhaité travailler avec l' association de reconstituants 14/18, SAM2G.

Cette année, le musée a accueilli ces associations en extérieur, le temps d’un week-end pour un moment de rencontre, de découverte et de partage des connaissances. 

Samedi 20 et dimanche 21 avril ont été l’occasion d’un rendez-vous exceptionnel au musée pour une plongée au cœur de l’Histoire. 

Plus de 80 passionnés de tous horizons (Lille, Avignon, Epernay..) en uniforme ont pu partager leurs connaissances et leur enthousiasme avec les nombreux visiteurs.

Parmi les animations proposées par les reconstituants dans le parc du musée : la mise en place d’une infirmerie d’époque et un poste chirurgical, où ces derniers donnent des explications sur la qualité des soins en temps de guerre. L’infirmière (qui n’est pas d’époque !), explique : « on ne connaissait pas l’inox et les instruments étaient en acier ou en cuivre nickelé, tous réutilisables après stérilisation »

Infirmière Infirmerie

Un poilu venu du Vaucluse, képi garance sur la tête explique : « Nous sommes venus avec une automitrailleuse Peugeot de 1914 type 153.

Plus loin, zoom sur l’alimentation du soldat autour d’une pièce centrale qu’est la roulante, venu également du Vaucluse, ou l’on apprend qu’au début du conflit, les troupes françaises ont récupéré des cuisines roulantes allemandes puis ont fabriqué les leurs.

Roulante La RoulanteFusil

Des démonstrations d’artisanat de tranchée, la découverte de la musique militaire, le maniement d’armes américaines.

Le groupe des poilus de la Marne, font une démonstration de mitrailleuse Maxim 1910. Le corps expéditionnaire s’est battu du coté de Mourmelon en 1916.

Autant d’approches pour mieux comprendre le difficile quotidien des soldats de la Grande Guerre, comme cet annamite avec son salako sur la tête, rappelant l’implication des troupes asiatiques, peu habitués au climat. Ces tirailleurs ont du quitter le terrain pour rejoindre les usines d’aviation ou leur dextérité était reconnue de tous.

annamite  Groupe Brie

Annamite (photo Y. Mathias)

Le public a pu échanger avec ces passionnés qui contribuent à rendre l’histoire vivante et accessible à tous, complétant ainsi la visite du musée.

C’est ainsi que l’on rappel que la Grande guerre s’est également déroulée au Togo, au Cameroun,  alors possessions allemandes comme d’ailleurs avec les Russes en Sibérie du coté de Vladivostok.

Logon SAM2G

Les Amis du musée de la Grande Guerre, et Jean-Christophe Ponot Président ont  offert une dégustation de Brie de Meaux, fromage servi par la confrérie du Brie de Meaux.

Musée Gde Guerre (27)

Michel Rouger, directeur du musée, J. Christophe Prdt de SAM2G, le trésorier et les Confrères

Un premier rendez-vous qui a pour objectif de se renouveler tous les ans !

 
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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 21:09

Nous avons parlé des visites à domicile. Voici deux histoires qui montrent bien l’ambiance de l’époque

Liberté

E. Delacroix 'La liberté guidant le peuple' musée du Louvre

Le meunier Thiou

An II,  6 prairial (25 mai 1794).

Hostain, délégué dans le district de Meaux pour les subsistances de Paris, requiert à Varreddes, deux commissaires pour l’accompagner dans la visite du moulin. (Loi du 25 brumaire, relative aux moutures).

Accompagné de Yves Butel et Claude Chef, officiers municipaux,  il se rend chez le sieur Thiou, meunier.

Thiou n’a pas exécuté les dispositions de la Loi, quoique averti ‘fraternellement’ depuis quelques jours de la rigueur que l’intérest de la chose publique exigoit être employée contre les infrateurs.

Hostain requiert les officiers municipaux de sceller tous bluteaux, sacs, tamis… de lui infliger les peines encourues… de rendre compte, sous 3 jours, aux agents nationaux à Meaux, des mesures prises… de garder copie du procès-verbal.

Les scellés sont posés sur les trois bluteaux qui sont transportés « dans une maison qu’ils ont en la commune proche la ci-devant église » (sans doute l’école des garçons de l’époque).

On arrête Thiou, qui ne sera pas puni selon la Loi, parce qu’il était absent lors de la visite faite par Hostain.

 

La citoyenne Sécy

15 floréal, an II (4 mai 1794)

La citoyenne Gabrielle Eléonore Sécy munie d’un laissez-passer de la commune de Meaux transporte son domicile à Varreddes, à condition de se présenter tous les jours devant la municipalité de Varreddes. (Loi des 27 et 28 germinal).

La nouvelle arrivée est infirme et ne peut se déplacer tous les jours. La municipalité fait donc la visite domiciliaire :

25 mai 1794.

Ce jourdhuy six prairial lan 2d de la Republique  française une et Indivisible nous Maire et officiers Municipaux de la commune de Varreddes nous ayant transporté chez la cityonne Secy domiciliéz en notre commune depuis le quinze floréal Reçu dans notre commune dapres larretté du conseil General de la commune de Meaux parce que la cityonne Secy etant infirme quelle ne peu pas se transporté tous les jours devant nous nayant trouvé chez elle aucune chose contraire a La Republique. Nous a déclaré ni savoir Ecrire ny recevoir aucune lettre contraire a la republique, faite et arrté Le jour et an que dessus.

Signé Duval (maire), Grapin (officier), Claude Chef (officier), Jean Mesnil (officier), Moreau (officier), Fayot greffier).

Elle comparait devant la municipalité le 30 prairial (18 juin), ainsi que le 15 messidor, an II (3 juillet). Enfin, le 9 thermidor, an III, on délivre un certificat de bonne vie et mœurs et résidence depuis le 16 floréal, an II, à la citoyenne Sécy et sa femme de chambre, domiciliée, chez le citoyen Plateau, notaire public, devant aller à Paris. (27 juillet 1793).

A cette époque de terreur, il fallait faire attention à tout, était suspendue sur toutes les têtes suspectes au Régime aboli, la menace de devoir subir l’émigration était bien de nature à faire courber l’échine

Il n’y a aucune commisération pour l’émigré. Ainsi le 8 ventôse, an II (26 février 1794), en vue de la vente à l’encan, on reconnait et on inventorie le patrimoine devenu national du citoyen Augers. Jean-Charles Bonnet et Nicolas Messant arpenteur géomètre de Lizy, délégués par le district à la reconnaissance des biens d’émigrés à vendre, visitent une pièce, sis à Varreddes, dépendant du ci-devant Augers, de Monthyon.

Mais le caractère bien trempé des Varreddois était toujours présent…

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