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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 17:15

Premier ministre du 1er Gouvernement de Georges Pompidou du 20 juin 1969 au 05 juillet 1972.

Jacques Chaban-Delmas

Georges Pompidou ne croyait qu’aux germinations lentes (…). J’étais, je suis tout autre. Je me refuse aux fatalités. Je pense que l’homme est maître de son destin, qu’il doit s’affirmer comme tel.

Fervent soutien du général De Gaulle, Jacques Chaban-Delmas (Jacques Delmas, dit), très impliqué dans la Résistance, s'ancre à Bordeaux dont il fut le maire pendant quarante-huit ans. Sa carrière politique traverse toute la seconde moitié du XXe siècle (16 ans président de l’Assemblée nationale, Premier ministre du président Georges Pompidou de 1969 à 1972).

 

Jacques Delmas est né le 7 mars 1915 à Paris. En 1933, après son baccalauréat, il entre au quotidien l'Information tout en poursuivant ses études. Diplômé de l’École libre des sciences politiques en 1937, licencié en droit en 1938, titulaire de deux diplômes d'études supérieures, (l'un en économie politique, l'autre en droit public), il sort major de sa promotion à l'école militaire de Saint-Cyr en 1939.

 

Après la défaite de juin 1940, il veut rejoindre la France libre mais ses contacts l’orientent vers la Résistance intérieure. Travaillant au ministère de la Production industrielle, il participe au réseau de renseignement "Hector". Pour mieux servir la Résistance, il entre à l’Inspection générale des finances en 1943 et poursuit son ascension dans la Résistance sous le nom de "Lakanal" puis "Chaban".  Très impliqué dans les opérations de préparation de soutien de la Résistance au débarquement, il joue un rôle central lors de la libération de Paris.

 

A 29 ans, en 1944, il est plus jeune général de brigade de l’armée française depuis le Premier empire, il est élevé à la dignité de compagnon de la Libération. Après la guerre, en 1946, il est élu Député de la Gironde (Parti radical), puis maire de Bordeaux pendant 48 ans, d’octobre 1947 à juin 1995, ce qui lui vaut le surnom de "duc d’Aquitaine’. Dans le gouvernement Mendès France (1954), Il devient ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme.

 

Il sera ministre d'État chargé des Anciens combattants dans le gouvernement Mollet (1956) et ministre de la Défense nationale et des Forces armées dans le gouvernement Gaillard (1957). C’est un sportif de haut niveau : international de rugby et champion de France de tennis.

Gaulliste, Il participe à la fondation du RPF en 1947, puis à celle de l’UNR. Présidant de l’Assemblée nationale de 1958 à 1969, puis d’avril 1978 à mai 1981 et d’avril 1986 à juin 1988. En 1959, il propose une lecture de la nouvelle Constitution qui distinguerait un "domaine réservé" du président de la République (Défense, Affaires étrangères), de la question des affaires intérieures, prises en main par le Premier ministre.

 

JACQUES CHABAN-DELMAS À L'HÔTEL DE MATIGNON :

Jacques Chaban-Delmas présida l'Assemblée nationale à trois reprises, il sera nommé Président d’honneur de l’Assemblée nationale en 1996). Georges Pompidou, élu à la présidence de la République, le nomme Premier ministre (juin 1969 à juillet 1972). Avec Chaban-Delmas, c’est l’ouverture dans la continuité et, pour Georges Pompidou, il s’agit à la fois de la caution des gaullistes historiques (les "gaullistes de guerre") et d’une certaine ouverture à gauche. En effet, Chaban-Delmas ne veut pas être dans un "camp".

Le Premier ministre a une excellente connaissance du milieu parlementaire et le souci de la préservation des droits du Parlement afin d’équilibrer la République gaullienne. Sur le plan social, les grandes lois de l’ère Chaban-Delmas procèdent d’une certaine vision de la société qui souhaite substituer une organisation contractuelle à une situation conflictuelle.

Parmi ses grandes réformes, la mensualisation des salaires pour tous, qui met fin à la distinction entre les employés payés au mois et les ouvriers payés à l’heure ou au rendement. Le Smic remplace le Smig. Le Premier ministre fait également voter la loi du 16 juillet 1971 garantissant à tout salarié l’accès à la formation, assorti d’un droit au congé-formation.

La réforme de la loi de 1950 sur les conventions collectives, menée par le ministre du Travail Joseph Fontanet, ouvre des possibilités nouvelles en matière sociale. Jacques Chaban-Delmas fait voter, en 1970, une loi qui institue l'autorité parentale partagée entre le père et la mère (auparavant seule l'autorité paternelle était reconnue).

Les divergences entre le Premier ministre et le Président s’accumulent. En délicatesse avec la thématique de la nouvelle société, et en désaccord courtois sur la nature de l’équilibre des pouvoirs entre les deux têtes de l’exécutif, Jacques Chaban-Delmas est invité à démissionner par Georges Pompidou en juillet 1972.

 

LES PRINCIPALES LOIS DU GOUVERNEMENT CHABAN-DELMAS

  • Loi portant création du Smic (janvier 1970)
  • Loi Hoguet réglant les rapports entre bailleurs et locataires (activités commerciales)
  • Loi relative à l'autorité parentale (4 juin 1970)

L'APRÈS-MATIGNON :

A la mort de Georges Pompidou, Chaban-Delmas se présente à l’élection présidentielle de 1974. Avec 15,1% des suffrages, il n’arrive qu’en troisième position après François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing. Il conserve ses mandats en Aquitaine (président du conseil régional, maire de Bordeaux) ; Jacques Chaban-Delmas est de nouveau élu président de l’Assemblée nationale de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988. En juin 1995, il décide de ne pas se représenter à la mairie de Bordeaux et cède sa place à Alain Juppé. Il décède le 10 novembre 2000 à l'âge de 85 ans.


 Sources : Gouv.fr    Suite : Pierre Mesmer

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 22:43

Le référendum du 27 avril 1969 rejeté par 52,41% de ‘non’, Charles de Gaulle démissionne de la présidence de la République, le gouvernement reste en place durant l'intérim d'Alain Poher du 28 avril au 20 juin 1969.

Maurice Couve de Murville présente la démission de son gouvernement après l'élection présidentielle de Georges Pompidou en juin 1969.

Portrait officiel de Georges Pompidou

2ème Président de la Vème République. Il succède au Général de Gaulle le 19 juin 1969. Il décéde en cours de mandat le 2 avril 1974.

Georges Pompidou est né le 5 juillet 1911 à Montboudif village d'Auvergne de parents instituteurs.

Le futur Président fit ses études à Albi jusqu'au baccalauréat, obtenant un premier prix au concours général de version grecque. Il restera très attaché au pays d'origine de sa famille et se référera constamment aux valeurs de l'école républicaine : "droiture et travail ; respect du mérite et des vertus de l'esprit".

Il vint ensuite préparer l'École Normale Supérieure au Lycée Louis-le-Grand à Paris et réussit le concours en 1931. Premier à l'agrégation des lettres en 1934 et diplômé de l'École libre des Sciences Politiques, il enseignera trois ans à Marseille puis à Paris.

Georges Pompidou a été pendant près de vingt-cinq ans un collaborateur très proche du Général de Gaulle. Il est entré dans l'histoire de France en devenant son Premier ministre durant plus de six ans et en lui succédant à la présidence de la République pendant cinq ans.

En avril 1969 le projet de régionalisation et de réforme du Sénat rejeté par le peuple français, une nouvelle élection présidentielle s'ouvrit le 15 juin 1969.

Georges Pompidou fut élu au deuxième tour avec plus de 11 millions de voix (58,2 % des suffrages exprimés) contre moins de 8 millions à Alain Poher (Président du Sénat, ayant assuré l’intérim après le départ du général de Gaulle).

Après cette élection la Constitution resta appliquée : la prééminence du Président de la République fut confirmée. Une majorité présidentielle se dessine, marquant un nouveau mode de coopération entre le Gouvernement et le Parlement.

La politique internationale a toujours été la première des responsabilités des chefs d'État de la Ve République.

L'Europe étant en crise elle ne progresse plus ; le Marché commun agricole risquait de régresser faute de financement.

Georges Pompidou' convaincu que la prospérité de notre pays et la possibilité pour la France de continuer à jouer un rôle dans le monde dépendaient de la réussite de l'Europe. Il renoue la négociation avec le Premier ministre britannique Edward Heath fervent européen lui aussi.

En décembre 1969 il suscite, le sommet européen de La Haye qui rétablit la concorde entre les six membres fondateurs de la Communauté Européenne.

Il définit les conditions de la négociation avec la Grande-Bretagne, amorce l'Union Économique et Monétaire et ébauche une coopération politique destinée à déboucher sur l'Union Politique inscrite par les négociateurs dans leurs conclusions.

A Paris, les 20 et 21 mai 1971, Georges Pompidou et Edward Heath t annoncent leur accord sur les conditions de l'élargissement (confirmé par la signature du Traité le 22 janvier 1972 et le référendum du 23 avril 1972).

L'Europe peut ainsi repartir de l'avant et l'entente franco-allemande restant un fondement essentiel de notre politique extérieure et la base irremplaçable de la coopération européenne.

La réussite de l'Europe élargie nécessitant une bonne entente avec les dirigeants des États-Unis et de l'U.R.S.S., le Président de la République réserva aux États-Unis son premier voyage officiel à l'étranger en février-mars 1970.

La France n'a pas pour autant renoncé à son indépendance vis-à-vis des États-Unis, il rencontra à trois reprises le Président Richard Nixon, notamment en décembre 1971 aux Açores où ils fixèrent ensemble les grandes lignes d'une réorganisation monétaire mondiale (sans résultat durable).

Avec l'U. R.S.S. alors dirigée par Leonid Brejnev ainsi qu'avec les autres pays de l'Est des relations d’étroites s'établirent. Cinq rencontres eurent lieu, en cinq ans, entre Leonid Brejnev et Georges Pompidou.

La conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe à laquelle s'attacha Georges Pompidou dès septembre 1969, permit de commencer à sortir de l'emprise des deux grands blocs pour déboucher après la mort du Président Pompidou sur l'émancipation des États à leur égard.

Sous son mandat la France poursuivit sa coopération politique et économique avec tous les pays indépendants et en priorité avec ceux d'Afrique francophone.

Pour mener cette politique active avec des chances de succès Georges Pompidou privilégia la croissance dans la préparation du VIe Plan.

En cinq ans de 1968 à 1973, le volume de biens et services mis à la disposition des Français s'accrut de plus de 40 %, et l'industrie fournit chaque année près de 100 000 emplois supplémentaires.

Le nombre des très grandes entreprises et celui des établissements de taille moyenne restant cependant insuffisants comparés à ceux de nos principaux concurrents, il engage une politique pragmatique de regroupement et de restructuration ayant pour objet d'y remédier :

  • Quatre-cents kilomètres d'autoroutes supplémentaires furent mises en chantier
  • Chaque année le retard de notre réseau téléphonique commença à se résorber
  •  La décision de construire le premier T.G.V. Paris-Lyon fut prise et à la suite de la crise pétrolière'
  • Un vaste programme de construction de centrales électro-nucléaires fut lancé ce qui donna à la France une indépendance énergétique sensiblement supérieure à celle de ses voisins.

Cet effort d'équipement s'élargit à une grande partie de l'Europe.

A l'initiative de la France' un programme européen de lanceurs et satellites fut adopté en 1973 qui permet' aujourd'hui encore à l'Europe d'être la première sur le marché mondial.

 

Les fruits de la croissance permirent aussi d'améliorer le cadre de vie et d'offrir à chacun des chances accrues d'épanouissement personnel :

  • La crise du logement fut résorbée avec la construction chaque année de quelque 500.000 logements.
  • Le budget de l'Éducation nationale dépassa désormais celui de la Défense.
  • Un nouveau ministère celui de l'Environnement fut créé pour donner aux villes et aux campagnes de France un visage plus accueillant.
  • L'agriculture grâce aux débouchés du Marché commun et à une politique différenciée selon les régions maintint en vie la plus grande partie de la France rurale.
  • Et une politique ambitieuse de la Culture fut conduite symbolisée par le Centre qui porte aujourd'hui son nom.

En matière sociale un effort sans précédent fut mené pour diminuer les inégalités et réduire les injustices par la loi et la politique contractuelle de :

  • Mensualisation des ouvriers (nouvelle loi sur le salaire minimum)
  • Actionnariat des salariés, extension de la formation professionnelle accroissement et aménagement des retraites
  • Renouveau de la politique familiale et des aides personnelles au logement préparation d'une loi sur les handicapés.

Tout n'avait pas encore abouti à la fin d'un mandat présidentiel qui s'interrompit brutalement le 2 avril 1974 après quatre ans et neuf mois seulement.

Le bilan est néanmoins considérable et la France a été conduite jusqu'au dernier jour ‘avec fermeté et lucidité’ comme en ont témoigné ceux qui assistaient au dernier Conseil des ministres présidé par Georges Pompidou moins d'une semaine avant son décès.

Sources : Association Georges Pompidou, Archives nationales,

INA. Suite : Jacques Chaban-Delmas.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 22:26

Ce soir, le couvre-feu aura un air joyeux : on fête la Chandeleur en faisant sauter les crêpes de la main droite en tenant une pièce d’or dans la main gauche… pas de panique si l’on n’a pas de Louis d’or, une pièce de monnaie fera l’affaire et l’on connaîtra ainsi la prospérité pendant toute l’année… si la première atterrie dans la poêle.

D’où vient cette tradition et cette fête à l’origine païenne que l’église repris à son compte ?

D’origine latine, la « festa candelarum » (fête des chandelles) était célébrée par les Romains.

Dans la Rome antique, on fêtait les lupercales (ou Lupercalia), fête de purification, autour du 15 février, en l’honneur de Lupercus, dieu de la fécondité et des troupeaux. Vers la même date se déroulait les « feralia », fêtes annuelles en l’honneur des morts. Aux alentours de cette date, les romains à la lumière des torches et autour d’une galette de céréales célébraient Proserpine, déesse des moissons et de la fécondité. La fête chrétienne de la chandeleur c’est substitué à toutes fêtes païennes.

Il n’y a pas que les romains, qui fêtaient la Chandeleur, fête annonçant le printemps. Chez les Celtes, on fêtait Imbolc le 1er février, célébration de purification et de fertilité au sortir de l’hiver en l’honneur de la déesse Brigit. Les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en procession, priant la déesse de purifier la terre avant les semailles.

En Amérique du nord, une légende probablement d'origine amérindienne fait du 2 février le jour de la Marmotte (Ground Hog Day). À midi, ce jour-là, la marmotte sort de son terrier et inspecte les environs. Si elle aperçoit son ombre parce que le ciel est lumineux et clair, elle retourne vite se mettre à l'abri pour six à sept semaines, autrement dit jusqu'au printemps. Si elle ne voit pas son ombre parce que le ciel est trop couvert, c'est le signe d'une arrivée précoce du printemps.

En Europe, depuis l’Antiquité jusqu’au cœur du Moyen Âge, c’est l’ours qui fut l’objet d’un culte à la sortie de l’hiver. Ce culte à l’ours était célébré le 24 janvier, moment où l’ours sort de sa tanière pour voir si le temps est clément. Cette fête était caractérisée par des déguisements ou travestissements en ours et des simulacres de viols ou d’enlèvements de jeunes filles.

L’église catholique aurait donc instituée la fête de la Chandeleur pour éradiquer ce culte païen en instituant la fête de la présentation de Jésus au Temple le 2 février. Cela ne supprima pas pour autant le retour de la lumière lors de feux de joie et autres processions aux flambeaux. Pour en finir avec ces coutumes, le pape Gélasse 1er, aurait institué au Ve siècle la fête des chandelles (la Chandeleur) appelée du XIIe au XVIIIe siècle « Chandelours », dans les Alpes, les Pyrénées, les Ardennes et d’autres régions de France).

 

La fête chrétienne de la Chandeleur

Les parents du Christ se conformaient à la coutume hébraïque qui voulait que les premiers-nés fussent consacrés au Seigneur 40 jours après sa naissance.

La Chandeleur commémore le 2 février la Présentation de Jésus au Temple, à Jérusalem.

L'évangéliste Luc raconte qu'à cette occasion, un vieil homme, Syméon, et une prophétesse, Anne, reconnurent dans l'enfant l'Oint du Seigneur » (le Christ), la « Lumière d’Israël »

La Chandeleur est une des douze grandes fêtes liturgiques célébrées par les Églises orthodoxes, le 2 février, soit 40 jours après Noël.

La Chandeleur était en 1372, appelée « Purification de la Vierge Marie » car elle rappelait le rituel des relevailles consécutives à tout accouchement.

La fête de la Chandeleur, ou fête des chandelles, débutait à Rome, au VIIe siècle, par une procession du Forum à la basilique Sainte-Marie-Majeure. Les fidèles se mettaient en route avant l'aurore, en portant des chandelles, d'où le nom de la fête. Ils allaient de cette manière symbolique à la rencontre de Dieu.

La fête de la Chandeleur aujourd’hui.

Fini dans les églises où le temps des torches, remplacé par des chandelles bénites dont la lueur rappelle que le Christ est la lumière du monde.

Aujourd’hui on fête la lumière avec les crêpes. Leur forme ronde et leur couleur dorée rappellerait le Soleil enfin de retour après la nuit de l’hiver.

Cette tradition du jour des crêpes est attribuée au pape Gélase 1er, qui faisait distribuer des crêpes aux pèlerins arrivant à Rome, mais on peut y voir également la coutume des Vestales, qui lors des Lupercales faisaient l’offrande de gâteaux préparés avec le blé de l’ancienne récolte pour que la suivante soit bonne.

A cette occasion, toutes les bougies de la maison devaient être allumées.

A la Chandeleur :

  • A la Chandeleur, Quéré fait des crêpes jusqu’à pas d’heure
  • A la Chandeleur, Rose n’a pas l’odeur.
  • Rosée à la Chandeleur, l’hiver à sa dernière heure.
  • Si la Chandeleur pleure, l’hiver demeure.
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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 22:30

3ème Premier ministre sous la présidence de Charles de gaulle du 01/7/1968 au 20/6/1969.

Maurice Couve de Murville

Maurice Couve de Murville (…) a le don. Au milieu des problèmes qui se mêlent et des arguments qui s'enchevêtrent, il distingue aussitôt l'essentiel de l'accessoire, si bien qu'il est clair et précis dans des matières que les calculs rendent à l'envi obscures et confuses. Il a l'expérience, ayant, au cours d'une grande carrière, traité maintes questions du jour et connu beaucoup d'hommes en place. Il a l'assurance, certain qu'il est de demeurer longtemps au poste où je l'ai appelé. Il a la manière, habile à prendre contact en écoutant, observant, notant, puis excellant, au moment voulu, à formuler avec autorité la position dont il ne se départira plus. Il a la foi, persuadé que la France ne saurait durer qu'au premier rang. 

Charles de Gaulle Mémoires d’espoir

Fils de magistrat, Maurice Couve de Murville né le 24 janvier 1907 à Reims (Marne).

Il obtient un doctorat en droit et, est reçu premier au concours de l’Inspection des finances en 1930.

En 1940, il est l’un des représentants français à la commission d'armistice de Wiesbaden. En septembre 1940, il devient directeur des finances extérieures et des changes du régime de Vichy.

Muni d'un passeport diplomatique, il rejoint Alger en mars 1943, après le débarquement allié en Afrique du Nord.

Il rallie dans un premier temps le général Giraud, (rival du général de Gaulle), qui le nomme commissaire aux finances du Comité français de la libération nationale (CFLN) en juin 1943.

Maurice Couve de Murville se rapproche progressivement de De Gaulle.

Diplomate, Maurice Couve de Murville mène une carrière d'ambassadeur : En février 1945, il devient le représentant officiel du gouvernement français à Rome, ambassadeur de France au Caire (1950), chef de la délégation française à l'Otan (1954), puis ambassadeur à Washington (1955) et à Bonn (1957).

Ministre des Affaires étrangères de juin 1958 à mai 1968, Il conduit la politique étrangère de la France pendant dix ans, dans un lien privilégié avec de Gaulle, malgré les changements à Matignon.

Il est ensuite ministre de l'Économie et des Finances dans le dernier gouvernement de Georges Pompidou. 

 

Maurice Couve De Murville à l’Hôtel Matignon.

Selon Michel Droit, le président de Gaulle envisageait de nommer Couve de Murville à Matignon dès 1965.

Sa nomination en tant que Premier ministre intervient en juillet 1968, dans le contexte spécifique de l'après-mai 68. Succédant à Georges Pompidou il est le troisième Premier ministre de la Ve République.

Maurice Couve de Murville forme un des gouvernements les plus restreints de la Ve République. Il sera
l’un des principaux artisans de la construction européenne dans les années 1960 et de la mise en œuvre du marché commun. Il est également un partisan convaincu du rapprochement franco-allemand.

Le nouveau Premier ministre conserve pour l’essentiel la composition du gouvernement Pompidou. 


Tenter de refonder les institutions

Fidèle du général de Gaulle, doit mettre en œuvre les vastes réformes de politique intérieure qu’il avait à cœur : Réaliser la participation, réformer profondément le Sénat et réussir la régionalisation.

  • Le premier projet, précurseur, prévoit de transformer les régions en collectivités territoriales, dotées d’un conseil régional.
  • Le second prévoit la transformation du Sénat en chambre consultative fusionnant le Sénat et le Conseil économique et social. Dans ce projet, l'intérim du président de la République passerait du président du Sénat au Premier ministre.

Le 27 avril 1969, le texte est rejeté lors du référendum par 52,41 % de "non". Charles de Gaulle démissionne de la présidence de la République, le gouvernement reste en place durant l'intérim d'Alain Poher du 28 avril au 20 juin 1969.

Maurice Couve de Murville présente la démission de son gouvernement après l'élection présidentielle de juin 1969.

 

Les principales lois du gouvernement Couve de Murville :

  • Loi d’amnistie pour les faits relatifs à l’Algérie (1968)
  • Loi Edgar Faure d'orientation de l'enseignement supérieur (1968)
  • Loi sur l’exercice du droit syndical dans l’entreprise (1968)

 

L'APRÈS-MATIGNON

Il est battu à l'élection législative partielle d'octobre 1969 par le jeune Michel Rocard.

Maurice Couve de Murville est député UDR puis RPR de Paris (6e circonscription) de 1973 jusqu'en 1986, puis est sénateur jusqu'en 1995.

Il le président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée de1973 à 1981 et ne varie pas sur ses conceptions géopolitiques, soutenant le président Mitterrand dans ses oppositions à la course américaine aux armements durant les années 1980, désavouant la participation de la France à la guerre contre l’Irak en 1991.

Il décède le 24 décembre 1999, à l'âge de 92 ans.

Le président de la République Jacques Chirac déclare que "la diplomatie française prend le deuil", tandis que le Premier ministre Lionel Jospin salue "un acteur important de la vie diplomatique et politique".

 

Sources : Gouv.fr

Suite : Le Président Georges Pompidou

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 16:50

 

Georges Pompidou (Assemblée Nationale)

2ème Premier ministre sous la présidence de Charles de Gaulle.

Il présida 4 gouvernements : 14/4/1962 au 28/11/1962 – 28/11/1962 au 8/1/1966 – 8/1/1966 au 1/4/1967 – 6/4/1967 au 10/7/1968.

 

Bien que son intelligence et sa culture le mettent à la hauteur de toutes les idées, il est porté par nature à considérer surtout le côté pratique des choses. Tout en révélant l’éclat dans l’action, le risque dans l’entreprise, l’audace dans l’autorité, il incline vers les attitudes prudentes et les démarches réservées, exerçant dans chaque cas à en embrasser les données et à dégager une issue. Charles de Gaulle (Mémoires d’espoir).

 

 Fils d'un couple d'instituteurs, Georges Pompidou est né le 5 juillet 1911 à Montboudif (Cantal), il incarne l’élévation par le mérite chère au modèle républicain français.

Il étudie d'abord à Toulouse puis au lycée Louis-le-Grand à Paris. En 1931, il intègre l'École normale supérieure puis est reçu premier à l'agrégation de lettres. Il débute alors une carrière de professeur de français, latin et grec au collège à Marseille, puis en hypokhâgne à Paris au lycée Henri-IV.

Chargé de mission au cabinet du général de Gaulle de 1944 à 1946, il devient progressivement l'homme de confiance.

Il est ensuite maître des requêtes au Conseil d’État. Il quitte ce poste pour être directeur général de la banque Rothschild.

Après l'élection présidentielle de Charles de Gaulle en 1958, il est nommé directeur de cabinet de ce dernier.

En mars 1959, il est nommé au Conseil constitutionnel où il siège jusqu'en 1962.

 

Georges Pompidou à l’Hôtel Matignon

Nommé Premier ministre en avril 1962 par le président Charles de Gaulle, Georges Pompidou, succède ainsi à Michel Debré et devra faire face aux évènements de mai 68 en négociant les Accords de Grenelle pour sortir de la crise.

Le premier gouvernement de Georges Pompidou intègre de nombreux non-parlementaires. Le reste du ministère se compose de parlementaires UNR (gaullistes), indépendants et de cinq MRP (centristes). Le nouveau Premier ministre fait clairement entendre qu’il souhaite apaiser les relations entre l’exécutif et le législatif.

La nomination d’un proche du chef de l’État, étranger à la politique et aux arcanes de la négociation parlementaire, marque la présidentialisation du régime. Le Premier ministre coordonne l’action des ministres, mais il le fait "sous la responsabilité du président de la République, qui dirige l’exécutif sans partage", expliquera le général de Gaulle.

Tout au long de son destin politique, Georges Pompidou défend la prééminence du président.
« L’unité de l’exécutif, ça veut dire la prééminence du président : le Premier ministre colle au président. Je pratique ce principe comme Premier ministre. Il faudra que le successeur du Général le pratique comme président ».

Georges Pompidou à Alain Peyrefitte, le 19 décembre 1964

Après l’échec de l’attentat du Petit-Clamart, le général de Gaulle propose aux Français un référendum sur l’élection du président de la République au suffrage universel.

L’Assemblée vote une motion de censure contre le gouvernement, mais le général maintient celui-ci et dissout l’Assemblée.

Engagé avec force dans la bataille du référendum, Georges Pompidou a changé de stature s’imposant, à l’Assemblée, comme un débatteur redoutable. A la télévision, sa ténacité et sa pugnacité ont impressionné les Français.

Le 28 octobre 1962, les Français approuvent largement la réforme constitutionnelle, à 61,75 %. Un mois plus tard, ils donnent un score historique de 32 % à l’UNR gaulliste.

Convaincu que le niveau de vie des Français est lié à la modernisation de l’appareil de production et à sa compétitivité, il entreprend la rénovation de l’industrie française.

Il met sur pied la politique d’aménagement du territoire de la France, avec l’organisation de la Délégation d’Aménagement du Territoire (Datar) confiée à Olivier Guichard, et la création du Fonds d’intervention pour l’aménagement du territoire.

Après la mise en ballottage du Général, en 1965, le Premier ministre est reconnu comme le véritable organisateur de la campagne du second tour et sera par la suite considéré comme l’héritier naturel du général de Gaulle.

Le quatrième gouvernement Pompidou est marqué par les événements de mai 1968. Lancé par les étudiants, le mouvement s'étend aux ouvriers qui se mettent en grève. A la mi-mai, sept millions de grévistes paralysent le pays (sur une population active de 20 millions 440 000 personnes, soit un taux jamais vu de 34 % des travailleurs).

Devant la crise de mai 1968, le Premier ministre semble un temps prendre la main, tous les matins, il préside une réunion de crise à Matignon. Il annonce la réouverture de la Sorbonne.

A l’origine des Accords de Grenelle, qui aboutissent à une augmentation du Smig de 35 %, et de 10 % en moyenne des salaires réels.

Les Accords prévoient aussi la création de la section syndicale d’entreprise, marquant une rupture décisive dans l’histoire sociale du pays.

Après la dissolution de l’Assemblée, l’immense succès du parti gaulliste aux élections apparaît comme celui du Premier ministre (L’UNR détient la majorité absolue).

Georges Pompidou bénéficie désormais d'un poids politique inédit pour un Premier ministre, difficilement compatible avec l’interprétation gaulliste de la Constitution de la Ve République.

De Gaulle l’invite publiquement à se tenir prêt pour "tout mandat que la nation pourrait un jour lui confier."

Un an après, la victoire des "non" au référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation provoque le départ immédiat du général de Gaulle.

 

Principales lois des gouvernements Pompidou

  • La réorganisation de l'Île-de-France avec l'éclatement des anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise en sept nouveaux départements (loi appliquée en 1968)
  • Retrait de la France du commandement intégré de l'Otan (1966)
  • Création de l'Agence nationale pour l'emploi (1967)
  • Loi relative à l'exercice du droit syndical dans les entreprises
  • Loi Neuwirth qui autorise la fabrication et l'importation de contraceptifs oraux (1967-1969)

L’après Matignon

Georges Pompidou a été Premier ministre d'avril 1962 à juillet 1968, ce qui constitue un record de durée sous la Ve République

Le 15 juin 1969, Georges Pompidou est élu président de la République avec plus de 58 % des suffrages face à Alain Poher.

Il nomme Jacques Chaban-Delmas au poste de Premier ministre.

Gravement malade, souffrant de la maladie de Waldenström, diagnostiqué en 1969, le président Pompidou décéda au cours de son mandat le 2 avril 1974.

Il souhaita être inhumé à Orvilliers (Yvelines), sans discours ni gerbe, en parfaite simplicité.

Un hommage lui fut rendu par une journée de deuil national et une cérémonie à Notre-Dame de Paris, devant près d’une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement.

 

Sources : Gouv.fr

Suite : Maurice Couve de Murville

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 17:00

Suite des articles ‘la Vème République’ (6-11-25 juil. 16-22-28 août. 5-20 sept. 8-26 oct. 9 nov.2020.)

Michel Debré, père de la Constitution de la Ve République.

1er ministre du 1er gouvernement de la Présidence de Charles de Gaulle,

du 8/1/1959 au 14/4/1962.

 

Comme il est bon que les idées et l’action du chef de l’État soient complétées, soutenues et même quelquefois compensées par une initiative, une capacité, une volonté autres que la sienne, il faut que le Premier ministre affirme sa personnalité. Michel Debré le fait vigoureusement. Charles de Gaulle (Mémoires d’espoir).

 

Né le 15 janvier 1912 à Paris, fils du professeur de médecine Robert Debré, Michel Debré est docteur en droit.

Reçu en 1934 au concours du Conseil d'État, dont il devient maître des requêtes et entre au cabinet du ministre des Finances Paul Reynaud, en novembre 1938.

Dès 1942, Miche Debré est actif dans la Résistance intérieure, il a notamment pour mission de préparer la désignation des futurs préfets de la Libération.

En 1945, Commissaire de la République, il est chargé de préparer une réforme de la Fonction publique qui se traduit notamment par la création de l’École nationale d’administration (ENA).
Fidèle du général de Gaulle, il participe à la fondation du RPF en 1947.

Sénateur d’Indre-et-Loire pendant dix ans, il s’oppose à la création de la Communauté européenne de défense.
Garde des Sceaux et ministre de la Justice en 1958, Michel Debré, il est le principal inspirateur, avec de Gaulle, de la nouvelle Constitution.

En janvier 1959, au lendemain de son élection à la présidence de la République, le général de Gaulle le nomme Premier ministre.

Michel Debré à l’Hôtel de Matignon

Premier ministre de janvier 1959 à avril 1962, il loge à Matignon avec sa famille, comme la plupart de ses successeurs sous la Ve République. La charge de Premier ministre exige, selon lui, d’être prêt à tout moment à faire face aux événements et à décider en conséquence".

Si le général de Gaulle conduit la politique extérieure de la France, secondé par deux proches aux Affaires étrangères et à la Défense, Michel Debré est en première ligne devant l’Assemblée pour défendre la nécessité de disposer d’un arsenal national de dissuasion nucléaire à travers une loi de programme.
Face à la crise algérienne, il fut un ardent défenseur de la présence française en Algérie.

Son sens de l'État et sa fidélité au général le poussent à accepter le principe d’un référendum sur l’autodétermination algérienne.

Son gouvernement est à l’origine, en 1961, du premier ministère de la Coopération.

Partisan de la promotion sociale par le mérite, il ouvre certaines filières de l’enseignement supérieur aux non-bacheliers. Il crée également un second concours d’entrée aux écoles d’ingénieurs, y compris Polytechnique et Centrale.

Il s'emploie à favoriser le maintien de la rémunération pour les travailleurs qui souhaitent suivre une formation complémentaire et assure un statut aux chercheurs et crée le Centre national d’études spatiales.

Après un débat souvent vif, il met fin à la querelle scolaire ‘privé-laïc’ en faisant voter une loi associant les établissements privés d’enseignement à l’État (427 voix contre 71).

Il met en application la réforme des centres hospitalo-universitaires inspirée par son père, réforme la Sécurité sociale en réorganisant les différentes caisses, et institue le conventionnement du tarif des médecins.

C’est à Michel Debré que revient l’initiative de la première loi Malraux, (1ère loi de programme de restauration des monuments historiques.)

Au terme de trois ans de fonction comme Premier ministre, Michel Debré passe le relais, et se trouve "placé en réserve" de la République.

Principales lois du gouvernement de Michel Debré :

Parmi les nombreuses réformes entreprises par Michel Debré, on peut noter :

  • La mise en œuvre du plan de redressement économique et financier dit "plan Rueff-Pinay" présenté en décembre 1958 ;
  • La loi dite loi Debré sur l'aide de l'État à l'enseignement privé (31 décembre 1959)
  • La loi sur l'aide de l'État à l'enseignement privé ;
  • L’introduction du nouveau franc le 1er janvier 1960 ;
  • La mise en place d'une nouvelle procédure budgétaire (qui perdurera jusqu'à l'introduction de la Lolf) ;
  • L'instauration de l'impôt unique sur le revenu des personnes physiques (IRPP).

 

L'APRÈS-MATIGNON

  • Michel Debré occupe ensuite des postes ministériels :
  • Ministre de l'Économie et des Finances (avril 1967-juillet 1968) dans le gouvernement Pompidou ;
  • Ministre des Affaires étrangères (juillet 1968-juin 1969) dans le gouvernement Couve de Murville ;
  • Ministre d'État, ministre de la Défense nationale (juin 1969-juillet 1972) dans le gouvernement Chaban-Delmas (il est l'auteur du premier Livre blanc sur la défense nationale, en 1979).
  • Le 24 mars 1988, il est élu au premier fauteuil de l'Académie française.

Les mandats :

  • Il est élu député de la première circonscription de La Réunion le 5 mai 1963.
  • Il est élu maire d'Amboise de 1966 à1989 (23 ans).

Il fut membre de l’UDSR, puis du Parti radical-socialiste, su RFP et de l’UNR.

Michel Debré décède à Montlouis sur Loire (36) le 2 août 1996à l’âge de 84 ans.

 

Sources : Gouv.fr

Suite : Georges Pompidou

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 18:22

L'année dernière à la même époque, je vous ai souhaité une très bonne Année 2020 !

Je n'ai pas été très visionnaire, les événements m'ont contredit ...

Aussi cette année que puis-je vous souhaiter ? De toute façon, ça ne pourrait être pire !

Allez tant pis, je me lance :

Pour cette nouvelle Année, je vous souhaite des libertés retrouvées, l'éradication du méchant virus, des visages heureux, souriants débarrassés de leur cache minois.

Espérons que cette fois-ci, les dieux l’entendrons ?

Pierre

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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 14:34

Et le sapin devint un arbre de Noël.

 

Lorsque l'Enfant Jésus naquit, il eut dans le monde, une grande effervescence.

Toutes les choses animées en eurent une joie immense.

Chaque jour, ont venaient de partout voir le petit enfant, et lui apporter d'humbles présents.

A proximité de l'étable où il est né, se trouvaient trois arbres :

  • Un palmier, un olivier et un sapin.

Voyant passer tous ces gens sous leurs branches, l’envie leur prit de donner, eux aussi, quelque chose à l'Enfant Jésus.

  • Je vais prendre ma plus grande palme, dit le palmier, et je la mettrai près de la crèche, pour éventer doucement le Petit Enfant.
  • Moi, je presserai mes olives pour oindre ses petits pieds, dit l'olivier.
  • Mais moi, que puis-je donner à l'Enfant ? demanda le sapin.

Toi ? dirent les deux autres, tu n’as rien à offrir.

  • Tes aiguilles pointues piqueraient le Bébé, et tes larmes résineuses, elles sentent et collent bien trop fort.

Le pauvre sapin se sentit très malheureux, et dit avec tristesse :

  • Vous avez raison. Je n'ai rien d'assez bon pour être offert au Petit Enfant.

Un ange qui se tenait là tout près, immobile, entendit ce qui se passait.

Il eut pitié du sapin, tellement humble et dépourvu d'envie, et il résolut de l'aider.

Dans le ciel, l’une après l’autre, les étoiles s’allumaient et commençaient à briller sous la voûte. L'ange alla demander à quelques-unes d’entre elles de descendre et de se poser sur les branches du sapin.

Elles le firent volontiers et l’arbre se trouva tout illuminé. 
De l'endroit où il était couché, le Petit Jésus pouvait voir l’arbre et ses yeux se mirent à briller devant les belles lumières. Le sapin s’en trouva tout réjoui.

Bien longtemps plus tard, les gens, qui ne connaissaient pas cette histoire, prirent l'habitude de faire briller dans chaque maison, la veille de Noël, un sapin tout garni de bougies allumées, tout pareil à celui qui avait brillé devant la crèche.

Et c'est ainsi que le sapin fut récompensé de son humilité.

Il n’existe certainement aucun autre arbre qui éclaire autant de visages heureux !

 

Qu’il soit naturel et répande une bonne odeur de résine ou artificiel,

Qu’il soit grand ou petit ; vert ou blanc ;

Garni de boules ou de guirlandes électriques,

De bougies ; de bonbons ou de cadeaux,

C'est cet arbre-là et non un autre qui a été choisi pour faire l’arbre de Noël.

Lorsqu’il trône au centre de la pièce, tout paré du bas au faîte d’étoiles, de cheveux d’anges, de lumières, il semble tellement majestueux, qu’il est bien difficile de deviner qu’il est en vérité le plus modeste de tous les arbres.

Et c’est justement pour sa modestie qu'il a été choisi pour apporter la joie de Noël aux petits et aux grands.

 

Source: (Conte allemand, tradition orale)

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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 17:45
Coupe du dôme.

On peut y entrer, …. On peut s’en faire sortir.

A quatre reprises, on décida que les grands hommes ne l’étaient pas tant que ça.

Le premier à y entrer fut également le premier à en sortir : Le comte de Mirabeau, héros de la Révolution française, entre au Panthéon au cours d’une cérémonie nocturne impressionnante le 4 avril 1791, le jour même de la publication du décret vouant l’église Ste Geneviève au culte des grands hommes.

Accusé post-mortem d'avoir joué un double jeu après la découverte de sa correspondance avec le roi, il en est expulsé trois ans plus tard.

Le 21 septembre 1794, on le sort du Panthéon par la petite porte du Panthéon, très exactement au moment où l'on y fait entrer par la grande celui de Marat.

« Que le vice, que l'imposture fuient du Panthéon. Le peuple y appelle celui qui ne se trompa jamais », tonne le peintre David dans son discours.

« L’ami du peuple », Marat, n’a pas eu plus de chance que le ‘héros de la Révolution’. Marat, Journaliste, médecin et député révolutionnaire (assassiné dans sa baignoire par Charlotte Corday le 13 juillet 1793), est éjecté le 8 février 1795, jugé infréquentable par les nouveaux hommes forts de la Révolution.

Pour avoir voté la mort du roi, Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau est assassiné le 20 janvier 1793 d’un coup de sabre par un partisan de Louis XVI le jour même de de la mort du roi.

Transféré au Panthéon, il en sort le 17 février 1795, son corps étant réclamé par sa famille

La panthéonisation de Victor Hugo en 1885 (qui voyait le monument comme « un gros gâteau de Savoie »), reste la plus mémorable, avec deux millions de personnes pour accompagner l'écrivain.

Sous Louis XVIII, Voltaire faillit bien être dirigé vers la sortie : l’anticléricalisme du philosophe cadrait mal sous un bâtiment qui avait temporairement retrouvé son statut d’église catholique. C’est pourtant le roi lui-même qui trancha en faveur de Voltaire d’une phrase lapidaire : « Laissez-le donc, il est bien assez puni d'avoir à entendre la messe tous les jours. »

C’es le 21 janvier 1822, que l’église Ste Geneviève, qui n’avait jamais été consacrée, là été officiellement par Monseigneur de Quelen, archevêque de Paris.

Au milieu du 19e siècle, le physicien Léon Foucault cherche une structure assez grande pour accueillir son pendule visant à démontrer que la Terre tourne, le Panthéon est tout de suite désigné. La première démonstration publique y aura donc lieu en 1851 et vous pouvez toujours le voir fonctionner aujourd’hui !

Quelques décennies plus tard (1898), lorsque le scientifique Eugène Ducretet établit la première liaison de radio française en 1898, il émettra ses sons du Panthéon à la Tour Eiffel.

Le 3 juin 1908, dans le cortège qui conduit Émile Zola au Panthéon, Alfred Dreyfus suit les cendres de celui, qui l'a défendu dans son célèbre « J’accuse ».  A l'intérieur, un journaliste antidreyfusard tire deux fois sur le commandant, qui sera blessé au bras.

1924. Seul le cœur de Léon Gambetta repose dans le caveau.

1964. "Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège." C'est avec ces mots qu'André Malraux, en décembre 1964, accueillit au Panthéon les restes du résistant mort vingt et un ans plus tôt. Faute de dépouille, c'est un cercueil plein de sable qui entre dans la crypte.

Le 21 mai 1981, François Mitterand, commence son mandat présidentiel par une visite solennel au Panthéon. Il entre seul, dans la nef pour déposer trois roses sur les tombes de Jaurès, Moulin et Schoelcher qui avait aboli l'esclavage.

Lorsqu’on y transféra en 1995 les corps de Pierre et de Marie Curie, le cercueil de la scientifique aux deux prix Nobel dut être soigneusement plombé, tant les matières radioactives qu’elle avait manipulées toute sa vie sont encore actives.

Le 30 novembre 2002 Alexandre Dumas rejoint le Panthéon dans une atmosphère de joyeux carnaval, le caveau où repose son ami Victor Hugo et un autre grand romancier populaire, Émile Zola. Son entrée au Panthéon est une forme de revanche posthume pour son père, général de la Révolution tombé en disgrâce sous le règne de Napoléon Ier.

En 2006, un projet de panthéoniser Dreyfus à l'occasion du centenaire de sa réhabilitation est vite remis dans les oubliettes : Dreyfus est une victime, pas un héros !

Le Soldat inconnu y est resté 10 minutes

Quelque temps après la guerre de 14-18, la France cherche un symbole pour les 1 315 000 ‘Poilus’ morts au cours de la Grande Guerre.

L’idée d’honorer ce soldat français non identifié au Panthéon ne fait pas l’unanimité.

Les associations d’anciens combattants, font valoir que l’ampleur du sacrifice consenti par les Poilus mérite un lieu à part et une tombe unique.

La dépouille choisie en 1920, repose donc sous l’arc de Triomphe depuis le 28 janvier 1921. Toutefois lors de la cérémonie du dépôt de ses cendres sous l’arc de Triomphe, son cercueil posé sur un affût de canon a brièvement pénétré sous la coupole, couvert d’un drapeau tricolore.

Fin.

Crédit photo : Encyclopédie Atypique

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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 22:37
Trombinoscope de quelques panthéonisés

Les personnalités étrangères

6 personnalités étrangères sont dénombrées au Panthéon parmi les 81 « panthéonisées ». 

Quatre Italiens, un Suisse et un Néerlandais. Ces personnalités ont un point commun, elles s’étaient ralliées à Napoléon 1er.

Le premier, étranger à être inhumé en l’église Sainte-Geneviève, devenue Panthéon sous le Second Empire, est Giovanni Battista Caprara, cardinal italien, archevêque de Milan.

  • Giovanni Battista Caprara est né à Bologne en 1733. Ayant remplit avec succès plusieurs missions importantes sous Benoît XIV et Clément XIII, il est nommé en 1801 par Pie VII légat a latere auprès du gouvernement français. En cette qualité, il conclut avec le premier consul le Concordat de 1801, qui rétablit en France le culte catholique. Devenu archevêque de Milan en 1802, il sacre dans cette ville, Napoléon Bonaparte roi d'Italie, le 26 mai 1805 (6 prairial an XIII), et par la suite ferme les yeux sur le divorce et le second mariage de l’Empereur.

Rappeler à Rome, il fait le choix de rester à Paris où il est nommé au Sénat.

Mort à Paris en 1810, il entre au Panthéon, le 21 juillet 1810. Le corps du cardinal est réclamé par sa famille et quitte Paris pour Rome le 22 août 1861.

Son cœur est déposé dans la cathédrale de Milan. 

  • Girolamo-Luigi Durazzo, né le 20 mai 1739 à Gênes. Homme politique génois, dernier doge de la République ligurienne (Gênes)qui se mit au service de Napoléon Ier.

Bien que mort (21/1/1809) et inhumé à Gênes, Napoléon, peut-être pour le remercier ou honorer sa famille dont l’un des membres, (le doge Marcelino Derazzo), céda la Corse à la France contre une substantielle rétribution faisant ainsi de Napoléon Bonaparte un sujet français, décide que son cœur soit déposé dans une urne au Panthéon de Paris.

  • Charles Erskine de Kellie (1739-1811), cardinal laïc et diplomate au service de la papauté et de la France. De retour à Rome en 1801, il est créé cardinal in pectore (protecteur de l’Ecosse) par Pie VII, sans jamais avoir été ordonné prêtre. Il partage la cellule du Pape à la prison du Quirinal lors de l'occupation de Rome par les Français. Napoléon Ier, l'ayant appelé à Paris, lui ordonne en 1809 de se rendre auprès de Pie VII retenu à Fontainebleau. Il y meurt le 20 mars 1811, le jour de la naissance du Roi de Rome. Il est inhumé au Panthéoà Paris.
  • Ippolito-Antonio Vincenti-Mareri, cardinal et archevêque catholique italien, né le 20 janvier 1738 à Rieti, (l'actuelle région du Latium), alors dans les États pontificaux.

Nommé archevêque, en 1785, titulaire de Corinthe et nonce apostolique en Espagne, jusqu'en 1795.

Créé cardinal le 21 février 1794 par le pape Pie VI au titre de Santi Nereo e Achilleo, Vincenti-Mareri il  se rallie à Napoléon. A sa mort, le 21 mars 1811 à Paris, il entre au Panthéon en même temps que Charles Erskine de Kellie.

En 1861, réclamé par sa famille, le 22 août, ses restes sont rapatriés en Italie et inhumés près de son frère dans le caveau familial de la chapelle Sainte-Catherine de la cathédrale de Rieti.

  • Suisse : Jean-Frédéric Perregaux (ou Perrégaux), né à Neuchâtel le 4 septembre 1744. Il s’installe en tant que banquier à Paris. Napoléon le nomme au Sénat conservateur. Régent de la Banque de France, puis Premier Régent du premier siège, également nommé Président du Comité Central de cette même Banque de France. Il fit également partie des Négociants réunis chargés de trouver des fonds pour le Trésor.

Il décède dans son château à Viry-Chatillon le17 février 1808 et inhumé le 22 au Panthéon, délaissant le caveau familial du cimetière du Père-Lachaise.

  • Néerlandais : l’amiral Jean-Guillaume de Winter.

Jean-Guillaume de Winter, né le 23 mars 1761 à Kampen (de son nom de naissance Jan Willem de Winter), se lie au parti patriote (oposant à la politique du stathouder Guillaume V d'Orange-Nassau).

Approuvant la Révolution française, il se réfugie alors en France et devient en 1798 ministre plénipotentiaire de la République batave à Paris. Louis Bonaparte, devenu roi de Hollande, le fait maréchal, comte (en Hollande), commandant en chef de ses armées de terre et de mer.

Napoléon le nomme officier de la légion d’honneur, inspecteur général des côtes de la mer du Nord, commandant en chef des forces navales réunies au Texel et enfin comte de l’Empire.

Jean-Guillaume de Winter, comte de Hussen décède à Paris le 2 juin 1812 à Paris.

Sans fortune, Napoléon ordonne que l’État prenne à sa charge ses obsèques solennels et lui accorde les honneurs du Panthéon. Bien qu’il fût honoré, son attitude lui valu d’être considéré comme traite au Pays-Bas. Néanmoins, son cœur repose en la Bovenkerk (église St Nicolas), dans sa ville natale de Kampen.

 

Sources : Diverses & recherches. Crédit photo: France info

A suivre : Les anecdotesdu Panthéon

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