Premier ministre du 1er Gouvernement de Georges Pompidou du 20 juin 1969 au 05 juillet 1972.
Georges Pompidou ne croyait qu’aux germinations lentes (…). J’étais, je suis tout autre. Je me refuse aux fatalités. Je pense que l’homme est maître de son destin, qu’il doit s’affirmer comme tel.
Fervent soutien du général De Gaulle, Jacques Chaban-Delmas (Jacques Delmas, dit), très impliqué dans la Résistance, s'ancre à Bordeaux dont il fut le maire pendant quarante-huit ans. Sa carrière politique traverse toute la seconde moitié du XXe siècle (16 ans président de l’Assemblée nationale, Premier ministre du président Georges Pompidou de 1969 à 1972).
Jacques Delmas est né le 7 mars 1915 à Paris. En 1933, après son baccalauréat, il entre au quotidien l'Information tout en poursuivant ses études. Diplômé de l’École libre des sciences politiques en 1937, licencié en droit en 1938, titulaire de deux diplômes d'études supérieures, (l'un en économie politique, l'autre en droit public), il sort major de sa promotion à l'école militaire de Saint-Cyr en 1939.
Après la défaite de juin 1940, il veut rejoindre la France libre mais ses contacts l’orientent vers la Résistance intérieure. Travaillant au ministère de la Production industrielle, il participe au réseau de renseignement "Hector". Pour mieux servir la Résistance, il entre à l’Inspection générale des finances en 1943 et poursuit son ascension dans la Résistance sous le nom de "Lakanal" puis "Chaban". Très impliqué dans les opérations de préparation de soutien de la Résistance au débarquement, il joue un rôle central lors de la libération de Paris.
A 29 ans, en 1944, il est plus jeune général de brigade de l’armée française depuis le Premier empire, il est élevé à la dignité de compagnon de la Libération. Après la guerre, en 1946, il est élu Député de la Gironde (Parti radical), puis maire de Bordeaux pendant 48 ans, d’octobre 1947 à juin 1995, ce qui lui vaut le surnom de "duc d’Aquitaine’. Dans le gouvernement Mendès France (1954), Il devient ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme.
Il sera ministre d'État chargé des Anciens combattants dans le gouvernement Mollet (1956) et ministre de la Défense nationale et des Forces armées dans le gouvernement Gaillard (1957). C’est un sportif de haut niveau : international de rugby et champion de France de tennis.
Gaulliste, Il participe à la fondation du RPF en 1947, puis à celle de l’UNR. Présidant de l’Assemblée nationale de 1958 à 1969, puis d’avril 1978 à mai 1981 et d’avril 1986 à juin 1988. En 1959, il propose une lecture de la nouvelle Constitution qui distinguerait un "domaine réservé" du président de la République (Défense, Affaires étrangères), de la question des affaires intérieures, prises en main par le Premier ministre.
JACQUES CHABAN-DELMAS À L'HÔTEL DE MATIGNON :
Jacques Chaban-Delmas présida l'Assemblée nationale à trois reprises, il sera nommé Président d’honneur de l’Assemblée nationale en 1996). Georges Pompidou, élu à la présidence de la République, le nomme Premier ministre (juin 1969 à juillet 1972). Avec Chaban-Delmas, c’est l’ouverture dans la continuité et, pour Georges Pompidou, il s’agit à la fois de la caution des gaullistes historiques (les "gaullistes de guerre") et d’une certaine ouverture à gauche. En effet, Chaban-Delmas ne veut pas être dans un "camp".
Le Premier ministre a une excellente connaissance du milieu parlementaire et le souci de la préservation des droits du Parlement afin d’équilibrer la République gaullienne. Sur le plan social, les grandes lois de l’ère Chaban-Delmas procèdent d’une certaine vision de la société qui souhaite substituer une organisation contractuelle à une situation conflictuelle.
Parmi ses grandes réformes, la mensualisation des salaires pour tous, qui met fin à la distinction entre les employés payés au mois et les ouvriers payés à l’heure ou au rendement. Le Smic remplace le Smig. Le Premier ministre fait également voter la loi du 16 juillet 1971 garantissant à tout salarié l’accès à la formation, assorti d’un droit au congé-formation.
La réforme de la loi de 1950 sur les conventions collectives, menée par le ministre du Travail Joseph Fontanet, ouvre des possibilités nouvelles en matière sociale. Jacques Chaban-Delmas fait voter, en 1970, une loi qui institue l'autorité parentale partagée entre le père et la mère (auparavant seule l'autorité paternelle était reconnue).
Les divergences entre le Premier ministre et le Président s’accumulent. En délicatesse avec la thématique de la nouvelle société, et en désaccord courtois sur la nature de l’équilibre des pouvoirs entre les deux têtes de l’exécutif, Jacques Chaban-Delmas est invité à démissionner par Georges Pompidou en juillet 1972.
LES PRINCIPALES LOIS DU GOUVERNEMENT CHABAN-DELMAS
- Loi portant création du Smic (janvier 1970)
- Loi Hoguet réglant les rapports entre bailleurs et locataires (activités commerciales)
- Loi relative à l'autorité parentale (4 juin 1970)
L'APRÈS-MATIGNON :
A la mort de Georges Pompidou, Chaban-Delmas se présente à l’élection présidentielle de 1974. Avec 15,1% des suffrages, il n’arrive qu’en troisième position après François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing. Il conserve ses mandats en Aquitaine (président du conseil régional, maire de Bordeaux) ; Jacques Chaban-Delmas est de nouveau élu président de l’Assemblée nationale de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988. En juin 1995, il décide de ne pas se représenter à la mairie de Bordeaux et cède sa place à Alain Juppé. Il décède le 10 novembre 2000 à l'âge de 85 ans.
Sources : Gouv.fr Suite : Pierre Mesmer

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